Conseil départemental efficace ce vendredi matin. Comme à son habitude, la présidente PS Françoise Laurent Perrigot ne s’est pas étendue dans un grand discours d’actualité politique. La séance a démarré à 9 heures avec, d’emblée, le retrait du premier rapport sur « les actions entreprises » suite au rapport, publié l’an dernier, de la Chambre régionale des comptes. Les gendarmes des finances publiques ont examiné la gestion de la collectivité de 2022 à 2025.
Ce retrait a été poussé par l’opposition de droite : « Malgré nos demandes répétées, nous n’avons pas eu le détail des actions que vous dites avoir menées », lance la présidente du groupe d’opposition Le Bon Sens républicain, Valérie Meunier. « On redonnera les éléments détaillés à toute l’assemblée lors de la prochaine séance », répond la présidente. En forme, Valérie Meunier ne s’arrête pas là. Autre délibération à avoir suscité les « réserves » du Bon Sens républicain ainsi que du RN : l’abandon de 966 000 € de créances (dont 796 700 € au titre du RSA), « le recouvrement de celles-ci s’étant avéré impossible », relève Rémi Nicolas, vice-président aux Finances.
Une décision sur demande de la DGFiP (Direction générale des Finances publiques). Désireux « d’alarmer », le Bon Sens républicain a voté contre : « Comment expliquer un tel montant ? S’agit-il d’erreurs déclaratives ? De retard dans les contrôles ? (…) Nous estimons qu’il serait plus pertinent de renforcer la prévention, l’information et l’accompagnement des bénéficiaires afin d’éviter la constitution de cette dette. » Rémi Nicolas, lui, contextualise : « On peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres… Le budget du RSA, c’est 200 M€. Ces 966 000 € représentent moins de 0,5 % du budget. »
Une subvention de 450 000 € pour les pompiers
La séance s’est poursuivie avec les actions menées par la majorité de gauche. C’est le cas de la nouvelle subvention, soit 452 000 €, débloqués aux pompiers du Gard pour continuer leur plan de recrutement. Un plan acté en 2022, à l’issue de la mobilisation du syndicat SUD. Il prévoit le recrutement d’environ 10 pompiers par an pour atteindre un effectif de 750 pompiers professionnels en 2028. La dernière vague de recrutement, soit quinze agents, aura eu lieu dans le cadre de l’ouverture de la caserne de Bagard à la fin du mandat.
Autre « temps fort » de la majorité : un point d’étape sur le « SPASER », le Schéma de promotion des achats publics socialement et économiquement responsables. Adopté pour la période 2025-2028, ce plan vise à mobiliser 143 M€ de marchés publics « au service de la transition écologique, de l’économie locale et de la cohésion sociale ». À ce jour, « 16 actions ont déjà été réalisées, soit 49 % des actions prévues. Au total, 36 % des fournisseurs sont gardois. L’effet direct sur l’économie gardoise est encore plus net », souligne Sylvie Nicolle, élue du canton de Bagnols. La présidente Françoise Laurent Perrigot appuie : « Continuons les efforts pour faciliter l’accès des petites entreprises à nos marchés publics. »
Enfin, le Département a mis en avant ses « engagements » en faveur de l’ESS (Économie sociale et solidaire) soit « 2 300 établissements employeurs et près de 24 000 salariés » dans le Gard. Les élus ont débloqué près de 282 000 € en faveur de diverses structures, dont la MIESS 30 et Mine de Talents. Dix-huit projets ont été retenus dans le cadre de l’Appel à commun(s). « Nous faisons le choix d’encourager la coopération plutôt que la mise en concurrence des acteurs », insiste Hélène Meunier, élue du canton du Vigan et vice-présidente déléguée à l’ESS. La majorité s’est arrêté sur le projet Vibrations : un lieu d’échange entre le monde des sourds, des aveugles et des entendants, au petit théâtre de la Placette à Nîmes. Un projet dont le monde politique pourrait, lui aussi, s’inspirer…
Et aussi :
Parc national des Cévennes. Lors de la séance publique, l’élue du canton de La Grand'Combe, Isabelle Fardoux-Jouve, a présenté un vœu de soutien au parc national des Cévennes : « Le projet de loi de finances envisage de graves atteintes budgétaires avec la suppression de 2,3 ETPT (équivalents temps plein annuel travaillé) sur le parc. Ces restrictions sont incohérentes et incompatibles avec les ambitions nationales en matière de biodiversité, de transition écologique et d’aménagement du territoire, dans un contexte d’accélération des effets du changement climatique. » La présidente PS, Françoise Laurent Perrigot, abonde : « Nous présentons ce vœu pour alerter afin que le Département puisse continuer à avoir les crédits nécessaires au bon fonctionnement de ce parc national. » Et à l’édile du canton de la Grand’Combe de conclure : « Ce jeudi à Florac, le conseil d’administration a voté contre le budget. Une première dans l’histoire des parcs nationaux. »