Hier, le tribunal correctionnel de Nîmes était le théâtre d’un procès qui en dit long sur le climat politique ambiant. Il y a six mois, en pleine campagne d’entre-deux-tours des municipales à Nîmes, des colleurs d’affiches de gauche et de droite en étaient venus aux mains. Juste pour des affiches. De simples affiches… Aujourd’hui, c’est malheureux, on ne dialogue plus. On ne discute plus, on s’invective. On ne confronte plus les idées, on s’insulte. Et parfois, hélas, on en vient aux mains. Cette violence ne concerne pas seulement les militants. Ceux qui sont censés montrer l’exemple ne font guère mieux. Pas plus tard qu’en début de semaine, Objectif Sud révélait que les trois sénateurs gardois étaient incapables de s’entendre sur l’organisation d’un simple petit déjeuner destiné à réunir les maires gardois à Paris. Parce que le sénateur de gauche, Denis Bouad, refuse de se retrouver avec sa collègue du Rassemblement national, Sylvie Josserand. C’est ça la politique d’aujourd’hui ? Mais dans ce cas, que chacun aille au bout de ses convictions : pourquoi Denis Bouad continue-t-il de siéger aux côtés de parlementaires du Rassemblement national ? Si ses grandes valeurs sont heurtées, pourquoi ne quitte-t-il pas le Sénat ? La politique, n’est-ce pas aussi accepter de côtoyer des élus dont on combat les idées ? Comme si cela ne suffisait pas, le maire de Cendras et président des maires ruraux, Sylvain André, s’est lui aussi invité dans le débat sur les réseaux sociaux, reprochant au sénateur Laurent Burgoa de banaliser l’extrême droite. Faut-il lui rappeler que Sylvie Josserand a été élue démocratiquement par des grands électeurs, parmi lesquels figurent certainement un bon nombre de maires ruraux qu’il représente ? On en revient finalement à l’éternel débat : soit on interdit le Rassemblement national une bonne fois pour toutes, soit on l’autorise à participer à la vie politique et, dans ce cas, ses élus ont toute leur place dans les institutions républicaines. Personne n’est obligé d’être d’accord avec eux, mais il est primordial de savoir se parler. Parce qu’à ce rythme, les prochains collages d’affiches pour la présidentielle risquent d’être compliqués…
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 06.11.2026 - Tony Duret - 2 min
ÉDITORIAL La démocratie, sauf avec les autres…
Des colleurs d’affiches qui en viennent aux mains, des sénateurs incapables de partager un café… Ça promet pour la présidentielle !
Il vous reste 80% de l'article à lire.
Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Sud, abonnez-vous !
Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :
- Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
- Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifsud.fr
Tony Duret