Publié il y a 56 min - Mise à jour le 06.11.2026 - Coralie Mollaret - 3 min  - vu 51 fois

EXPRESSO Présidence de la CCI : qui pour faire tomber Éric Giraudier ?

Éric Giraudier

Éric Giraudier

- @Yannick Pons

Jugé trop proche de l’extrême droite, le président de la CCI Gard (Chambre de commerce et d’industrie) est loin de faire l’unanimité dans les milieux économiques et politiques. 

Dimanche 27 septembre à la permanence RN. La sénatrice fraîchement élue, Sylvie Josserand, fête sa victoire. Parmi les convives ce soir-là : Éric Giraudier trinque avec elle. Le président de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) du Gard ne cache plus ses accointances avec l’extrême droite… Ce qui n’était alors que des « soupçons », nés de sa présence dans le cercle de sécurité de Jordan Bardella à Beaucaire, l’an dernier, avant sa discrète visite en 2025 à Marion Maréchal-Le Pen, devient réalité. Pourtant âgé de 61 ans, le chef d’entreprise est loin d'être un novice en politique…

Il y a 25 ans, en 2001, le patron du mouvement pasquaïen RPF (Rassemblement pour la France) dans le Gard, se présente contre Jean-Paul Fournier aux cantonales (aujourd’hui élections départementales) sur Nîmes 1. Seulement, aujourd'hui, en tant que président de la CCI, son positionnement politique est problématique pour certains responsables politiques : « Le mélange des genres n’est jamais bon… », commente un président d’intercommunalité. Défendant les entreprises, la neutralité de cet établissement public s’impose, ce dernier étant amené à collaborer avec l’ensemble des collectivités.

Éric Giraudier : la CCI ou le parti ?

Éric Giraudier agit-il en tant que président de la CCI ou comme partisan d’un mouvement politique ? Lors de la rentrée économique en septembre, l’élu s’est fait remarquer, annonçant d’abord vouloir créer « une aire économique métropolitaine » rassemblant les différentes intercommunalités du Gard. Puis, en taclant la région Occitanie, chargée de la compétence développement économique - et présidée par la socialiste Carole Delga : « Avant, la capitale régionale était à 30 minutes. On nous a promis que ça simplifierait les choses… Le constat est totalement différent. Le Gard subit depuis dix ans un désavantage compétitif. »

Un élu du conseil régional s’agace : « Qui sort le chéquier pour aider les entreprises ? Éric Giraudier devrait surtout s’occuper des entreprises au lieu des prochaines législatives. Il franchit la ligne rouge. » Avec le temps, les amitiés, mais aussi les inimités, s’empilent. Si, à Bagnols, l’intercommunalité entretient de bonnes relations avec les services de la Chambre, c’est moins le cas du côté de l’Agglo d’Alès... « Là-bas, la querelle date de 2016. Elle est née du non-respect de l’accord sur la présidence tournante avec l’Alésien Francis Cabanat », commente un fin observateur de la vie publique.

Le retour de Douais… fils ?

À Nîmes, les relations ne sont pas amicales avec le maire communiste et président de Nîmes métropole, Vincent Bouget. En témoigne encore la réunion, ce lundi, de l’association de la zone d’activité économique de Saint-Césaire : « Éric Giraudier n’a pas été agréable… Il s’agaçait à chaque fois que Vincent Bouget prenait la parole ! », commente un participant. Alors, en vue des prochaines élections, en octobre 2027, certains cherchent à lui trouver un adversaire capable de lui contester la présidence. « Encore faut-il être sûr que ce sera Éric Giraudier le candidat… Entre-temps, il pourrait avoir une investiture pour les élections législatives », s’amuse l’une de nos sources.

Dans les couloirs, au nom de Steeve Calligaro, président du Medef du Gard, s'est ajouté celui du chef d’entreprise Xavier Douais, président des Entrepreneurs (ex-CGPME) du Gard. Ancien adjoint au tourisme de Jean-Paul Fournier, puis colistier du candidat Julien Plantier aux municipales, le Nîmois est surtout le fils d’Henry Douais, ex-président de la CCI de Nîmes de 2012 à 2016. L’un de ses soutiens fait valoir : « Avec son père, ils ont toujours mené le combat contre Éric Giraudier. Si maintenant certains ouvrent les yeux, c’est tant mieux… » Un autre objecte : « La candidature de Xavier Douais est intéressante mais il y a quand même le passé de son père et le fait qu’il faisait partie de la précédente équipe municipale. » En clair : Vincent Bouget pourrait-il soutenir demain un ancien adversaire ?

« 100 % Républicain, 0 % mise en examen »

La politique a souvent son lot de contradictions. D’ailleurs, lors de ces fameuses départementales de 2001, Éric Giraudier proposait, comme l'a retranscrit le journal Midi Libre, une « règle simple » : « 100 % Républicain, 0 % mise en examen ». Le voilà aujourd’hui soutien d’un parti, dont la candidate à la présidentielle a été condamnée pour détournement de fonds publics.

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