Publié il y a 1 h - Mise à jour le 06.11.2026 - Norman Jardin - 5 min  - vu 95 fois

FAIT DU JOUR Fabio Foures, l’amour des Crocos dans l’objectif

fabio Foures

Fabio Foures dans son élément

- Photo Fabrice Foures

Le Nîmois est, depuis cet été, le chargé de communication de Nîmes Olympique.  Après avoir suivi son père photographe au bord des terrains de football, Fabio Foures a passé trois années intenses au club de Châteauroux. Ce soir avec les Crocodiles, il retourne dans le Berry pour une rencontre qu’il imagine émotionnellement forte.  

C'est un enfant de Nîmes que les suiveurs du NO ont vu grandir au bord des terrains. Timide et discret, le petit garçon accompagne pendant des années son père, photographe des Crocodiles. « J'étais chanceux de découvrir l'univers du foot dans la coulisse. Cela a construit la personne que je suis. Mais ce n'était pas une enfance normale vis-à-vis du ballon. » Le gamin emmagasine des souvenirs en pagaille : « Je me souviens d'un match de la presse, mais aussi d'une rencontre du Variété Club de France où j'étais dans la tribune avec ma mère qui était enceinte de ma sœur. »

Déjà enfant, Fabio posait avec les joueurs de Nîmes Olympique • Photo collection privée famille Foures

Des matchs bien sûr, mais surtout des aventures humaines : « Mickaël Colloredo, le premier joueur que j'ai connu ; Moussa Sidibé, la première fois qu'un joueur m'a donné son maillot ; Ludovic Butelle qui était très gentil et que j'ai recroisé ; et Clément Depres, le premier qui m'a donné son maillot sans que je le demande. » À bientôt 24 ans, Fabio Foures se pince tous les matins car il est aujourd'hui chargé de la communication du NO, son club de cœur. Il gère les réseaux sociaux du club à travers des photos et des vidéos et fait le lien avec la presse, ce qui n'existait pas la saison dernière.

Joueur de Nîmes Olympique de 8 à 13 ans

« J'essaye de capturer des souvenirs et j'espère que ces archives pourront servir dans quelques années. » Une conclusion qui coule de source mais prend quelques détours. Tout ça parce que le jeune homme se destinait plutôt au métier de kinésithérapeute et qu'il a aussi tâté au ballon ovale au RCN. Né à Nîmes, il fait toutes ses études dans la cité des Antonins, hormis un passage au lycée de Lunel en sport-études arbitrage, mais il revient vite pour son BTS Communication à la CCI de Nîmes et une année à Montpellier.

Nîmes Olympique c'est dans les gènes chez les Foures, comme ici Fabio et son papy au stade des Costières • Photo Fabrice Foures

Mais la passion des Crocodiles est plus forte que toutes les tentations. Le Nîmois joue même à Nîmes Olympique de 8 à 13 ans. « Je savais que tôt ou tard ça allait s'arrêter. » Dans le football, il s'exerce au difficile poste d'arbitre (jusqu'en R1), sur les conseils de Nicolas Rainville. L'histoire est belle et elle débute il y a une vingtaine d'années avec Fabrice Foures, le père de Fabio, qui, avec son objectif, immortalise bénévolement le NO des années Gazeau au stade des Costières. Les yeux grands ouverts, Fabio observe et apprend le métier de photographe.

« Dans ma tête, j'allais rester chez papa et maman »

Le doux moment se termine avec l'arrivée de Rani Assaf et la Covid qui mettent fin à la collaboration entre le club et les Foures. Il y a trois ans, l'horizon nîmois étant bouché et Fabio à peine majeur, il coupe le solide cordon ombilical et s'envole pour Châteauroux et un poste de communicant que lui offre le club de football local, La Berrichonne. « Ce club cherchait un alternant, alors j'ai envoyé un CV, mais dans ma tête j'allais rester au club d'Uchaud faire mes deux ans pour aller jusqu'au master et continuer chez papa et maman. Ça ne coûte rien d'envoyer son CV. »

Fabio lors de son passage à Châteauroux  • Photo Fabrice Foures

Ça ne coûte rien et ça rapporte même : en juillet 2023, Fabio décroche le poste qu'il n'espérait même pas. Les premiers mois, l'acclimatation n'est pas évidente, mais elle est finalement réussie. L'alternance se termine en septembre 2025, suivie d'un CDD. Trois saisons au stade Gaston-Petit ponctuées de moments forts, dont certains très médiatisés. Il y a eu la vidéo d'une causerie de l'entraîneur Cris qui employait des mots crus pour motiver ses joueurs et qui s'est transformée en polémique.

« On voulait me faire porter le chapeau »

« La vidéo avait été validée plusieurs fois par la hiérarchie. Je publie et je laisse mon téléphone pendant deux heures, car à cette époque j'étais aussi intendant du club. Quand je reprends mon téléphone, je n'avais jamais eu autant de notifications et je me doutais que ce n'était pas bon signe. » La vidéo fait 20 000 vues avant d'être retirée, et les conséquences ne se font pas attendre. Le licenciement de Fabio est évoqué et l'affaire se tasse d'elle-même, mais la leçon est retenue : « Tout le monde a validé et on voulait me faire porter le chapeau. »

Le Nîmois a vécu une histoire unique en dépannant en National en tant qu'arbitre de touche • Photo Fabrice Foures

Puis, une autre fois lors d'un match de La Berri contre Goal FC, un arbitre de touche se blesse et Fabio le remplace au pied levé : « J'y vais et je sais que ça va faire du buzz. Je devais être irréprochable et sur le premier ballon, je signale un hors-jeu d'un joueur de Châteauroux qui partait au but. Les gars m'en ont un peu voulu, mais ils ont finalement gagné le match. » Puis, il y a le triste épisode de l'agression des supporters nîmois par des ultras montpellierains lors d'un match entre Châteauroux et le NO : « C'étaient mes potes qui se faisaient agresser dans mon stade. Tout était pourtant réuni pour vivre une soirée entre copains et, en 30 secondes, tout bascule. »

« Mes parents se sont mis à pleurer, c'était comme si on avait gagné au loto »

À l'été dernier, à la fin de son aventure castelroussine, le Nîmois revient sur ses terres. Il ne tarde pas à rebondir puisqu'il décroche rapidement un CDI dans une agence immobilière. Avant de débuter cette nouvelle carrière professionnelle, Fabio profite des moments précieux en famille. C'est alors qu'arrive un moment qui le marque à vie : « Il était 13h48. Le téléphone a sonné, c'était Anthony Dupré qui me dit : "Tu peux commencer lundi avec nous ?" Je transpirais à grosses gouttes et mes parents se sont mis à pleurer, c'était comme si on avait gagné au loto. »

Fabio Foures, l'amoureux de Nîmes Olympique, retrouve Châteauroux où il a passé trois ans • Photo Norman Jardin

Le Nîmois est désormais dans son club, une position qui présente des avantages et des inconvénients : « Les bons côtés, c'est que l'on se donne à fond et les mauvais, c'est que l'on ne fait pas la part des choses. On vit le truc à fond et sans recul. On est supporters et salariés. Émotionnellement, le premier match aux Antonins face à Fréjus a été difficile. D'habitude je suis dans les tribunes à chanter et là j'étais sur le terrain pour faire mon travail. Ce n'est pas facile de se contenir sur les buts de Nîmes. »

« Je vais revoir des gens qui sont devenus ma famille berrichonne »

Dans ce contexte, retourner à Châteauroux a une saveur particulière pour le communicant : « Ça va faire bizarre. J'avais mes habitudes, je vais revoir des gens qui sont devenus ma famille berrichonne, que ce soient des salariés ou des supporters que je voyais tous les jours. En partant, j'avais les larmes aux yeux. » Il est peut-être tôt, mais il y pense quand même. Comment gérer un éventuel match de montée en Ligue 2 ? « Je l'imagine et je l'appréhende en même temps. On espère que ce match va arriver, mais il y a toujours la crainte que les choses ne se passent pas comme prévu. L'idéal, ce serait de le faire pour les 90 ans du club, en avril. »

Des photos, Fabio Foures en a pris des milliers, mais pas encore la photo idéale : « Pour moi, la photo parfaite est celle prise par Jean-Claude Azria, c'est celle des célébrations de la montée en Ligue 1 en 2018. On y voit les supporters, les joueurs sur l'estrade, les arènes et un immense drapeau de Nîmes Olympique. J'aurais aimé la faire, mais je ne sais si j'y serai arrivé. » Le jeune Nîmois marche sur les traces de son père et nul doute qu'il aura aussi l'occasion d'immortaliser de grands moments. À n'en pas douter, à l'instant où il prendra ces clichés, une partie de lui exultera, car il reste avant tout un supporter des Crocodiles.

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