Derrière chaque diplôme remis vendredi 11 septembre se trouve une histoire différente. Après huit semaines de formation auprès de l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), plusieurs promotions d’opérateurs en radioprotection ont célébré l’aboutissement de leur parcours. Certains alternants étaient en recherche d’emploi, tandis que d’autres ont quitté un métier sans lien avec le nucléaire pour se reconvertir. Âgés de moins de 25 ans à plus de 45 ans, ils viennent d’horizons variés, mais partagent le même objectif : intégrer rapidement un secteur en manque de personnel qualifié.
« Ce sont des personnes qui viennent de tous les horizons et qui cherchent à travailler », souligne David Hertel, responsable pédagogique au CEA. La formation, courte et tournée vers la pratique, offre selon lui « une employabilité directe » à ceux qui la terminent.
« La demande est très importante pour ce genre de formation »
Le parcours d’opérateur en radioprotection dure huit semaines. Avant de l’intégrer, les candidats doivent passer un test destiné à évaluer leurs aptitudes et leur motivation. Les promotions rassemblent des profils de tous âges : 28 % des alternants ont moins de 25 ans, 60 % ont entre 26 et 44 ans et 12 % ont plus de 45 ans. Trois à quatre sessions sont organisées chaque année, avec une moyenne de 10 à 15 stagiaires par groupe, soit environ 50 à 60 personnes formées. L’établissement souhaiterait aller plus loin, mais la capacité du plateau technique limite encore le nombre de places disponibles.
« La demande est très importante pour ce genre de formation », insiste David Hertel. Lors des forums consacrés à l’emploi, les questions sur les prochaines sessions sont nombreuses. Un plateau technique plus conséquent devrait permettre d’augmenter progressivement les capacités d’accueil. Le dispositif affiche 100 % de réussite à l’examen et 93 % de sorties vers un emploi durable, dont 69 % en CDI.
Le GEIQ, un lien entre les candidats et les entreprises
Le Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) occupe une place importante dans le dispositif. Il recherche et sélectionne les candidats, organise leur parcours avec le centre de formation et les met à la disposition des entreprises dans le cadre de contrats en alternance. Le GEIQ coordonne chaque parcours et l’adapte aux besoins du salarié comme à ceux de l’entreprise. Pendant que l’organisme de formation transmet les connaissances théoriques et pratiques, l’employeur accueille l’alternant sur le terrain et l’accompagne dans l’apprentissage du métier. Le salarié bénéficie ainsi d’un double tutorat, complété par un suivi socioprofessionnel destiné à faciliter son intégration durable dans l’emploi.
Le partenariat avec l’INSTN s’étend désormais à la formation d’opérateur en assainissement et démantèlement (OPAD), un autre métier en tension. Une première promotion de neuf salariés du GEIQ a intégré ce nouveau parcours en 2026. Celui-ci associe préqualification, apports théoriques, pratique en centre de formation et expérience en entreprise. Déjà bien développé sur le site de Cherbourg (Normandie), ce métier offre lui aussi des débouchés rapides. « Au terme de la formation, il y a une employabilité directe, à condition d’être mobile », rappelle David Hertel. Pour les diplômés célébrés vendredi, cette mobilité pourrait être la prochaine étape d’un parcours professionnel qui ne fait que commencer.
À propos
Plusieurs entreprises du secteur nucléaire soutiennent le dispositif OPR, parmi lesquelles Orano, Altrad Endel, Nuvia, Framatome, Onet, Sematec et Aquaris. En accueillant les alternants sur le terrain, elles leur permettent d’acquérir une expérience concrète et favorisent leur insertion professionnelle à l’issue de la formation.