Publié il y a 1 h - Mise à jour le 12.09.2026  - 4 min  - vu 85 fois

FAIT DU JOUR Nîmes Olympique veut passer de Troyes à quatre

Doucouré et les Nîmois affrontent la réserve de Troyes à 18h (photo 3F prod)

Dans le contexte tendu entre le SAS et l’association, les Crocodiles vont tenter de confirmer leur bon début de saison en enchaînant, face à la réserve de l’ESTAC, une quatrième victoire consécutive.

C’est un sans-faute que réalisent les Nîmois en National1. Trois victoires en autant de rencontres, il est difficile de faire mieux. Certes le groupe C parait moins relevé que la saison dernière (avec cinq promus et un club repêché) et le calendrier nîmois, de ce début de saison, est constitué des cinq promus dans les sept premières journées. Mais le compte y est, le NO mérite sa première place. Le but est bien sûr de la conserver et la venue de la réserve de l’ESTAC, samedi au stade des Antonins, peut permettre aux Crocodiles d’enchaîner un quatrième succès de rang (un sixième à cheval sur deux saisons).

Malgré le statut de favori, au NO on préfère rester prudent : « Ce sont des joueurs qui voudront prouver leur valeur et si on ne met pas les bons ingrédients, c’est une équipe qui peut nous poser des problèmes », prévient Nicolas Soumah, l’entraîneur adjoint de Nîmes Olympique. Sur le terrain, on sait aussi que cette rencontre peut se transformer en piège. « On se sent très bon, mais il ne faut pas tomber dans l’excès de confiance. Il ne faut pas se voir trop beau car on est attendu par nos adversaires », rappelle le milieu de terrain Vincent Pirès.

Mais quelle opposition vont proposer les juvéniles réservistes troyens qui sont neuvièmes du classement avec quatre points ? Le plus âgé de l’effectif n’a que vingt ans. L’ambiance du stade provisoire et l’expérience des Nîmois devraient faire la différence. Ce match constituera aussi une première, puisqu'en presque 90 ans d'existence, le NO n’avait jamais rencontré une équipe réserve en compétition*. Une victoire face aux Champenois signifie trois points de plus mais aussi un sacré bond dans le temps.

Le plus beau départ depuis 20 ans

Il faut retourner à 2006-2007 pour voir Nîmes Olympique réussir un tel départ. À cette époque, le NO entraîné en National par Régis Brouard avait enchaîné quatre victoires (Martigues, Sannois-Saint-Gratien, Yzeure et Clermont). Favori pour la montée en Ligue 2, Nîmes était ensuite tombé à Beauvais (1-0) et avait perdu sa belle dynamique pour terminer cinquième et rater l’accession. C’était il y a 20 ans et le club était miné par un conflit de gouvernance entre Jean-Louis Gazeau (actionnaire majoritaire et président de la SAS) et Frédéric Sigal (président de l’association Nîmes Olympique).

Deux décennies plus tard, beaucoup de choses ont changé, mais les relations entre les deux entités ne sont toujours pas au beau fixe. Une bataille de factures contre factures qui a tendu les rapports. Enfin, ce mercredi, Philippe Gas (le père de Mickael Gas, l’ex-entraîneur du NO) et Emiliano Marcos (le fondateur de l’entreprise Océan) ont intégré le conseil d’administration de l’association Nîmes Olympique.

« On jugera sur ce qu’ils apporteront de constructif lors des mois qui viennent »

Les lignes bougent et du côté de la ville de Nîmes, on observe attentivement les évènements : « Il faut que tout le monde arrive à se parler avec sérénité. Nous ne faisons pas d’ingérence. S’ils n’arrivent pas à s’entendre, on trouvera une solution avec Vincent Bouget et la municipalité, mais ce n’est pas à nous d'intervenir. Si la mairie doit être médiatrice dans cette affaire, c’est au club à en faire la demande et pas l’inverse. Mais on aura un œil sur l’argent public », explique Bruno Ferrier, l'adjoint aux Sports.

De son côté Thierry Cenatiempon, le président de la SAS Nîmes Olympique Ensemble, préfère attendre et voir : « S’ils ont été élus, c’est qu’ils ont une légitimité. L’association est indépendante, je n’ai pas à m’ingérer, elle coopte qui elle veut. On jugera sur ce qu’ils apporteront de constructif lors des mois qui viennent. » Cette saison, l’actualité du NO se vivra aussi à travers des lettres recommandées et des assemblées générales. Mais l'essentiel, c’est sur le terrain qu’il se jouera et les Nîmois n’ont pas d’alternative, seule la montée sera acceptée par les supporters.

*Première ou pas première ?

Durant la saison 1949-1950, les Crocodiles entraînés par Pierre Pibarot avaient rencontré le Groupe sportif de Marseille. Un club éphémère qui était en grande partie constitué de joueurs de la réserve de l’Olympique de Marseille. « Juridiquement, ce n’était pas la réserve de l’OM, mais la presse l’appelait Marseille II », explique Michel Piq, historien du Nîmes Olympique. Les Nîmois s’étaient imposés à l’aller et au retour mais le match à Marseille, le 25 décembre 1949, s’était terminé en pugilat. Bilan : des blessés dans les deux camps, dont le Crocodile Golinski (plaie au nez après avoir reçu un coup de tête) et le président Chiariny (après avoir reçu un coup de poing d’un joueur marseillais remplaçant ). De plus, trois supporters nîmois avaient passé la soirée au poste de police. Le match de samedi devrait être plus calme, mais espérons que la fin de saison des Nîmois ressemble à celle de leurs prédécesseurs puisque, après avoir rencontré cette officieuse réserve marseillaise, les Crocodiles ont décroché leur première montée en D1 tout en accédant aux demi-finales de la Coupe de France.

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Norman Jardin

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