Muscle ton jeu, Vincent. Après l’euphorie de la victoire à Nîmes, la nouvelle majorité vient de passer l’été sans ombrage. Pourtant, avec cette chaleur écrasante, il aurait été intéressant d’en profiter… Six mois ont passé et, désormais, le maire Vincent Bouget va devoir accepter d’entrer dans le dur. Les sujets ne manquent pas. Il lui reste encore un petit moment de plaisir la semaine prochaine, avec comme un air de campagne municipale qui revient. La restitution de « Bonjour Nîmes » permettra de présenter les attentes des Nîmois et, peut-être, les premières solutions à mettre en œuvre. À voir. En tout cas, quelques élus ont déjà décidé de faire autre chose ce soir-là. Par lassitude ? Ou simplement parce qu’ils sont désormais rattrapés par les nombreuses contraintes de gestion de leur délégation ? Une chose est certaine : le maire et une partie de son équipe ne vont pas pouvoir jouer encore très longtemps uniquement la carte du dialogue. Oui, ils sont sympas. Oui, ils sont manifestement plus à l’écoute de la population que l’équipe précédente. Mais cela ne suffira pas. Les premières décisions tardent. Et l’on sent même poindre un soupçon d’attentisme volontaire. Est-ce le fameux syndrome du « pas de vague » qui a coûté si cher à l’Éducation nationale en son temps ? Prenons l'exemple du sport. La régulation autour du financement de Nîmes Olympique ? Personne ne veut vraiment se mouiller malgré les chamailleries et les facturations étonnantes entre l’Association et la Société. Le stade des Costières ? On nous avait vendu une réhabilitation rapide. Désormais, on cherche à confier le projet à un privé. Le désert des équipements sportifs ? Les finances ne permettront pas de faire plaisir à tout le monde. Les subventions aux associations ? On ne bouge pas, au risque de s’attirer les foudres des intéressés. Dans d’autres domaines aussi, on lève le pied. La remise en cause du Festival de Nîmes n’est plus vraiment d’actualité. Cet été a encore prouvé que, les soirs de concert, le centre-ville fait le plein et que les commerçants en profitent. Le fameux ruissellement. Le mot probablement le plus détesté à gauche… Du côté des SPL, pas de grand bouleversement non plus. Finalement, l’outil est efficace. On commence alors à deviner que, s’il y a du changement, il sera parfois cosmétique. La feria connaîtra ici et là quelques ajustements utiles. La police municipale sera réorganisée à la marge. La rénovation urbaine fera l’impasse sur certains commerces en rez-de-chaussée au profit de davantage de logements. Mais rien de plus. Le pire, pour Vincent Bouget, serait de laisser s’installer une petite musique : finalement, à droite ou à gauche, une fois aux responsabilités, la politique serait sensiblement la même. Et les élus interchangeables. C’est précisément ce qu’il doit maintenant démentir. Il va lui falloir muscler son jeu, sortir de sa zone de confort et enclencher la rupture promise. Avec des marqueurs de gauche qui doivent désormais s’imposer. Cela passera d’abord par le respect des quelques promesses de campagne : les transports gratuits pour les jeunes, un aéroport pensé dans une coopération régionale, une gestion des déchets plus efficiente ou encore des moyens plus conséquents pour les associations qui font le lien dans la ville. Six mois après la victoire, le temps de la sympathie et de l’écoute n’est pas terminé. Mais celui des choix commence. Et pour faire des choix, il faut parfois prendre le risque de déplaire. En un mot : de l’audace.
Madame la maire d’Arles. Depuis la victoire de Patrick de Carolis, la ville d'Arles expérimente une nouvelle façon de faire de la politique : en duo. Dans les déplacements comme sur les photos du maire, on retrouve presque systématiquement à ses côtés sa première adjointe et conseillère départementale, Mandy Graillon. Et lorsque le patron n'est pas là, elle n'hésite pas à sortir de l'organisation classique pour créer ses propres rendez-vous et marquer son territoire. Rien de bien grave en soi. Le binôme semble avoir trouvé son rythme de croisière et une forme de gouvernance à deux têtes. Reste à savoir comment cette omniprésence est vécue au sein de la majorité et, surtout, ce qu'elle prépare pour demain. « Il est évident que Patrick de Carolis prépare le terrain pour sa protégée. S'il quittait demain Arles pour un maroquin, elle deviendrait dans la foulée maire d'Arles », assure un élu d'opposition. Une succession déjà dans les têtes ? Peut-être. Mais certains, à l'hôtel de ville, vont plus loin et observent que la première adjointe entend désormais peser jusque dans les choix concernant certains collaborateurs ou agents de l'administration municipale. Alors, Patrick de Carolis prépare-t-il Mandy Graillon à lui succéder ? Lui seul connaît la réponse. Mais à force de la voir partout, certains Arlésiens pourraient finir par se poser une autre question : madame la maire ne serait-elle pas déjà un peu installée ?
Jouve de là... L'été n'a pas été de tout repos dans les étages de l'hôtel de ville d'Arles. Au début de la saison, Frédéric Jouve, DGS de la Ville et de l'Agglomération, a eu la désagréable surprise d'apprendre que Patrick de Carolis souhaitait se séparer de lui. C'est au cours d'un rendez-vous informel avec le maire qu'il aurait appris la décision. Une annonce brutale qu'il aurait eu, sur le moment, bien du mal à comprendre. Depuis, à Arles, les explications vont bon train. « Toutes les rumeurs les plus folles ont circulé. L'affaire qui avait éclaté pendant la campagne autour du club de football ne serait pas étrangère à son départ », glisse une source proche du maire. Une lecture catégoriquement rejetée dans l'entourage du futur ex-DGS : « C'est faux. On lui reproche surtout de ne pas avoir fait avancer suffisamment vite certains dossiers stratégiques pour Arles. » Frédéric Jouve ne serait d'ailleurs pas le seul concerné par ce grand ménage. Maria Noguera, son assistante, serait-elle aussi encouragée à aller voir ailleurs. Au cabinet politique, Nicolas Weck a également connu un été particulièrement agité après plusieurs tensions avec des élus. Mais lui semble avoir été sauvé in extremis par Patrick de Carolis. Reste le point de chute de Frédéric Jouve. Là encore, les choses pourraient déjà être bien avancées : on l'annonce prochainement dans une commune du Var. À Arles, pendant que certains prennent de plus en plus de place, d'autres préparent manifestement leurs cartons.
La liste de Carole Bergeri bientôt dévoilée. Le compte à rebours est lancé pour les sénatoriales du 27 septembre. Après la liste du socialiste Denis Bouad, celle du Républicain Laurent Burgoa ou encore celle de La France insoumise, place désormais à Carole Bergeri. L'élue du canton de Pont-Saint-Esprit, qui occupait la deuxième place sur la liste de Denis Bouad en 2020, devrait dévoiler son équipe cette semaine. « Ça n'a pas été facile. Des pressions ont été exercées sur certains élus pour qu'ils n'intègrent pas sa liste », assure l'un de ses soutiens. Selon nos informations, son numéro deux devrait être Benoît Trichot, maire de Montclus depuis 2014. Ce professeur est également vice-président de l'Agglo du Gard rhodanien et, surtout, président du syndicat mixte ABCèze, chargé de la gestion de la ressource en eau. Et c'est là que l'histoire devient plus politique. Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos et actuelle numéro deux de Denis Bouad, siège elle aussi au sein d'ABCèze. Les deux listes concurrentes de gauche auront donc quelques intérêts communs à défendre… mais certainement pas le 27 septembre. De quoi promettre encore quelques remous dans le nord du Gard. Et pas seulement dans la Cèze.
Préfet des villes, préfet des champs. Le mois dernier, le Gard a accueilli une nouvelle préfète en la personne de Fabienne Decottignies. Précédemment en poste dans la Nièvre — environ 200 000 habitants contre près de 800 000 dans le Gard —, la représentante de l'État semble avoir conservé quelques habitudes de proximité. Le président du SDIS 30, Alexandre Pissas, apprécie déjà la méthode : « Elle est venue me voir seule… Et à la sortie, il n'y avait pas de carrosse qui l'attendait. » Même ressenti chez un maire de Nîmes Métropole : « Elle est venue avec sa voiture, seule et sans costume. On sent qu'elle veut être très proche des collectivités. Ça nous change… Son prédécesseur était surtout le chef des forces de l'ordre. » Le changement de style n'est donc pas passé inaperçu chez les élus gardois. Reste maintenant à savoir si cette proximité affichée survivra aux premiers dossiers qui fâchent. Car entre préfet des villes et préfet des champs, il faut aussi parfois être préfet des arbitrages.
Henry Brin, une dent contre la vérification ? Le 25 août dernier, le conseiller régional, soutien de la majorité de Carole Delga, a repris une publication de la députée RN Hélène Laporte, vice-présidente de l'Assemblée nationale, avec ce commentaire : « La surprise de la rentrée. » Sans manifestement prendre le temps de vérifier que la parlementaire s'était quelque peu arrangée avec la réalité. Hélène Laporte affirme en effet que le Gouvernement vient de « dérembourser nos soins dentaires » et que l'Assurance maladie ne prendra désormais plus en charge que 40 % des soins, contre 70 % il y a trois ans. Sauf que c'est un peu plus compliqué. Le décret publié le 22 août prévoit bien une nouvelle baisse de la prise en charge des soins dentaires à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Mais il fixe un ticket modérateur compris entre 50 et 60 %, soit une prise en charge par l'Assurance maladie comprise entre 40 et 50 %. Le remboursement à 40 % présenté comme définitivement acté ne l'est donc pas à ce stade. En politique comme ailleurs, avant de partager les publications de ses adversaires, mieux vaut parfois les lire jusqu'au bout. Surtout quand on se charge soi-même d'en faire la promotion !
Alexandre Pissas range les armes, mais pas gratuitement... Alexandre Pissas a encore perdu son bras de fer avec la direction nationale du Parti socialiste. Malgré le vote des militants gardois en sa faveur, le maire de Tresques et président du SDIS 30 doit désormais composer avec le soutien massif des élus de gauche à la liste conduite par Denis Bouad pour les sénatoriales de septembre. Alors, que faire ? Rien. Selon plusieurs sources concordantes, Alexandre Pissas a décidé de lâcher l'affaire. Pas question d'ajouter sa propre dissidence à celle de Carole Bergeri et d'offrir le spectacle d'une gauche encore un peu plus divisée. Mais ce retrait aurait aussi son arrière-plan. « Pour accepter de courber l'échine, il a négocié pour la suite », croit savoir un socialiste. « Malin comme il est, il aurait déjà sécurisé son maintien pour les prochaines départementales et une vice-présidence. » Impossible, à ce stade, de confirmer l'existence d'un tel accord. Et surtout, Alexandre Pissas qui renonce ne signifie pas forcément que ses soutiens voteront Bouad. « Il va laisser tomber, mais ses fidèles vont tous voter Carole Bergeri », prédit un autre socialiste. D'autant qu'au Gard rhodanien, Alexandre Pissas serait de nouveau en odeur de sainteté auprès du nouveau président, Christophe Serre, soutien indéfectible de la candidate dissidente. Pissas rangera donc les armes. Reste à savoir où ses soldats déposeront leur bulletin.
Arles, capitale des présidentiables ? Après Alès lundi, Édouard Philippe devrait faire une nouvelle étape dans le Sud. Selon nos informations, le maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle est attendu à Arles le samedi 19 septembre, à l'occasion du grand rassemblement contre le projet de ligne THT entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer. Organisé à 18h30 au Théâtre antique par le collectif THT 13/30 - SOS Camargue THT, le rendez-vous doit rassembler élus de Paca et d'Occitanie, agriculteurs, associations et citoyens pour tenter de peser avant une éventuelle déclaration d'utilité publique. Mais Édouard Philippe pourrait être loin d'être la seule personnalité nationale présente. Selon nos informations, Jordan Bardella est également annoncé comme probable, tandis que plusieurs personnalités de gauche sont attendues. Les élus présents doivent notamment signer une charte commune contre le projet. À un peu plus de six mois de la présidentielle, difficile de croire que cette concentration de prétendants à l'Élysée passera inaperçue. Le 19 septembre, la bataille contre la THT pourrait ainsi se transformer, le temps d'une soirée, en drôle d'avant-goût de la présidentielle. Et faire d'Arles l'une des capitales politiques du week-end.
Avignon, nouvelle terre d'accueil des Nîmois. C'est fait. Julien Plantier a commencé sa nouvelle vie professionnelle à Avignon. L'ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier, candidat défait aux dernières municipales à Nîmes, est désormais directeur du pôle Urbanisme, Habitat et Écologie urbaine de la Ville. Une responsabilité exercée sous l'autorité du nouveau maire, Olivier Galzi, et de Christophe Madalle, l'ancien DGS de Nîmes désormais à la tête de l'administration avignonnaise. Julien Plantier ne sera d'ailleurs pas totalement dépaysé. Il va également retrouver Nicolas Varenne, l'ancien patron de France Bleu à Nîmes, qui vient de prendre la direction de la communication de la Ville d'Avignon. À ce rythme-là, qui sera le prochain Nîmois à traverser le Rhône ? Tout dépendra sans doute des opportunités… et des amis ou proches qu'il reste à recaser. Il y en a au moins un qui ne devrait pas faire le chemin inverse : Nicholas Blanc, le successeur de Madalle comme DGS de Nîmes. Ironie de l'histoire, lui venait justement d'Avignon, où il avait été DGA Ressources avant de rejoindre Nîmes en 2024. Entre Nîmes et Avignon, le mercato des cadres territoriaux est décidément bien ouvert.
Meizonnet, le mal-aimé. Les sénatoriales se précisent. Et au Rassemblement national, on joue la carte à fond derrière Sylvie Josserand. Selon nos informations, la députée, tête de liste RN, aura comme numéro deux Nicolas Meizonnet, fraîchement élu maire de Vauvert et toujours député. De là à imaginer ce dernier rejoindre un jour le Palais du Luxembourg en cas de défection de Sylvie Josserand, si elle était élue ? « Cela n'arrivera pas. Nicolas Meizonnet est un bon soldat », tranche un membre de la fédération. Qui ajoute, plus perfide : « Il y a encore trois semaines, personne ne l'avait tenu au courant de l'avancement de la campagne. Il faut dire que ses relations ne sont plus vraiment au beau fixe avec Yoann Gillet et surtout Julien Sanchez. » D'autant que Nicolas Meizonnet aurait défendu un tout autre scénario pour ces sénatoriales. Selon nos informations, il avait suggéré le nom d'Éric Giraudier, personnalité non encartée, pour conduire la bataille. « Le président de la CCI Gard était partant, mais les deux patrons du RN dans le Gard n'en ont pas voulu », assure notre source. Meizonnet sera donc bien numéro deux derrière Josserand. Mais manifestement pas encore numéro deux dans le cœur de tout le monde. Au RN gardois comme chez les Le Pen, la politique reste aussi une histoire de famille… et d'entre-soi.
Sénatoriales : à gauche, on commence à y croire. Au Cercle de l'Avenir à Nîmes, c'était la réunion à ne pas manquer pour les élus de gauche. Denis Bouad et ses colistiers avaient convié leurs soutiens pour un point d'étape de la campagne des sénatoriales. Près d'une centaine de personnes ont répondu présent. « Comme toujours, Denis a fait trop long. Il a ennuyé la salle alors que le message aurait dû être simple et limpide : si on ne se mobilise pas, les communistes n'auront pas de sénatrice dans le Gard », ironise un élu présent. Un autre préfère regarder le verre à moitié plein : « Ce serait presque un miracle d'avoir deux élus à gauche, mais franchement, on peut y arriver. Tout le monde s'est mis derrière Denis Bouad et un gros travail de terrain a été réalisé partout, en particulier par Fabrice Verdier, le président du Pays d'Uzès. » Et si la surprise venait finalement de la droite ? Personne n'imagine Laurent Burgoa, sénateur LR sortant, s'effondrer. « Il fera ses voix, c'est la récompense de son travail. Mais il a fait l'erreur de constituer une liste avec des personnalités peu connues ou clivantes sur leur territoire. Avec le RN en embuscade, la surprise pourrait venir de là dans la dernière ligne droite », analyse un élu. Reste le caillou dans la chaussure de la gauche : la liste dissidente de Carole Bergeri. Quelques dizaines de voix perdues pourraient coûter très cher. Et certains préparent déjà l'après : « Si elle fait perdre le PCF, il y aura des règlements de comptes. Et elle pourra dire adieu à une candidature aux départementales avec la majorité sortante. » Mais après avoir joué sa partition pendant tout l'été, Carole Bergeri se confronte désormais à la realpolitik. À gauche, la mécanique du vote utile semble se mettre en marche. Et Françoise Laurent-Perrigot, la présidente du Conseil départemental du Gard, pèse de tout son poids pour resserrer les rangs. « Encore dernièrement à Quissac, lors d'une réunion avec des élus, elle a bien joué le coup », glisse l'un d'eux. À gauche, on commence donc sérieusement à croire à deux sièges. Mais aux sénatoriales, on peut gagner à quelques voix près. Et régler ses comptes pour encore moins que ça.
Parc de Camargue : à qui la faute ? Objectif Sud avait révélé dès le 24 juin que le Parc naturel régional de Camargue avait perdu son label, faute d'avoir renouvelé sa charte dans les délais. Depuis, le dossier est devenu éminemment politique. Cet été, Nicolas Koukas, élu d'opposition à Arles, a remis une pièce dans la machine avec une lettre ouverte adressée à la présidente du Parc, Anne Claudius-Petit. Il lui demandait notamment de s'expliquer sur les responsabilités de ce fiasco. La réponse n'a pas tardé : la présidente a notamment pointé les « difficultés » rencontrées sous les mandats de ses prédécesseurs Roland Chassain et Patrick de Carolis. Pas question pour le maire d'Arles de porter le chapeau. Vendredi, Patrick de Carolis a contre-attaqué, invitant Anne Claudius-Petit à « assumer ses responsabilités ». Il rappelle surtout qu'à son départ, en juin 2022, la révision de la charte était déjà engagée. Et renvoie habilement la balle vers… la Région, qui aurait retiré quelques semaines plus tard une délibération concernant le lancement de cette révision. Voilà donc Renaud Muselier qui se retrouve indirectement invité dans la bataille. Un détail qui n'en est pas vraiment un : le président de Région est actuellement en pleine campagne pour décrocher un siège de sénateur dans les Bouches-du-Rhône. Et à trois semaines du scrutin, il se serait certainement passé de voir ressurgir les vieilles querelles camarguaises.
Ça chauffe toujours entre Nîmes Métropole et Edeis. Rien ne va plus entre Nîmes Métropole et Edeis, le gestionnaire de l'aéroport de Nîmes. Selon nos informations, les discussions se poursuivent entre les deux parties autour de l'avenir de la délégation de service public. Avec un sérieux casse-tête pour l'Agglomération : Edeis souhaiterait sortir de la DSP, mais Nîmes Métropole ne peut juridiquement pas simplement casser le contrat. Le problème est aussi politique. Le président de Nîmes Métropole, Vincent Bouget, avait déjà fait part cet été de ses « inquiétudes », notamment face aux objectifs de fréquentation non atteints. Des pénalités sont en cours et d'autres pourraient suivre. Les relations financières sont déjà suffisamment tendues : Edeis conteste devant la justice administrative plusieurs titres exécutoires émis par l'Agglo, dont l'un avoisine 762 000 euros. Et voilà désormais Ryanair qui vient compliquer encore l'équation. La compagnie, essentielle à l'activité de l'aéroport nîmois, a annoncé cet été une réduction de son programme en France pour l'hiver. De quoi fragiliser encore un modèle économique déjà sous tension. Politique, juridique, économique : Vincent Bouget hérite donc d'un dossier particulièrement explosif. Et alors que l'Agglo doit déjà réfléchir à l'après-Edeis et à la future DSP, une chose semble acquise : à l'aéroport de Nîmes, les prochaines turbulences ne viendront pas seulement du ciel.
Assaf, la marque et deux nouveaux poids lourds. On l'avait presque imaginé débarquant à Nîmes cet été pour régler le sort de la marque Nîmes Olympique. Il avait même été question d'une cession imminente à la nouvelle SAS de Thierry Cenatiempo. Il n'en a rien été. Selon nos informations, Rani Assaf n'a pas mis les pieds à Nîmes cet été. L'ancien patron des Crocos était bien plus loin, profitant de vacances sur son bateau à l'autre bout de la planète. Quant à la marque, le scénario est également différent. Rani Assaf a pris l'engagement de la céder à l'Association Nîmes Olympique d'ici la fin de l'année, et non à la SAS. Reste évidemment à transformer la promesse en actes. Une Association qui devrait justement prendre un peu plus de poids cette semaine. Selon nos informations, deux fortes personnalités nîmoises vont la rejoindre. Une arrivée qui pourrait rebattre encore un peu plus les cartes dans les relations avec la SAS Nîmes Olympique Ensemble et son président Thierry Cenatiempo. Des relations déjà contrariées par le différend autour de plusieurs factures, pour un montant total de 124 800 euros TTC, contestées par l'Association, comme Objectif Sud l'a révélé récemment. Entre la récupération de la marque, l'arrivée de nouveaux poids lourds et les comptes qui fâchent, le match entre les deux structures ne fait peut-être que commencer.
Futé le Fustier ? Selon nos informations, Patrick Fustier vient d'être recruté par la municipalité. Son nom n'est pas inconnu des Nîmois : il avait notamment été l'un des acteurs du collectif Sauvons Nîmes Olympique, particulièrement mobilisé ces dernières années autour de l'avenir des Crocos. Mais Patrick Fustier avait aussi joué sa partition, plus discrètement, pendant la campagne des municipales. En coulisses, il avait apporté son soutien à Vincent Bouget, finalement élu maire de Nîmes en mars dernier. Quelques mois plus tard, le voilà donc qui rejoint la Ville. En tant que directeur adjoint depuis le 1er septembre puis chargé de mission dans les prochaines semaines. De quoi faire forcément sourire ceux qui considèrent qu'en politique, les engagements finissent parfois par être récompensés. La nouvelle majorité parlera certainement, elle, de compétences. Chacun choisira sa lecture.
Rémi Nicolas cherche les « traîtres ». Rémi Nicolas a une petite enquête à mener. Le maire de Marguerittes et vice-président de Nîmes Métropole a eu la désagréable surprise de découvrir qu'au sein de son groupe de maires, certains n'avaient pas voté pour Vincent Bouget lors de l'élection à la présidence de l'Agglo, préférant glisser dans l'urne le nom de Julien Sanchez, député européen RN et candidat défait aux municipales à Nîmes. Depuis, une petite chasse aux sorcières a commencé pour retrouver les coupables. Problème : certains maires soupçonnés et convoqués pour s'expliquer l'ont plutôt mauvaise. D'autant qu'ils ont bel et bien voté pour Vincent Bouget. Il va donc falloir un peu plus de nez à Rémi Nicolas pour débusquer les dissidents. Pour l'instant, soit il fait chou blanc, soit les intéressés savent particulièrement bien brouiller les pistes. Attention tout de même à ne pas trop contrarier certains maires. Le groupe d'Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles, pourrait apparaître comme une terre d'accueil pour les mécontents. Et à moins de deux ans des départementales, quelques élus commencent déjà à regarder un peu plus loin. Le maire de la deuxième ville de Nîmes Métropole pourrait bien avoir, lui aussi, quelques raisons de voir l'avenir avec le sourire.
Les Gardois reviennent au Pont du Gard. Les nouvelles sont plutôt bonnes du côté du Pont du Gard. Même si son directeur, Sébastien Arnaux, refuse de juger la santé économique du site sur les seuls mois de juillet et août, les chiffres de l'été sont dans le vert. « Nous continuons à attendre la fin de l'année pour mesurer l'activité économique de l'EPCC, qui ne peut plus se réduire aux seuls mois de l'été et des grandes vacances scolaires », tempère-t-il. Un chiffre lui donne tout de même quelques raisons de sourire : les Gardois sont de plus en plus nombreux à revenir au Pont du Gard. Depuis 2022 et la mise en place de l'abonnement à 9 euros permettant un accès illimité au parking, la fréquentation des abonnés, très majoritairement gardois, a doublé. En 2022, un peu plus de 13 000 véhicules d'abonnés, soit environ 40 000 personnes, avaient fréquenté le site durant l'été. Ils sont plus de 26 000 véhicules, soit environ 80 000 personnes, cet été 2026. Et la dynamique ne faiblit pas : +11 % encore entre les étés 2025 et 2026. De quoi conforter Sébastien Arnaux dans son ambition de « reconstruire un lien populaire autour du Pont du Gard pour en faire un lieu qui réunit ». Au-delà des touristes, le célèbre monument semble donc avoir réussi à faire revenir ses plus proches voisins.