Publié il y a 46 min - Mise à jour le 04.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 26 fois

ÉDITORIAL Présidentielle 2027 : la gauche face à son moment de vérité

léon deffontaines fabien roussel pcf
Photo archive Objectif Sud

Alors que les communistes s'apprêtent à confirmer la candidature de Fabien Roussel, la gauche avance plus morcelée que jamais vers l'Élysée. Au risque de laisser une nouvelle fois le champ libre à Jean-Luc Mélenchon pour incarner seul l'alternative au Rassemblement national.

Ce week-end, c'est le moment de vérité chez les communistes. Alors qu'ils ont longtemps été une variable d'ajustement de la gauche plurielle de Lionel Jospin, puis sous la présidence de François Hollande, désormais, ils font cavalier seul. Le vote a lieu depuis hier et jusqu'au 6 septembre. Les militants doivent confirmer la candidature de Fabien Roussel, déjà largement approuvée par la Conférence nationale du PCF il y a plusieurs semaines. L'issue semble donc faire peu de doute. À la fin, pour une présidentielle qui s'annonce historique, on s'achemine vers une gauche morcelée devant les électeurs. Les Verts d'un côté, le PCF de l'autre, le candidat social-démocrate sorti de la primaire du mois d'octobre. Peut-être François Hollande. Et bien sûr Jean-Luc Mélenchon pour les Insoumis. Reste encore à savoir si l'ex-LFI François Ruffin et Dominique de Villepin vont eux aussi se mêler à la compétition. Cette semaine justement, ils ont débattu ensemble pour le quotidien Libération. Et force est de constater qu'ils ont affiché de nombreuses convergences. Au point d'imaginer un ticket commun ? Un ancien Premier ministre de droite et un ancien de LFI sur la même longueur d'onde : cette pré-campagne présidentielle n'a décidément pas fini de nous surprendre ! Une chose est certaine : la gauche, éloignée du pouvoir depuis presque dix ans, avait une occasion en or de jouer crânement sa chance pour l'Élysée et, dans la foulée, pour l'Assemblée nationale. Le contexte de crise économique, la volonté des Français de retrouver des services publics dignes de ce nom et un pouvoir d'achat moins exsangue constituaient un terreau fertile pour faire renaître une espérance à gauche. Mais la division des appareils, l'ego surdimensionné de certains candidats et l'incapacité à construire un programme commun pourraient bien avoir raison d'une victoire qui, sur le papier, pouvait sembler à portée de main. À la fin, c'est peut-être le plus habile, celui qui parviendra le mieux à capter la radicalité d'une partie du peuple de gauche, qui pourrait se hisser au second tour. Face à l'autre extrémité de l'échiquier politique. Et dans cette perspective, une surprise cruelle pourrait entraîner des lendemains beaucoup moins enchanteurs. Il reste encore du temps. Peu. Mais suffisamment pour proposer, a minima, une alternative solide à l'extrême gauche. À défaut, au soir du premier tour, les sociaux-démocrates n'auront plus que leurs yeux pour pleurer.

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