Publié il y a 8 h - Mise à jour le 02.09.2026 - AS - 3 min  - vu 145 fois

GARD Mort d’Édouard Balladur : les hommages de plusieurs figures politiques gardoises

Édouard Balladur

Édouard Balladur est mort en début de semaine.

- Photo DR

Franck Proust, Laurent Burgoa et Julien Deveze rendent hommage à l’ancien Premier ministre, mort lundi à 97 ans. Tous saluent la stature d’un homme d’État et une certaine conception de la politique qui, selon eux, fait aujourd’hui défaut.

Édouard Balladur s’est éteint lundi 31 août à Paris à l’âge de 97 ans. Ancien Premier ministre de François Mitterrand entre 1993 et 1995, ministre de l’Économie et des Finances sous Jacques Chirac entre 1986 et 1988, candidat à l’élection présidentielle de 1995, il aura traversé plusieurs décennies de la Ve République. Sa disparition suscite de nombreuses réactions jusque dans le Gard.

Franck Proust : « Une vision de la France »

Ancien président LR de Nîmes Métropole et ancien député européen, Franck Proust se souvient notamment de ses rencontres avec Édouard Balladur au sein de sa famille politique. « C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris le décès d’Édouard Balladur. Homme d’État et de conviction, cette grande figure de la droite a toujours placé l’intérêt de la France par-dessus tout. Je me souviens de lui en tant que ministre des Finances et Premier ministre de la France, avec des résultats que l’on aimerait avoir aujourd’hui. » Franck Proust évoque également l’homme qu’il avait eu l’occasion de côtoyer : « J’avais également le plaisir d’échanger avec lui lors des réunions de notre famille politique à laquelle il était attaché. Il faisait partie de ces grands hommes politiques qui avaient ce qui manque à beaucoup aujourd’hui : une vision de la France. »

Laurent Burgoa : « Je lui avais préféré Jacques Chirac »

Le sénateur LR du Gard Laurent Burgoa n’élude pas, lui, le souvenir de la présidentielle de 1995 et de la guerre fratricide qui avait opposé les deux hommes. « C’est un homme d’État qui nous a quittés. Même si, vous le savez, je lui avais préféré Jacques Chirac, il n’empêche qu’Édouard Balladur avait une véritable stature dans le paysage politique. » Pour le parlementaire gardois, cette stature dépassait les frontières partisanes : « C’est d’ailleurs à cela que l’on reconnaît les grands hommes politiques : à la manière dont ils imposent le respect au-delà de leurs partisans. Édouard Balladur appartenait à cette génération qui avait une certaine idée du débat public, il le hissait vers le haut. Ça manque souvent aujourd’hui. » Laurent Burgoa insiste enfin sur la culture de l’ancien Premier ministre et sur son compagnonnage avec Georges Pompidou : « C’était un homme d’une grande culture. C’est sans doute ce qui le rapprochait de Georges Pompidou, avec lequel il a entretenu une relation politique et personnelle forte. » Une proximité qui aura effectivement marqué une grande partie de la carrière d’Édouard Balladur, entré au cabinet de Georges Pompidou à Matignon dès 1964 avant de le suivre à l’Élysée.

Julien Deveze : « Je crois que c’était une erreur »

L’hommage de Julien Deveze est plus personnel encore. Le responsable centriste gardois revient lui aussi sur son choix de 1995, mais pour en tirer aujourd’hui une conclusion différente. « Édouard Balladur vient de disparaître, et avec lui une certaine idée de l’État et de la gestion publique. Comme beaucoup de Français, je n’ai pas voté pour lui en 1995. Je crois que c’était une erreur, une de ces erreurs de jeunesse qu’il faut savoir reconnaître. » Plus de trente ans après cette présidentielle, Julien Deveze porte un autre regard sur l’ancien Premier ministre : « Avec le recul, je mesure mieux ce que la France avait alors devant elle : une certaine idée du sérieux, de la modération et de la responsabilité politique. Nous aurions tort, aujourd’hui encore, à considérer ces qualités comme des faiblesses. » Il retient notamment « le sérieux budgétaire, la modération dans le ton » et la conviction que gouverner impose parfois de prendre des décisions impopulaires. Et là encore, l’hommage se transforme en comparaison avec la période actuelle : « À une époque où nos finances publiques se dégradent, où le débat politique se radicalise et où le compromis est trop souvent confondu avec la faiblesse, cette culture-là mérite d’être rappelée. » 

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Abdel Samari

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