Hier, cela faisait 50 ans que Roger Damour, inspecteur de police, était assassiné lâchement à son domicile lunellois. C'était le 1ᵉʳ septembre 1976, en soirée. Parce qu'il était important de ne pas oublier ce qu'il s'est passé, la commune de Lunel a rendu un hommage très émouvant sur l'esplanade portant son nom, en présence de son fils et de sa petite-fille.
Après avoir commencé sa carrière en tant que gardien de la paix à Paris, il souhaitait revenir dans la ville de ses ancêtres : Beaucaire. Après une demande de mutation dans le sud, il obtient Marseille, dans le commissariat de la Joliette. Après une autre demande de mutation, il arrive à Nice et s'y plaît également. Il achète un appartement avec sa femme à Villeneuve-Loubet, sans oublier son obsession pour Beaucaire. Après une énième demande de mutation, deux propositions arrivent sur la table : Saint-Gilles et Lunel. En raison d'un souci de vente d'appartement, il manque la mutation dans le Gard et arrive à Lunel en 1974. Rapidement tombé sous le charme de la cité pescalune, il y apprécie la pétanque, les taureaux et la fête.
"Quelques temps avant son assassinat, j'ai rencontré deux jeunes hommes qui m'ont dit que sans mon père, ils seraient devenus des délinquants", témoigne très sensiblement son fils, Michel Damour. Le soir du 1ᵉʳ septembre 1976, vers 22h, Roger Damour regarde la télévision en famille. Quelqu'un frappe à sa porte pour lui remettre une lettre. Seulement, une seconde personne cachée derrière, lui tire un coup de feu en pleine poitrine. Il meurt sur le coup. Son assassin, qui avait une haine profonde de la police, a été condamné à la perpétuité, mais sortira finalement en mars 2002... "Chacun pourra en tirer des conséquences", ajoute Michel Damour.
"Roger appartenait à cette catégorie d'hommes et de femmes dont on ne peut que saluer le courage et l'abnégation. Tous confondus, polices nationale et municipale, gendarmes, sapeurs-pompiers, engagés pour servir et qui, dans le cadre de leur mission, sont quotidiennement exposés à toutes sortes de risques. Ces mêmes personnels sont en fait les ultimes piliers de notre société, que certains, par idéologie et pur calcul politique, s'efforcent de mettre à bas", déclare Daniel Félip, commissaire principal honoraire de la police nationale.
Une plaque en l'honneur de Roger Damour a été dévoilée dans la foulée, avant une remise de médaille à titre posthume. "Cette médaille, c'est l'hommage de toute une ville, l'hommage des Lunelloises et Lunellois à un homme qui a consacré sa vie à protéger les autres et qui a payé de sa vie cet engagement. Cinquante ans après, Lunel lui devait cette reconnaissance. Mais cette cérémonie nous parle aussi malheureusement de notre présent. Car la violence contre celles et ceux qui portent l'uniforme n'a pas disparu. Elle a même pris une place inquiétante dans notre société. Agression, guet-apens, refus d'obtempérer, intimidation, menace de mort, chaque jour en France nos forces de l'ordre sont prises pour cible", exprime Paulette Gougeon, maire de Lunel, qui annonce que le nombre de policiers et gendarmes blessés physiquement a fait un bond de 145 % en vingt ans.