Benjamin Durand a lancé son activité de chef à domicile en 2021. Le concept, il le résume simplement : "On est sur le restaurant à la maison." Menus prédéfinis ou entièrement sur mesure selon l'événement, le chef arrive avec son matériel et, si besoin, une équipe complète, pour cuisiner sur place, servir à table, puis tout remettre en état derrière lui. "La différence avec un traiteur, c'est là où moi je vais cuisiner de A à Z sur place", précise-t-il.
Avant de se consacrer pleinement à cette activité, le Nîmois avait fait ses armes derrière un comptoir à hot-dogs, aujourd'hui revendu, mais dont il garde une trace assumée : ses prestations « street food » plus décontractées, notamment lors de ferias, continuent de ponctuer son calendrier en dehors de la haute saison.
Les débuts n'ont pourtant pas été évidents. "Au début, ça a été un peu compliqué, le temps, forcément, de se faire un nom et d'avoir quelques avis clients pour donner un peu confiance à d'autres personnes", se souvient le chef. Le déclic est venu de rencontres décisives, notamment avec des établissements prestigieux du département. "J'ai rencontré certaines personnes aussi qui m'ont aidé à pousser un peu plus le côté chef à domicile, des clients comme le château de Collias qui m'apporte quelques clients ou le château d'Uzès", détaille-t-il.
C'est dans la foulée de la vente de son affaire de hot-dogs que Benjamin Durand voit s'ouvrir une porte à laquelle il ne s'attendait pas : intégrer le Petit Futé. L'opportunité naît d'une rencontre avec la directrice du guide, qui souhaitait développer une rubrique dédiée aux chefs à domicile. "Je leur ai proposé une prestation afin qu'elles puissent goûter la cuisine, ce qu'ils font d'habitude directement dans les restaurants. C'est ce qui m'a aidé", explique-t-il. Au-delà de la visibilité, cette distinction a une valeur particulière à ses yeux : « Ça apporte aussi une concrétisation de mon travail. C'est quand même quelque chose où on montre qu'il y a de la qualité et un intérêt et un engagement. »
Cuisine bistronomique, ancrée dans le Gard
Sa cuisine, Benjamin Durand la définit comme bistronomique, bâtie autour de produits de saison et français. "J'aime beaucoup cuisiner des plats très simples que j'aime mettre en avant, retravailler au goût du jour avec des sauces, des jus réduits", confie-t-il, citant la carotte comme légume fétiche. Parmi ses sources d'inspiration, deux figures gardoises de la gastronomie reviennent naturellement : Jérôme Nutile, qu'il décrit comme "un très beau chef en termes de technique", et Michel Kayser, "un très bon exemple pour, je pense, plusieurs générations". Michel Kayser dirige depuis plus de trente ans le restaurant étoilé Alexandre, à Garons, une référence de la gastronomie gardoise, tandis que Jérôme Nutile est installé à Nîmes où il a fait sa réputation autour d'une cuisine technique et exigeante.
Le chef nourrit d'ailleurs une ambition de longue haleine : décrocher un jour le titre de Meilleur Ouvrier de France. "Je pense que pour le moment, j'ai encore besoin d'apprendre et de regarder aussi d'autres chefs", tempère-t-il, avec la lucidité de celui qui préfère les livres et les réseaux spécialisés aux émissions culinaires télévisées, jugées trop éloignées de la réalité du métier. Il espère maintenant rentrer dans le cercle très prestigieux de Gard aux Chefs.