Mardi 8 juillet, 16h, les résultats du CAP coiffure tombent. Anaëlle Raynal se connecte. Son nom apparaît, accolé à la mention « très bien ». L’histoire pourrait être banale. Mais cette jeune femme de 39 ans enseigne la physique-chimie au collège nîmois Jean-Rostand.
Au téléphone, la voix pétille : « Quand j’étais jeune, je voulais être coiffeuse, j’ai toujours coupé les cheveux. » La jeune fille a des « notes pas trop mauvaises ». Ses parents, agriculteurs qui ne sont pas titulaires du bac, l’incitent à obtenir le précieux diplôme. Ses résultats la poussent vers une classe prépa avec, au final, l’obtention du Capes en 2010. Elle souhaite enseigner pour donner l’envie d’apprendre, comme cette prof d’anglais qui lui a fait aimer au collège une matière qu’elle détestait.
Que choisir ? Les maths, discipline honnie par beaucoup d’élèves ? Elle opte pour la physique-chimie « plus sympa » à enseigner avec ses manipulations. Lors de l’année scolaire 2024-2025, elle est inspectée. L’inspectrice interroge : comment voit-elle son évolution professionnelle ? Annaëlle Raynal ne s’imagine pas inspectrice. Mère de quatre enfants âgés de 3 à 9 ans, elle ne se sent pas prête à passer l’agrégation. Cette native des Pyrénées-Orientales répond qu’elle se voit « prof le matin et coiffeuse l’après-midi ».
