Publié il y a 12 h - Mise à jour le 02.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 106 fois

ÉDITORIAL Moins d'élèves ne doit pas vouloir dire moins d'école

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Photo DR Ville de Lunel

Alors que la baisse démographique entraîne déjà des fermetures de classes, les candidats à la présidentielle promettent de revaloriser les enseignants. Et si cette baisse historique des effectifs était surtout l'occasion d'investir autrement dans l'école ?

C'est bon, les écoliers ont retrouvé leur classe. Enfin, pas partout. Car ici et là, des classes ferment. La faute à la baisse de la démographie scolaire. Et l'Éducation nationale, avec ses tableurs Excel, compense comme elle peut. Comme elle veut. 42 000 écoles publiques aujourd'hui, mais potentiellement 15 % d'élèves en moins d'ici à 2035, avec déjà des milliers d'écoles disparues depuis 2012. Derrière les statistiques nationales, ce sont souvent les petites communes qui vivent la fermeture d'une classe ou d'une école comme la disparition progressive d'un service public. Et parfois d'une partie de la vie du village. Pas d'inquiétude pour autant ! Les candidats à la présidentielle sont pleins de bonnes intentions. Eux aussi ont sorti leur calculette : à les entendre, ils vont tout régler comme par magie. À l'approche de 2027, ils veulent presque tous augmenter le salaire des profs. Glucksmann : +10 %. Les Écologistes : +15 %. Philippe : +20 %. Attal : +200 euros nets par mois. La surenchère ! Même Bruno Retailleau, pour Les Républicains, qui n'a pas pour habitude de sortir la tirelire aussi facilement, est prêt à faire un effort. Avec un élément particulièrement intéressant dans son raisonnement : il assume de financer la hausse des enseignants grâce aux économies permises par la baisse démographique. Il propose +135 euros nets par mois en début de carrière et jusqu'à +300 euros ensuite, pour un coût estimé à près de 2 milliards d'euros. En contrepartie, il prévoit notamment une présence accrue des enseignants dans les établissements. Et estime pouvoir financer la mesure notamment parce que la France compterait 1,7 million d'élèves de moins dans dix ans. Mais diable, pourquoi consacrer d'avance tout ou partie de cette situation démographique aux seules rémunérations ou aux économies budgétaires ? Bien sûr que le salaire des profs mérite d'être revalorisé. D'autant qu'il reste à la peine comparativement à celui de leurs voisins européens. Mais pourquoi ne pas profiter aussi de cette baisse historique des effectifs pour améliorer concrètement les conditions d'enseignement ? Moins d'élèves par classe, davantage d'accompagnement individuel, une meilleure inclusion des enfants en difficulté ou en situation de handicap, le maintien des écoles dans les territoires ruraux, davantage de moyens là où les résultats décrochent. Et, évidemment, des enseignants mieux rémunérés. Autrement dit, transformer la contrainte démographique en investissement éducatif. Car il faut se le dire : moins d'élèves ne devrait pas forcément vouloir dire moins d'école. Cela pourrait même être l'occasion d'en faire une meilleure. Et au prochain classement PISA, plutôt que de compter les élèves en moins, on pourrait enfin compter les places gagnées.

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