"Ce sont les gens du coin qui s'en sont occupés quand le mur s'est effondré." Et le président de l'association pour la sauvegarde du château de Montalet, Gérard Naud, en était déjà quand, en 1984, l'effondrement du mur a réveillé les consciences sur la valeur patrimoniale du monument (relire ici). Depuis, l'association a ouvert une voie pour faciliter l'accès au château, la commune y a amené l'eau et l'électricité et le travail, patient, des bénévoles a permis de sauvegarder des pans entiers du monument, et même plus. Alors qu'ils comptaient se lancer dans la restauration d'une terrasse, le chantier s'est arrêté net.
Le château est inscrit aux Monuments historiques depuis 1997. "En 2013, explique Gérard Naud, l'architecte des Bâtiments de France qui suivait notre travail est parti à la retraite." La DRAC (direction régionale des affaires culturelles, NDLR) a repris le dossier et "nous réclame une étude globale du château". Des appels d'offres ont été lancés, "on nous en demande 30 000 €".
En 2024, la visite de la DRAC sur site a abouti à un courrier. Les agents ont laissé finir les travaux en cours, mais ont bloqué les prochains dans l'attente de l'étude. "L'étude doit être menée par celle qui a réalisé l'étude du château d'Allègre, poursuit Gérard Naud. Elle doit être archéologique, architecturale et historique." Si l'association se réjouit d'en apprendre plus sur l'histoire du site et que le conseil d'administration de début janvier a bien retenu un prestataire, elle n'a pas les fonds pour mener l'étude et les travaux qui suivront. Elle s'acquitte déjà des impôts fonciers pour le compte des six propriétaires en indivision, qui ne vivent pas sur place.
"En tant qu'association, quand on lance une étude, on n'a pas le droit d'avoir des financements publics", constate Gérard Naud. Raison pour laquelle l'association lance une cagnotte, sur le site HelloAsso, en espérant atteindre les 50 000 €. "Pour l'étude et pour lancer des travaux." Par ricochet, avec des travaux à l'arrêt, les chantiers d'été de jeunes, sous l'égide de l'association Rempart, n'ont plus lieu non plus. Ce qui fait perdre à l'association les 900 € de subvention de la région Occitanie qui accompagnaient le chantier.
"On a mis un an de délai pour que la cagnotte soit abondée", espère Gérard Naud, et avec lui les plus de 80 adhérents de l'association, dont une part d'entre eux assure encore les visites, les jeudis de 8h à 16h, et les dimanches de 11h à 16h30. Ceci, aussi, afin d'espérer engranger de la trésorerie pour, un jour, poursuivre la restauration.
"Les priorités, ce sont les fissures, les infiltrations d'eau, montre le président de l'association pour la sauvegarde du château de Montalet. On avait contacté le CFA de Méjannes-lès-Alès qui, avec la Fondation du patrimoine, ont voulu s'investir ici. Ils auraient pu faire de la formation pratique. Mais on a essuyé un refus de l'État : pas de travaux. Même quand la Fondation du patrimoine nous a soutenus." En plus de voir sa cagnotte se remplir, l'association espère aussi, désormais, que les mois d'arrêt ne verront pas d'autre mur tomber…