À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le Musée de la Romanité inaugure son nouvel outil numérique : l’atlas archéologique de la ville de Nîmes. De plus et jour pour jour, cela fait trois ans que la Maison carrée est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco !
Conçu par l’Inrap ou Institut national de recherches archéologiques préventives, c’est à travers ce multimédia que l’on pourra découvrir, grâce à une cartographie interactive, la présentation des principaux sites archéologiques de la ville, des notices et des focus thématiques permettant de donner une vision synthétique des connaissances actuelles !
L’Inrap et la Ville ont signé une convention en juin dernier. Cette-dernière vise à faire de l’archéologie un moteur de connaissances, de transmission et de rayonnement pour la ville.
Il est certain que depuis plus de quarante ans, les archéologues et l’Institut accompagnent les projets urbains de la ville. Plus de 400 diagnostics et 140 fouilles préventives ont profondément renouvelé la connaissance archéologique du territoire. Elles ont révélé un patrimoine d’une richesse exceptionnelle, de la Préhistoire à l’époque contemporaine.
Nadia Goudard, conseillère municipale déléguée aux patrimoines culturels et à l’UNESCO, « Agréablement surprise par le nombre de personnes présente en ce début de feria ! Notre partenariat avait des objectifs de plan de gestion pour l’Unesco, nous avons des dispositifs, cet atlas était prévu pour le web, la Ville a tenu à le mettre en libre consultation au Musée de la Romanité, encore payant, mais il est dans le hall, libre d’accès. »
L’Institut national de recherches archéologiques préventives est un établissement public placé sous la tutelle des ministères de la Culture et de la Recherche. Il assure la détection et l’étude du patrimoine archéologique en amont des travaux d’aménagement du territoire et réalise chaque année quelque 1 800 diagnostics archéologiques et plus de 200 fouilles pour le compte des aménageurs privés et publics, en France métropolitaine et outre-mer. Ses missions s’étendent à l’analyse et à l’interprétation scientifiques des données de fouille ainsi qu’à la diffusion de la connaissance archéologique.
Nicolas de Larquier, conservateur du Musée de la Romanité, est heureux de l’arrivée dans ses locaux de cet outil moderne qui aide à mieux comprendre le passé, « L’enjeu du contexte est compliqué à amener dans un musée. Ici, l’atlas sera complémentaire de la visite et des objets présentés en vitrine. Cet outil de synthèse nous manquait, nous le mettons en fin de visite. Pour nous, c’est un vent de fraîcheur ! » Synthétique, efficace, empli de valeur.
Pour Jean-Yves Breuil, aujourd'hui chargé des relations avec les aménageurs à l'Inrap, « Nîmes a un patrimoine antique célèbre, il y a encore toute la ville roumaine en dessous, et on la découvre au gré des aménagements et des chantiers. D’ailleurs, je dois remercier nos partenaires privés qui jouent le jeu lors des chantiers, nos équipes, la DRAC… Tout cela permet de sauver le patrimoine enfoui sous la ville. »
Aménagement du territoire et fouilles archéologiques peuvent très bien fonctionner ensemble. En tout cas à Nîmes, c’est le cas et les deux avancent main dans la main au profit d’une histoire toujours mieux valorisée.
Et Jean-Yves Breuil de reprendre en expliquant. « Cet atlas est le fruit de près de 50 ans de fouilles, nous avons fait le choix de le concentrer sur le centre-ville et sa cinquantaine de fouilles emblématiques (NDLR 140 sur la commune). C’est un outil développé par l’Inrap, il en existe à Marseille et Reims, mais aussi sur le contournement de la LGV entre Nîmes et Montpellier. »
L’atlas résulte en une carte interactive. Des points rouges symbolisent les fouilles, en cliquant dessus, photos, videos et texte viennent agrémenter le savoir et le distiller de la meilleure manière. Descriptif, accessible, bien fait, cet atlas réuni l’essentiel et plus encore. Une fierté !
« Pour le public qui ne connaît pas Nîmes, le public peut avoir une belle idée du passé et les Nîmois peuvent savoir exactement où ont été trouvés les vestiges qui sont connus. Nous devons diffuser l’histoire et cet outil y participe de manière modeste. Nous sommes aussi allés au-delà de l’enceinte romaine pour aborder d’autres thèmes, notamment funéraire » assure Jean-Yves Breuil qui rappelle que plus de 150 mosaïques ont été découvertes à Nîmes depuis que l’on y fouille. Les peintures murales sont abordées, bref, vous l’avez compris, les choses ont été faites avec passion et amour d’un métier, d’une histoire.
Une rubrique, « découvertes remarquables » est à ne pas manquer si vous voulez enfin voir le buste d’un notable gaulois portraitisé à la romaine et redécouvert sur le Jean-Jaurès en 2023 mais qui est encore à l’étude. Idem pour le tapis de mosaïque de la rue Fernand Pelloutier, des stèles de gladiateurs... On y parle également du vin, des pratiques funéraires, du mobilier… L’histoire, c’est l’histoire de tout !
Aussi, les grandes périodes sont synthétisées afin que le public puisse survoler mais aussi aller dans les détails, y compris pour les périodes plus récentes. Des notices spécifiques sont à découvrir sur les éléments architecturaux en élévation, les habitations médiévales… « Nîmes illustre parfaitement le développement de l’archéologique de sauvetage puis préventive comme les fouilles de l’ancien théâtre. Nous rappelons aussi cette histoire, celle des partenariats que nous avons eu, au fil des décennies, avec les municipalités. »
L’Atlas rassemble et rend accessible cette documentation archéologique considérable, parmi laquelle figurent des résultats récents ou inédits, largement méconnus du public. Grâce à sa cartographie interactive, chacun peut découvrir ce que les archéologues ont mis au jour, parfois à quelques mètres de chez soi, et retrouver l'histoire qui se cache sous le paysage urbain actuel. Il est évident que ce travail de l’Inrap est évolutif et qu’il sera abondé par les nouvelles découvertes.
Atlas numérique en accès libre et consultable toute l’année aux horaires d’ouverture du musée.