Publié il y a 17 h - Mise à jour le 05.09.2026 - Anthony Maurin - 3 min  - vu 102 fois

NÎMES Vous avez vu la Vierge ?

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor.

« Je suis là un peu par hasard mais c’est vrai que ce tableau est imposant et bien peint ! », pense Natalia, Bulgare en séjour, à voix haute. Il est rare de croiser des Bulgares à Nîmes et encore plus à la cathédrale. Pour Philippe, un Nîmois : « J’ai vu que ce tableau était de retour alors et comme je ne le connaissais pas trop, je suis venu voir. Ma femme le trouve magnifique, je suis plus mesuré mais je dois avouer que la superficie est imposante. À l’époque, il devait faire son effet. »

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)
L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

Ils ne sont pas légion à s’en rendre compte mais ces quelques curieux, croyants et amateurs d’art, sont heureux d’avoir vu la Vierge. Des « visite-rencontre » exceptionnelles sont organisées pour découvrir les secrets de la restauration de « L'Assomption de la Vierge » peinte par Nicolas Mignard en 1647 pour le chœur de la cathédrale de Nîmes.

En effet, la cathédrale Notre-Dame et Saint-Castor de Nîmes accueille ce tableau après plus de dix ans de restauration. Pour bien célébrer ce retour, la DRAC Occitanie, les conservateurs-restaurateurs du CICRP et le service Ville d'art et d'histoire de Nîmes invitaient les gens à une visite-rencontre exceptionnelle, pour découvrir cette œuvre majeure ainsi que les enjeux patrimoniaux, les choix de conservation et les étapes qui lui ont permis de retrouver toute sa place au c(h)œur de la cathédrale. « J’ai vu mais il n’y avait plus de place, je suis déçue, j’aurais bien aimé en savoir plus mais les informations sur la toile sont quand même détaillées », relève un habitué des lieux, un peu dépassé par les réservations en ligne.

Cette œuvre monumentale, mesurant plus de 20 m², avait été commandée en 1647 par les chanoines pour orner le maître-autel de la cathédrale : ils avaient alors fait appel à un des peintres les plus connus en Languedoc, dit le « Mignard d’Avignon », qui s’inspire lui-même d’une œuvre de l’Italien Guido Reni, conservée à Gênes.

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)
L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

Le tableau a connu par la suite une histoire mouvementée, en partie brûlé, démonté et roulé pendant la Révolution, servant même de tapis d’après la tradition, avant d’être remis en place dans le chœur. Au milieu du XIXᵉ siècle, après plusieurs restaurations malheureuses qui en modifient la composition, il quitte la cathédrale pour être installé dans l’escalier de l’évêché (actuel musée du Vieux-Nîmes), où il demeure plus d’un siècle puis subit un incendie en 1987.

Redécouvert en 2008 dans les réserves des musées de la ville de Nîmes, il est transporté en 2015 au Centre interrégional de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) à Marseille, où il fait l’objet d’une étude laissée sans suite après 2016. Un chantier est enfin entrepris entre 2022 et 2025, mais s’avère long et complexe, nécessitant de faire appel à un comité scientifique, une imagerie et des analyses physico-chimiques pour accompagner les choix déontologiques de conservation, dérestauration et réintégration de la couche picturale.

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard, 1647, huile sur toile, 546,5cmx374 cm, est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor
L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

Il en résulte aujourd’hui une œuvre hybride : dans le registre supérieur, la Vierge entourée du cortège des anges témoigne de l’extrême raffinement de la peinture de Nicolas Mignard, tandis que le registre inférieur, beaucoup plus abîmé par les vicissitudes du temps, montre les apôtres autour du tombeau vide et concilie les différents états historiques.

Une famille est de passage pour le forum des associations. Se mettre au frais a permis à ces quatre personnes de faire leur découverte. « C’est vraiment joli ! », s’exclame Gabriel, un des deux enfants. « Chut ! », répond sa maman. « On avait chaud et comme nous venons souvent ici, nous sommes entrés. Ce tableau est impressionnant, finalement on a eu de la chance », poursuit-elle.

L’œuvre est propriété de l’État et a été classée au titre des monuments historiques en 1913. L’opération a été conduite sous la maîtrise d’ouvrage de l’État - DRAC Occitanie (conservation régionale des monuments historiques) pour un coût de 378 000 euros TTC et confiée à un groupement de conservateurs-restaurateurs spécialisés en peinture sur chevalet.

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)
L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

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