Publié il y a 4 h - Mise à jour le 18.09.2026 - François Desmeures - 4 min  - vu 114 fois

ÉDUCATION Rentrée globalement positive et mieux encadrée, selon l'inspecteur d'académie

Christophe Mauny, inspecteur d'académie - directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard

- François Desmeures

Le directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard (DASEN), Christophe Mauny, a dressé un bilan positif de la rentrée scolaire 2026, soulignant la baisse du nombre d'élèves par classe ou les résultats très corrects d'un département précarisé. Le Dasen annonce aussi un nouveau dispositif pour les élèves "poly-exclus" d'établissements scolaires.

"Au 18 septembre, le premier constat qui s'impose est celui d'une rentrée qui s'est effectuée positivement." En conférence de presse, ce vendredi matin, Christophe Mauny, directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), a principalement affiché sa satisfaction de voir "un professeur dans chaque classe, ou un remplaçant, à l'exception d'une absence annoncée le jour même" dans l'une des 2 770 classes du département du Gard. "Sur le second degré, des ajustements sont en train de s'opérer, mais ce n'est pas nouveau."

Christophe Mauny, inspecteur d'académie - directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard • François Desmeures

À la 6ᵉ position des départements les plus pauvres de France, "le Gard présente pourtant des résultats honorables", poursuit Christophe Mauny, avec "une évolution positive des résultats, de la maternelle au CM2". S'il existe encore un écart entre zones d'éducation prioritaire et hors éducation prioritaire, "les courbes se resserrent et l'écart se réduit".

Le Dasen vante ensuite les "outils de pilotage" dont se sont dotés les services de l'Éducation nationale, comme le fil des directeurs, source d'informations pour la fonction ; et un outil informatique où "en quelques clics, on peut identifier les écoles qui sont en difficulté pour les faire monter et celles qui font progresser leurs élèves. L'outil doit permettre un repérage, notamment de facteurs exogènes, comme l'absentéisme des élèves." Un absentéisme qui, "dans le premier degré, se règle à 75 ou 80 % avec les maires qui, eux, ont le pouvoir de demander les listes nominatives à la CAF. À Nîmes, grâce à cela, on a récupéré une centaine d'enfants."

Les services de l'Éducation nationale comptent mettre un accent particulier, en ce début d'année, sur les poly-exclus, soit les élèves qui connaissent deux exclusions d'établissement scolaire dans la même année. "Statistiquement, un élève de 6ᵉ exclu est un futur poly-exclu", souligne Christophe Mauny, qui dit s'apercevoir que les cas sont "de plus en plus jeunes".

"On a augmenté le nombre de conseils de discipline"

En plus de "dispositifs relais" et du "travail avec la protection judiciaire de la jeunesse" (PJJ), le Dasen a annoncé la création de deux "micro-structures pour le public poly-exclu en 4e et 3e, au collège Diderot d'Alès et à celui de Capouchiné, à Nîmes". Les structures "pourront accueillir 7 ou 8 élèves, pour lesquels les autres dispositifs ne fonctionnent pas". Dans le même temps, "on a augmenté le nombre de conseils de discipline", qui "ne vient pas en dernier recours". Mais la tenue d'un conseil permet de faire venir les familles, se satisfait Christophe Mauny. Mécaniquement, le nombre d'exclusions définitives a donc augmenté.

En matière d'école inclusive, Christophe Mauny a confirmé l'ouverture d'un Pôle d'appui à la scolarité (PAS) dans le nord du département et dit travailler à la même chose pour le sud. Avant de souligner "le décalage entre les moyens de l'Éducation nationale en début d'année et les besoins de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées), au fil de l'eau en cours d'année". Quand, sur les derniers exercices, l'école perdait 5 500 élèves, "on a reçu 1 600 notifications de plus", Christophe Mauny se demandant si, pour certains parents, il ne s'agissait pas d'une "demande plus proche du préceptoriat".

"On n'a pas attendu que les organisations syndicales s'expriment pour faire baisser le nombre d'élèves par classe"

La tendance longue que ce début d'année confirme, c'est la baisse démographique qui s'accentue sur les bancs de l'école. "D'ici 2035, projette le DASEN, on comptera 17 000 élèves de moins qu'en 2010 dans le premier degré. Cette année, sur les 568 écoles publiques et privées, on a 18 élèves de moins que l'an dernier en moyenne par école. Dans les 72 collèges, 140 de moins. Et dans les 30 lycées, 300 de moins."

De quoi en profiter pour augmenter le taux d'encadrement et faire baisser l'affluence dans les classes, comme le réclament les syndicats d'enseignants gardois ? "Mais je suis tout à fait d'accord avec eux, s'amuse Christophe Mauny. Nous en avons profité : le taux d'encadrement est en hausse, avec 21 élèves de moyenne par classe au primaire. Dans les années 70, c'était plutôt 28 à 29 élèves. Au niveau départemental, on n'a pas attendu que les organisations syndicales s'expriment pour faire baisser le nombre d'élèves par classe." 

École de Manduel : "C'est l'ordonnance d'un juge administratif que je ne souhaite pas discuter et qui m'oblige"

Mais l'affaire qui embarrasse actuellement la direction des services départementaux de l'Éducation nationale, c'est celle de l'école de Manduel où la directrice nommée (relire ici), qui avait été mise de côté par le rectorat, doit être réintégrée après décision du tribunal administratif en référé, le 16 septembre, et en attendant que l'arrêté incriminé soit jugé sur le fond. "C'est l'ordonnance d'un juge administratif que je ne souhaite pas discuter et qui m'oblige. Je n'en dirai pas plus", a clos Christophe Mauny, qui s'est limité à ajouter : "On va organiser un accompagnement à l'école." 

Enfin, interrogé sur les dispositifs éventuels pour faire face aux prochaines chaleurs extrêmes, et alors que les températures de la semaine dernière ont donné lieu à une forme de cafouillage dans les lycées nîmois, Christophe Mauny a renvoyé à la discussion avec les propriétaires des bâtiments, pour trouver une amélioration thermique. Et aux chefs d'établissement la possibilité d'arrêter les cours. "Si les années se suivent et se ressemblent, il faudra une autre organisation", a concédé l'inspecteur d'académie, qui a aussi insisté sur le besoin de climatiser certaines écoles.

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