Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.09.2026 - Anthony Maurin - 5 min  - vu 64 fois

NÎMES EN FERIA Carmen, Roca Rey et un triomphe qui lance les Vendanges

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)

Sortie en triomphe d'Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)

Corrida Carmen de Jandilla (2), Victoriano del Rio (3) et Cortès (1) pour un mano a mano entre Alejandro Talavante (silence, silence et silence) et Andrés Roca Rey (applaudissement, deux oreilles et oreilles). Vuelta al ruedo pour Verbenero (Jandilla) le quatrième de la tarde.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Sortie en triomphe d'Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)

Après l’essai 2025, la corrida Carmen est transformée pour s’inscrire dans la continuité. Elle ouvre la feria des Vendanges et propose un spectacle taurin, certes, mais aussi artistique.

L’an passé, l’auteur de l’affiche des ferias, Jules Milhau, avait eu l’honneur de s’impliquer dans le projet de la corrida Carmen qui fut une réelle réussite artistique. Cette année, point de Rudy Ricciotti pour la Carmen. C’est à Muriel Goro, peintre, céramiste et sculptrice installée à Lunel que la décoration de la course est confiée.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
La corrida Carmen était dessinée par Muriel Goro (Photo Anthony Maurin)

Des couleurs qui jaillissent et qui vivent leur plus belle vie, une énergie communicative et une grande liberté dans sa manière d’aborder la création. Son imaginaire chatoyant et contemporain dialogue avec l’intensité révélée sur le sable des arènes.

Musiques et danses viennent agrémenter le moment.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Corrida Carmen (Photo Anthony Maurin)

En piste alors que le dessin s’estompe, deux maestros pour un affrontement intense. Enfin, c’était prévu sur le papier. Alejandro Talavante et Andrés Roca Rey se connaissent bien mais ont toujours des choses à se dire et à raconter aux tendidos qui aiment la competencia des grands. Les trois ganaderias reviennent à Nîmes moins d’un an après leur dernier passage ici.

À quelques heures du paseo, Casas & Co, l’empresa, envoyait un communiqué de presse. « À la suite des réserves émises en début de semaine et après consultation de la Commission Taurine Extra-Municipale de la Ville de Nîmes, les deux toros d’El Freixo initialement prévus ont été retirés et remplacés par deux toros de Victoriano del Río. »

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Alejandro Talavante (Photo Anthony Maurin)

Alejandro Talavante a pris ses habitudes, saison après saison. Depuis des années, il est installé confortablement dans l’escalafon et sa routine lui permet de rester dans le top des figuras actuelles. Pourtant, on a connu un Talavante plein de génie et de fougue, de talent et de vaillance. On attend de le retrouver et on se dit qu’une telle course peut lui donner cette envie. Et on peut d’ores et déjà vous dire qu’il a encore raté le coche. Que dire d’un Talavante qui torée facilement, sans fioritures mais sans transmission. C’est dommage ! Avoir une telle main, un poignet aussi doux. Mais Talavante n’est pas là, pas avec nous et ses multiples envois à l’épée le disqualifient. Silence face à ce Victoriano del Rio.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Alejandro Talavante (Photo Anthony Maurin)

Deuxième toro pour le natif de Badajoz et l’espoir renaît. Rappelons tout de même que le maestro a eu des opportunités, 22. 22 corridas à Nîmes ! Bilan purement comptable ? 20 oreilles coupées et une seule et unique porte des Consuls ! C’est un peu court n’est-ce pas ? Il tombe sur un Jandilla qui bouge bien et qui pousse au cheval. Alejandro Talavante fait passer et repasser un toro mais rien ne se passe. Ses courbes sont machinales, le sens est vidé, le toreo est transparent. Silence, encore.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Alejandro Talavante (Photo Anthony Maurin)

Cinquième exemplaire de la tarde pour un Talavante des grands soirs. Talavante ne fera même pas le strict. Silence, encore et toujours… Encore une lidia assez pathétique quand on a connu le feu qui émanait du maestro. On n’a pas tout compris à ce qui s’est passé au moment d’attaquer la faena mais l’Espagnol s’est peut-être mis à bouder. En tout cas, les tendidos auraient pu être plus « piquants » que cela ! Encore derrière le torero alors qu’il ne lui avait strictement rien donné, le public espère une ultime fois, quelques secondes et puis tout s’effondre. Rien. Silence, donc et une nouvelle petite déconvenue à l’épée.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)

Andrés Roca Rey a connu une semaine longue, lourde et dure. Samedi, pour la goyesque d’Arles, le Péruvien a eu droit à un terrible accrochage, heureusement sans gravité mais qui fut physique et psychologiquement âpre à digérer. Il est resté plus de 15 secondes accroché dans le berceau, une corne prise dans le chaleco puis la chaquetilla… Son corps meurtri doit encore avoir des reflets multicolores tant il était bleui le soir même. Quel torero ! Quel pundonor. Il débarque à Nîmes dans une ambiance similaire à celle d’Arles et on a pu revoir un Roca redevenir roi. Quel torero ! Mais nous y reviendrons… La course mettra du temps à se lancer, le Péruvien écoutera quelques applaudissements après avoir combattu son Victoriano del Rio. Toujours technique et sérieux, il essaie de bien faire mais le toro ne donne pas assez. Applaudissement.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)

Avec son deuxième, Andrés Roca Rey veut sans doute titiller son compañero de cartel. Le Péruvien a pris son alternative dans ces arènes il y a 11 ans et depuis ? 12 corridas,14 oreilles et, comme Talavante, une seule porte des Consuls ! C’est encore trop peu pour une telle machine de guerre. Verbenero de Jandilla, un bon toro qui sera primé d’une vuelta al ruedo à l’issue du duel, déboule en piste. Sa charge vaut tout l’or du monde et Roca Rey l’a vite compris. Il met les formes pour valoriser le cornu tout en se faisant plaisir et en montrant aux étagères ce que toréer à Nîmes veut dire. Si Talavante ne le sait pas ou plus, voici ce que veut l’aficion réboussière ! On a retrouvé Roca Rey ! Il a tout donné. Ses regards, ses pas d’ajustement, ses mises en suerte, ses murmures à lui-même. Il se passe le toro dans le dos, le récupère à genoux puis lui fait prendre son envol en fin de série. Une tauromachie simple, efficace, idéalisée mais idéale quand même. Roca Rey a regagné, ici, la confiance de tout Nîmes ! Enfin, on a vu et revu un très grand. Une épée, deux oreilles et un mouchoir bleu, logique en tout, pour tout.

Corrida Carmen de Jandilla, Victoriano del Rio  et Cortès pour un mano a mano entre Alejandro Talavante  et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)
Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin)

Dernier toro de la course. Un de chez Cortés que le maestro veut voir. Il va vite comprendre qu’il faudra encore se mettre en danger pour grappiller la sortie a hombros via la porte des Consuls. Mais, cette fois plus que bien souvent, Roca Rey semble avoir envie. Il va se mouiller. Il va mettre la jambe et avancer. Mais, quand on torée ainsi, l’aventure peut tourner au drame. Ou… assoir le succès. Arles l’a vu blanc, Nîmes le verra en mauvaise posture. Le toro l’embarque, Roca Rey est vulnérable, au sol, les cornes face à lui. Une roulade en deux temps, le toro s’arrête par miracle. Roca Rey se relève et continue son festival avec l'adrénaline taurine. Les arènes l’en félicitent, c’est un torero comme on en voit peu. Nîmes le savait, elle le sait à nouveau. Un torero fait dans un bois noble, un maestro bâti dans la roche, un homme au grand cœur. Oreille et sortie en triomphe, évidemment.

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