Publié il y a 20 h - Mise à jour le 05.09.2026 - Anthony Maurin - 5 min  - vu 65 fois

GARD Apprendre la langue pour apprécier l’altérité

Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)

Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)

En Occitanie, plus de 420 classes utilisent déjà KOKORO lingua, ce sont des enfants qui y font découvrir la langue à d'autres enfants, en écoutant, imitant, jouant et répétant avec des locuteurs natifs de leur âge.

Photo d'illustration (Photo archives Anthony Maurin).

KOKORO lingua est une EdTech franco-suisse fondée par Nathalie Lesselin et développée entre Neuchâtel et Paris, rien de Gardois, certes, mais cela pourrait bien aider quelques personnes désireuses d’avancer en langues étrangères. Le nom de la méthode le dit : kokoro signifie cœur en japonais. Sa méthode fait découvrir les langues aux enfants par d'autres enfants qui les parlent, les Kokoro Kids. Destinée aux 3-8 ans en famille et utilisable jusqu'à 11 ans en classe, elle accompagne plus de 800 000 enfants, dans plus de 14 000 classes et plus de 20 pays. Applicables dès cette rentrée en CP et en CM1, les nouveaux programmes de langues vivantes placent l'oral et l'action au fondement de l'apprentissage à l'école élémentaire.

Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)
Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)

Selon les évaluations du ministère de l'Éducation nationale (DEPP), en fin de CM2, à peine plus d'un élève sur deux atteint le niveau A1 attendu en anglais. C'est précisément ce niveau que les nouveaux programmes fixent comme objectif à la fin du primaire. Un défi qui se joue dès les premières années, où l'anglais est enseigné par des professeurs des écoles polyvalents, qui ne sont pas des spécialistes de la langue et ne se sentent pas toujours à l'aise pour la faire parler. Comment exposer les élèves à une langue authentique et, surtout, les amener à s'exprimer ? La question se pose dans chaque classe dès ce mois de septembre.

Photo d'illustration. • Photo : Norman Jardin.

En Occitanie, des équipes y répondent déjà avec KOKORO lingua et plus de 420 classes de la région utilisent la méthode, dont plus de 210 dans le cadre du programme Territoires numériques éducatifs. Et la méthode est présente dans les treize départements de la région, du littoral aux zones de montagne. Le déploiement s'étend sur l'ensemble du territoire régional avec près de 40 dans le Gard.

« Voir KOKORO lingua grandir aujourd'hui dans les écoles d'Occitanie a une résonance particulière. C'est une région où plusieurs langues cohabitent depuis toujours, des Pyrénées à la Méditerranée, et où l'on sait qu'apprendre celle de l'autre n'enlève rien à la sienne. C'est exactement dans cet esprit que notre méthode trouve sa place », relève Nathalie Lesselin, fondatrice de KOKORO lingua.

Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)
Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)

C'est sur ce terrain qu'intervient KOKORO lingua, avec une idée simple : faire découvrir une langue aux enfants par d'autres enfants qui la parlent. Cette approche prend vie avec les Kokoro Kids, de jeunes locuteurs natifs qui partagent leur langue à travers des vidéos courtes et des situations du quotidien. Avec eux, les enfants comptent, cuisinent, explorent, jouent et bougent dans la langue. Les mots ne sont pas appris isolément, mais associés à des gestes et à des situations qui leur donnent du sens.

Trois à quatre fois par semaine, quelques minutes à chaque fois : un rythme qui correspond à celui que prévoient les nouveaux programmes. L'apprentissage commence dès trois ans, en maternelle, dans la continuité de l'éveil à la diversité linguistique, et la méthode se décline aussi en espagnol, en allemand et en français.

(Photo d'illustration : Anthony Maurin).

Face aux interrogations légitimes sur le temps d'écran, la méthode a été pensée comme un usage collectif et accompagné : quelques minutes par séance, en classe entière, sous la conduite de l'enseignant, et l'essentiel du temps passé debout, à répéter, jouer et bouger. L'écran est une fenêtre ouverte sur un autre enfant, pas un tuteur qui remplace l'adulte ni une application que l'enfant utilise seul. Les nouveaux programmes citent d'ailleurs les courtes vidéos parmi les supports sur lesquels s'appuie une séance de langue.

Derrière cette approche, une conviction portée par Nathalie Lesselin : un enfant retient mieux ce qu'il vit et ressent. Les neurosciences le confortent. Avant huit ans, le cerveau perçoit et reproduit les sonorités d'une langue avec une facilité qu'il perdra ensuite, et c'est la répétition, associée à l'émotion et au contexte, qui ancre le plus solidement la mémorisation.

classe Ulis Les Angles
Photo d'illustration. • Erwan Robert

« Parler la langue de l'autre, c'est se rapprocher de lui, au-delà des frontières. Et à l'heure de l'intelligence artificielle, nous n'avons jamais eu autant besoin de tisser des liens entre enfants, entre humains », assure Nathalie Lesselin.

En classe, l'enseignant n'a pas besoin de devenir professeur d'anglais pour amener les élèves à prendre la parole. Il conduit la séance, installe le rituel, encourage et fait répéter, tandis que la vidéo expose les enfants à une langue parlée par d'autres enfants du même âge. Un moment joyeux et ludique, partagé par toute la classe.

« Cette méthode me permet de ne pas me sentir en danger professionnel, car je ne me sens pas à l'aise pour l'éveil aux langues, je suis très complexée par mon niveau d'anglais. Kokoro a été LA solution », affirme une enseignante utilisatrice de la méthode.

Photo d'illustration.

Selon l'enquête menée auprès des enseignants utilisateurs dans le cadre du programme Territoires numériques éducatifs, 86 % des enseignants observent que leurs élèves osent parler spontanément et 85 % constatent des progrès en expression orale. 90 % déclarent un impact positif sur leur satisfaction professionnelle.

KOKORO lingua a été sélectionnée par le ministère de l'Éducation nationale dans le cadre du programme Territoires numériques éducatifs, l'une des réponses apportées par l'État à l'équipement pédagogique des écoles.

Elle s'y classe deuxième ressource la plus activée parmi les 69 proposées et affiche le premier taux de réabonnement du programme.

Rentrée scolaire 2026 (Photo Anthony Maurin)
Photo d'illustration (Photo Archives Anthony Maurin).

L'accès à la méthode est payant, comme la plupart des ressources numériques éducatives. Selon les situations, il est financé par la commune, par l'école sur son budget, par les familles pour un usage à la maison, ou partiellement pris en charge dans le cadre du programme Territoires Numériques Éducatifs.

En France, plus d’une centaine de communes ont aujourd'hui choisi de financer directement son déploiement dans leurs écoles. Une initiative encore rare, qui permet aux équipes enseignantes de disposer d'une ressource complémentaire pour faire vivre l'anglais au quotidien.

EdTech franco-suisse développée entre Neuchâtel et Paris, KOKORO lingua accompagne plus de 800 000 enfants dans plus de 14 000 classes et plus de 20 pays. Imaginée autour de l'anglais, elle permet aujourd'hui aussi à des enfants d'apprendre le français : en Ouzbékistan, plus de 1 000 classes de maternelle l'utilisent avec le soutien de l'ambassade de France et du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

salle de classe lycée sainte marie
Photo d'illustration • photo Marie Meunier

D'un pays à l'autre et d'une langue à l'autre, l'ambition reste la même : donner à un million d'enfants le goût d'apprendre et de s'ouvrir à la langue de l'autre. Mais derrière les chiffres, le meilleur moyen de comprendre KOKORO lingua reste encore de le voir à l'œuvre.

À partir de la mi-septembre, une fois les premiers rituels installés, les journalistes qui souhaitent assister à une séance dans une école de la région, observer les élèves prendre la parole et échanger avec les enseignants peuvent en faire la demande auprès du contact presse. Chaque visite s'organise au cas par cas, avec l'établissement concerné et dans le respect des autorisations requises.

Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)
Rentrée scolaire Nîmes 2026 (Photo Anthony Maurin)

Publiés au Bulletin officiel du 19 mars 2026, ils s'appliquent dès cette rentrée en CP et en CM1, puis en CE1, CE2 et CM2 en 2027. Ils fixent le niveau A1 à la fin du primaire et prévoient 90 minutes hebdomadaires en séances de 20 à 30 minutes. La perspective "actionnelle" y est privilégiée et met en évidence le lien « entre le dire et le faire » : les exemples officiels sont des recettes, du calcul mental ou des activités physiques menées en anglais.

La médiation devient une activité langagière à part entière et place les élèves « en position de médiateurs ». Les programmes soulignent enfin qu'oser parler une langue nouvelle aide « à mieux exprimer ses émotions et à gagner en confiance », et qu'un locuteur natif contribue à « exposer les élèves à une langue authentique. »

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Sud, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifsud.fr
Anthony Maurin

Éducation

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio