Face au volte-face de l'Éducation nationale, des parents d'élèves et enseignants du lycée Lucie-Aubrac de Sommières ont décidé de faire entendre leur voix et leur mécontentement. Mobilisés lors de chaque année scolaire au sein du conseil d'administration, ils apprennent début juillet que toutes les classes sont maintenues pour la rentrée. Une nouvelle qui les satisfait pleinement, avant d'apprendre l'inverse à la fin du mois d'août.
Le rectorat annonce la fermeture d'une classe de 1ère générale par manque de professeurs, une année charnière pour tous les futurs candidats au baccalauréat. Cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Ainsi, c'est 182 élèves qui sont donc partagés en cinq classes au lieu de six, portant les effectifs à 37 par classe. Des conditions qui fragilisent l'apprentissage mais également l'enseignement des professeurs. "Et on va tout faire pour qu'elle rouvre", annonce Guillemette Ollivier, enseignante.
"Comment voulez-vous que les jeunes apprennent correctement avec des classes pareilles ? Et nous, on ne peut pas faire notre métier correctement", lance Saïd Azziz, professeur de mathématiques au sein du lycée. Et la donne pourrait être encore plus dramatique pour les élèves en difficulté ou en situation de handicap : "Peut-être que je devrais aller m'acheter une petite chaise de camping pour pouvoir m'asseoir à côté du jeune que j'accompagne", ironise tristement une AESH de l'établissement.
De plus, l'incompréhension est encore plus marquante, au vu de la capacité que peut accueillir l'établissement : "Certains jours, la moitié des couloirs est vide parce qu'on manque de personnel", précise Saïd Azziz. Son collègue Nicolas De Craene, enseignant en histoire-géographie mais également élu sur Villevieille et au Pays de Sommières, se questionne sur tout l'argent investi dans l'établissement. "La Région et d'autres ont fait énormément d'efforts financiers pour construire ce lycée. On a la place, on pourrait avoir des tailles de classe respectables, et en plus on pourrait faire des économies en n'en fermant aucune."
De plus, le jeune Matahi (15 ans) a été refusé de l'établissement et figure sur une liste d'attente, par manque de place. "Il était en seconde à Lucie-Aubrac l'an dernier, et ils lui ont proposé d'intégrer le lycée Dhuoda à Nîmes. Il a refusé et n'a donc pas fait sa rentrée", explique sa maman, qui assure que s'il n'est pas accepté dans l'établissement sommiérois, il suivra des cours à domicile. Ils sont quatre dans cette situation, habitant pourtant dans le périmètre de recrutement.
Les professeurs voient la situation comme un sacrifice de l'enseignement et des futurs jeunes adultes, et estiment que l'État joue sur la conscience professionnelle des enseignants. En attendant, la mobilisation va continuer, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée.