À l’occasion des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil départemental du Gard s’associe aux commémorations nationales du Débarquement, de la Libération et de la Victoire. C’est une plongée dans l’histoire gardoise en temps de guerre. À travers objets, œuvres d’art, documents d’archives écrits, figurés, oraux ou encore animés, souvent inédits et rarement montrés au public, l’exposition invite à redécouvrir cette période à hauteur d’hommes et de femmes : résistants, victimes de la répression, soldats ou simples civils, pris dans la tourmente du conflit, entre souffrance, espoir et engagement.
Avec cette exposition, les Archives départementales proposent de revisiter cette histoire à travers des sources d’une grande richesse, publiques et privées. Une occasion unique de comprendre comment la guerre a bouleversé les vies des Gardoises et des Gardois, mais aussi transformé la gouvernance du département. Cette exposition a obtenu le label Mission Libération de l'État.
Dans le cadre de l’exposition « Le temps de la guerre – 1939-1945 dans le Gard », les Archives départementales du Gard organisent un cycle de conférences jusqu’en mai 2027. À cette occasion, l’exposition est également accessible le samedi après-midi. Historiens, chercheurs et témoins viendront explorer les multiples visages de la Seconde Guerre mondiale, à travers des approches locales et nationales.
De la politique de Vichy aux parcours de résistants gardois, de la mémoire des déportés aux figures exemplaires de la Résistance, ces rendez-vous invitent à une réflexion collective sur l’histoire, la mémoire et les valeurs de liberté. Chaque conférence, organisée un samedi à 14h à l’auditorium des Archives départementales, offre un regard documenté et accessible sur une période qui continue d’interroger notre présent.
La conférence consacrée aux figures exemplaires de la résistance dans le Midi sera animée par Michaël Iancu, docteur en histoire, directeur de l’Institut universitaire Maïmonide-Averroès-Thomas d’Aquin de Montpellier et délégué régional du Comité français pour Yad Vashem.
La Résistance sera abordée au prisme de l’engagement et du parcours admirable de quatre personnalités...
Le médiéviste novateur, cofondateur de l’École des Annales, l’historien Marc Bloch (1886-1944), qui fit l’éprouvante expérience de l’antisémitisme. Le germaniste Edmond Vermeil (1878-1964), qui a passé son enfance à Congénies dans le Gard, appelé à devenir un « Européen », engagé dans le mouvement de résistance Liberté fondé en 1940. L’homme de science et futur prix Nobel de physique Georges Charpak (1924-2010), élève au lycée de Montpellier avant d’être déporté à Dachau pour faits de résistance. Et, enfin, Simone Demangel (1903-1995), qui, engagée sous le nom de « Pauline », portait des messages à différents réseaux et aidait des réfugiés juifs à rejoindre l’Espagne.
Ancien maître de conférences à la faculté d’Études européennes de l’université Babes-Bolyai de Cluj, en Roumanie (2006-2012), Michaël Iancu est chercheur associé au Centre de recherches interdisciplinaires en sciences humaines et sociales (C.R.I.S.E.S.) de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 et chargé de cours dans cette même université.
Hormis de nombreux articles parus dans des ouvrages collectifs, des revues scientifiques et des actes de colloques, il est l’auteur de plusieurs ouvrages.
En décembre 2019, il se voit décerner le prix Georges Frêche Université Sud de France. Il publie ensuite, en 2021, en codirection, Présence juive en Bas-Languedoc médiéval, Dictionnaire de géographie historique (éd. Cerf Patrimoines). Depuis 2024, il est membre du comité scientifique des Archives communales de Montpellier.