Les premiers travaux d'urgence sur les ruisseaux couverts ont enfin débuté cette année, comme le président du SIVU (syndicat intercommunal à vocation unique) l'avait annoncé à Objectif Sud, en mai dernier (relire ici). Les deux premiers tronçons du ruisseau de la Forge, qui aboutit dans la Cèze, à Bessèges, ont été sécurisés du fait du risque d'effondrement, le tronçon 2 étant désormais totalement découvert comme un ruisseau de pleine nature. Un ruisseau qui passe sous une petite centrale électrique, avant de descendre dans la ville.
Depuis l'effondrement du ruisseau de Rochessadoule, en 2012, et la création du SIVU des ruisseaux couverts, en 2019, le travail n'a pas cessé entre enquête et diagnostics des ruisseaux, notamment menés par des élèves de l'école des mines d'Alès, ou encore modélisation en 3D de 37 ouvrages sur 40 (les trois derniers devant être étudiés avant la fin de l'année).
Les conseils du sous-préfet d'Alès d'alors, Jean Rampon, ont donc porté, lui qui avait suggéré au maire de Robiac-Rochessadoule, Henry Chalvidan, de créer une SIVU pour attirer des fonds extérieurs, quand certains maires craignaient, alors, que le syndicat permette à l'État de se décharger du problème. Or, les travaux d'urgence intervenus en septembre sur le ruisseau de la Forge, à Bessèges, ou de Brousse-Varin, à Molières-sur-Cèze, ont été financés par une DETR (dotation d'équilibre des territoires ruraux) débloquée par la préfète. Quant aux investissements, entre 2022 et 2025, ils ont été couverts à 80 %.
"Les deux tronçons de la Forge sur lesquels ont été faits les travaux ne représentent pas un grand linéaire, relativise Henry Chalvidan auprès de la préfète du Gard, et ils sont assez proches de la surface. On les a sécurisés avec une surverse, en cas d'accident. Cela permet d'éviter, à l'aval, une inondation massive." Car, en 2014, l'obstruction partielle du ruisseau à l'aval avait incité l'eau à soulever la dalle de l'usine sous laquelle passe le ruisseau et à inonder l'usine, encore partiellement occupée.
Sur place, c'est Gérard Pécon, chargé de mission du SIVU et retraité des Charbonnages de France, qui explique ce qui a été transformé à Fabienne Decottignies, notamment le déplacement du chemin DFCI (défense de la forêt contre l'incendie). Le président du SIVU explique avoir fait poser des interdictions d'entrée à chaque ruisseau couvert. Des actions de sensibilisation des habitants ont également eu lieu. "Le tronçon 3 du ruisseau de la Forge reste le plus critique", souligne Gérard Pécon. "Les travaux d'urgence ont eu lieu en priorité à Bessèges, explique Lolita Arrighi, cheffe de service de la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) dans les Cévennes, car c'est habité à l'aval".
À Molières-sur-Cèze, c'est une route qui passe sur un ruisseau couvert qui menaçait de s'effondrer. "Les travaux ont permis de sécuriser la route, reconnaît la maire, Florence Bouis, mais cela ne sécurise pas le ruisseau en lui-même." À ces rafistolages d'urgence doit donc succéder, désormais, un plan élaboré. D'où l'importance de ce cinquième comité de pilotage du SIVU, qui servait à prendre connaissance du programme d'études préalables au PAPI.
"Le PAPI est plus qu'en route, a tenu à rassurer Henry Chalvidan en introduction du comité de pilotage. Nous faisons des points réguliers avec la DDTM. On aimerait bien le finir au premier trimestre de 2027, histoire de disposer du PAPI au 1ᵉʳ janvier 2028." Une instruction de près de quatre mois est nécessaire après dépôt du dossier.
"Déjà on aura le porter à connaissance (PAC) d'ici la fin de l'année, se réjouit Florence Bouis à l'issue de la réunion. Un PAC qui s'appuie réellement sur nos études, et ne présente pas des gros pixels comme celui des feux de forêt réalisé avec des photos satelite. Il montre l'emprise et les risques réels. Et il sera évolutif, en fonction de ce qu'on ajoute comme étude."
Fabienne Decottignies a souligné le "moment charnière" des ruissseaux couverts, "sujet sur lequel j'ai été immédiatement sensibilisée". "Il faut concrétiser tout ce travail à travers le PAPI, a poursuivi la préfète du Gard, et définir une stratégie pour les dix ans qui viennent." Et ce même si le PAPI est prévu pour durer six ans...
Au cours de la réunion, "l'État s'est prononcé pour une participation à hauteur de 50 %, relate Florence Bouis. Mais si 50 % doivent provenir des communes, on ne pourra pas faire." Henry Chalvidan espérait, en mai, qu'un fonds de concours soit validé. "Mais on n'en est pas là", ajoutait-il. Toujours pas, semble-t-il…