Le projet LIFE Terra Musiva (Terre de mosaïque) fait partie des 52 projets européens retenus en novembre 2021 par la Commission européenne. D’une durée de cinq ans et porté par neuf partenaires associés, il vise à renforcer la conservation de la biodiversité d’intérêt communautaire de six sites Natura 2000 du territoire des garrigues gardoises.
À l'occasion des septièmes Convergences botaniques, organisées à Grenoble en septembre dernier, le Syndicat mixte des gorges du Gardon (SMGG), le Conservatoire d'espaces naturels d'Occitanie (CENO) et Les Écologistes de l'Euzière ont présenté le travail réalisé dans le cadre du LIFE Terra Musiva pour la mise en place d'une protection réglementaire sur les ripisylves du Gardon et de la Cèze.
L'objectif est de montrer comment les connaissances botaniques peuvent devenir un véritable outil d'aide à la décision et contribuer directement à la protection des milieux naturels.
Organisées par la Société botanique d'Occitanie, en partenariat avec l'association Gentiana et le Conservatoire botanique national alpin, les Convergences botaniques rassemblent des botanistes de différents horizons autour de présentations et d'échanges consacrés à de nombreux domaines de la botanique.
C'est pour témoigner de « l'application concrète de la botanique à la gestion des milieux naturels », que le SMGG, le CEN Occitanie et Les Écologistes de l'Euzière ont présenté le travail réalisé dans le cadre du LIFE Terra Musiva, pour la protection des ripisylves du Gardon et de la Cèze.
Ces forêts qui bordent les cours d'eau jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes. Pourtant, elles restent menacées par certaines pratiques, notamment les coupes rases. Dans le cadre du LIFE Terra Musiva, un travail a donc été engagé pour mieux connaître ces habitats et renforcer leur protection.
Le projet s'est d'abord appuyé sur une étude botanique des ripisylves du Gardon, de la Cèze et de leurs affluents. Les prospections de terrain ont permis d'identifier et de cartographier l'habitat d'intérêt communautaire des « forêts galeries à Saules et Peupliers blancs ». L'état de conservation de ces boisements a ensuite été évalué à partir de plusieurs critères, dont la structure de la végétation, sa composition et les dégradations observées.
Ces connaissances ont constitué le socle scientifique du projet d'arrêté préfectoral de protection des habitats naturels (APPHN). Elles n'ont pas seulement permis de justifier la mise en place d'un APPHN, mais ont été particulièrement utiles pour délimiter le périmètre de protection et construire un règlement adapté aux enjeux.
Les deux APPHN (« Ripisylves du Gardon et de ses affluents, de la Gardonnenque au Rhône » et « Ripisylves de la Cèze et ses affluents, de Saint-Ambroix au Rhône »), prises en mars 2026, prévoient notamment des dispositions encadrant les pratiques sylvicoles : interdiction des coupes rases, limitation des prélèvements, maintien d'une certaine homogénéité des coupes et conservation des arbres de gros diamètre.
Cette démarche montre que la botanique ne se limite pas à inventorier les espèces ou à décrire les habitats. En produisant des connaissances précises sur les milieux naturels, elle permet d'orienter les décisions, de guider la définition de mesures de protection et de contribuer à leur mise en œuvre.
La présentation de ce projet bien gardois aux Convergences botaniques était aussi l'occasion de partager une démarche qui pourrait être adaptée à d'autres territoires au bénéfice d'autres habitats. Dans cet esprit, le SMGG et ses partenaires élaborent un cahier technique consacré à l'ensemble de la démarche. Conçu pour faciliter des initiatives similaires conduites par d'autres gestionnaires à partir du retour d'expérience issus du LIFE Terra Musiva, il détaillera les différentes étapes du projet, les méthodes et moyens mobilisés ainsi que les enseignements tirés de sa mise en œuvre.