Le projet AGRIPOWER vise à développer des systèmes intelligents permettant d’optimiser l’efficacité des installations agrivoltaïques. Il s’appuie sur plusieurs expérimentations pilotes ainsi que sur des travaux d’analyse des enjeux environnementaux, socio-économiques et techniques, menés en France et en Espagne.
À cette fin, un examen méthodologique détaillé est prévu, suivi d’une série d’essais pilotes, ainsi que d’un mécanisme de soutien aux producteurs et de la production d’un rapport contenant des recommandations politiques. Les objectifs principaux du projet sont de développer des systèmes agrivoltaïques intelligents pour maximiser leur rendement énergétique tout en préservant les activités agricoles traditionnelles.
Le but sera d’explorer le potentiel de l’agrivoltaïsme pour répondre aux défis de la transition énergétique et accroître la compétitivité des exploitations agricoles. On parle aussi de conduire des essais pilotes sur le terrain pour évaluer la faisabilité et les avantages de l’agrivoltaïsme dans différents contextes agricoles. Enfin, établir un mécanisme de soutien aux producteurs intéressés par l’adoption de cette technologie novatrice est une nécessité, tout comme produire un rapport exhaustif contenant des recommandations politiques pour favoriser le déploiement de l’agrivoltaïsme dans notre région.
L’étude rigoureuse de ces systèmes représente une opportunité innovante pour relever quatre défis majeurs. La transition énergétique ; la revitalisation des économies rurales, compétitivité des exploitations agricoles et diversification des revenus ; l’adaptation des activités agricoles et d’élevage au changement climatique et la souveraineté alimentaire et compatibilité entre l’énergie et l’utilisation des terres agricoles. La zone transfrontalière dispose d’un potentiel important pour le développement des systèmes agrivoltaïques, compte tenu de sa bonne situation géographique pour l’utilisation des énergies renouvelables et de l’importance du secteur primaire, dont le maintien dans des conditions concurrentielles est un enjeu stratégique.
Dans le cadre du partenariat entre la Fédération gardoise des vins IGP et Amarenco, notre territoire accueillait une rencontre du consortium européen AGRIPOWER, consacrée aux enjeux de l'agrivoltaïsme et à l'adaptation de l'agriculture aux défis climatiques et énergétiques.
Cette journée a réuni des acteurs européens issus du monde agricole, de la recherche, des énergies renouvelables et du développement territorial afin d'échanger autour des solutions permettant de concilier production agricole, résilience des exploitations et transition énergétique.
Denis Verdier, président de la fédération gardoise des vins IGP, explique : « On est dans une période de lancement d’une expérimentation sur le département. Notre association est née entre Amarenco, l’IGP et une école d'ingénieurs, du constat de la situation. La crise économique nous amène à une chute de consommation et de rentabilité des exploitations, mais aussi à l’évolution des conditions climatiques avec des conséquences graves. Nous devons prendre en compte cela, nous sommes dans une vraie difficulté, sociale et économique, mais nous ouvrons ce projet pour réfléchir à la diversification de nos rentrées économiques. Faire seulement de la viticulture nous fragilise… »
Trois axes de travail sont pris en compte. L’ouverture aux propositions de l’agrivoltaïsme en lien avec les chercheurs et les spécialistes de terrain. Quel sera le devenir des terres qui s’arrachent et que faire dans ce domaine ? Enfin, il faut analyser les sols pour orienter les cultures et apporter de nouvelles solutions, une porte de sortie.
« Nous avons 2 000 installations en France, principalement sur des hangars agricoles et des centrales au sol. Depuis que le cadre le permet, nous sommes aussi dans l’agrivoltaïque. La discipline est nouvelle, les temps de développement sont longs, pas moins de cinq ans, et nous sommes encore en pleine phase de développement ou de conception ! Nous ne sommes pas des experts de la production agricole, nous ne sommes pas des académiciens non plus, nous voulons juste adapter nos systèmes à ces besoins », note quant à lui Pierre Guerrier, directeur du développement d’Amarenco.
« La particularité d’Amarenco, c’est que nous nous sommes lancés dans un programme qui fait un état de santé de sols pour veiller à favoriser leur régénération au fil des ans et de l’exploitation », poursuit Pierre Guerrier, qui aura un périmètre de 20 kilomètres pour favoriser cette nouvelle production auprès de ses nouveaux partenaires.
L’idée est de trouver les moyens pour que le vigneron puisse avoir une stabilité économique pendant quelques décennies. Restitution du projet AgriPower, présentation des résultats de l’état de l’art technique et des démonstrateurs, solutions innovantes dans l’agrivoltaïsme, cas d’étude, l’intégration de l’AgriPV dans la viticulture, table ronde, keynote, financement, transmission.
Une journée théorique dans l'auditorium du Conseil départemental du Gard à Nîmes et un moment pratique ponctué par la visite du site agrivoltaïque du lycée agricole de Rodilhan. Cette rencontre constituait une opportunité de découvrir des retours d'expériences européens, d'échanger entre acteurs du territoire et de contribuer à la réflexion collective sur l'adaptation de l'agriculture aux enjeux climatiques et énergétiques de demain. Quel secteur est le plus à l’étude dans le Gard ? Du côté de Souvignargues, un dossier est bien avancé mais c’est l’ensemble des trois territoires des IGP gardoises qui est intéressé et donc concerné.
La journée s’est conclue sur un apéritif avec dégustation des vins de la Fédération gardoise des vins IGP, bien sûr ! En tout cas et selon certaines conditions strictes sur la question de l’agrivoltaïsme, le débat est ouvert.