Pour la CNT 30 « C’est un moment convivial, festif et solidaire ! Parce qu’en ces temps incertains, il est essentiel de continuer à rêver, à s’amuser, à se retrouver et à faire vivre nos solidarités. »
Le moment est dû à la réalisation d’une fresque visible depuis la rue d’Arnal. Pour l’occasion, deux concerts étaient organisés avec Amant Donné (chanson sauce piquante) et Skanky Mood from the hill (ska rock steady calypso) et toute la rue était fermée à la circulation. Avec le soutien de la Cantine de lutte et la Gamelle du chat, deux cantines autogérées, la CNT a pu proposer un repas avec prix libre de soutien.
La soirée était une chose, mais c’était avant tout pour dévoiler la fresque qu’elle avait lieu. Une fresque qui symbolise la lutte syndicale avec le portrait d’une femme militante sur fond de drapeau noir et rouge, symbole de l’anarchosyndicalisme.
Cette fresque rend ainsi hommage aux femmes qui luttent et à Fernand Pelloutier animateur et secrétaire de la Fédération des Bourses du travail qui faisait inscrire au fronton des Bourses du travail la devise « Instruire pour révolter. » C'est aussi un hommage au muralisme mexicain à la façon de Diego Rivera, politisé et libre d'accès, tout comme les affiches de 1936 ou en tout cas les affiches de propagande.
Fernand Pelloutier soutenait que les Bourses du travail avaient un rôle de formation et d’émancipation dans la cité afin que l’ouvrier puisse connaître les causes de sa servitude et discerner contre qui doivent être dirigés ses coups, pour conquérir la science de son malheur. Un réel rappel, dans l'actualité.
Né à la fin des années 1970 et originaire de Dijon, RNST est un pochoiriste et sérigraphe français installé dans le Vaucluse. Son nom raconte un parcours : il a d'abord peint sous le pseudo GEST puis sous celui d'Ernest, en hommage assumé à Ernest Pignon-Ernest, dont il admire le travail.
Depuis près de 30 ans, RNST parcourt la France et le monde pour mettre en avant un art mural engagé en lien avec les cultures alternatives et de revendications sociales.
Actif dans la rue depuis le milieu des années 1990, il y est revenu pleinement à partir de 2009, avec un travail intense de pochoirs et de collages sérigraphiés. La méthode est plus lente qu'il n'y paraît : chaque pièce part souvent d'une photographie qu'il recompose en dessin, encre, vectorise et retouche en atelier avant d'aller la coller ou la peindre dehors.
Le propos est frontal. En prise directe avec l'actualité, il répond aux déclarations d'élus, aux causes qui le touchent et aux faits divers qui le révoltent, par des messages sans détours peints sur les murs. Provocation et romantisme sont les deux constantes de ce travail, que l'on retrouve aussi bien sur les façades que dans ses sérigraphies et ses affiches.
À Nîmes, vous pouvez voir son « Le gamin aux lunettes », un péquélet espiègle aux lunettes d'aviateur jaunes tire la langue, les mains en éventail autour du visage, peint en noir, gris et doré sur un mur patiné de la rue de la Vierge. Vous pouvez, si vous cherchez bien, débusquer une ou deux autres fresques sur lesquelles il a bossé aux débuts de l'Expo de ouf!