Après les violences et les pillages du week-end dernier à Nîmes, les autorités ne veulent prendre aucun risque. Ce vendredi, la préfète du Gard, Fabienne Decottignies, a présenté les mesures exceptionnelles décidées pour encadrer les nouvelles mobilisations annoncées ce samedi 24 octobre.
« Mon objectif est simple dans les propos, plus difficile à mettre en œuvre : concilier le droit de manifester avec la sauvegarde de l'ordre public », a expliqué la représentante de l'État. Selon la préfète, les services de l'État ont identifié sur les réseaux sociaux de nombreux appels à commettre des actes de vandalisme dans le département. Une situation qui a conduit à prendre plusieurs arrêtés préfectoraux.
Manifestations interdites à Nîmes et Alès
Première décision : l'interdiction de toute manifestation, rassemblement ou regroupement dans un large périmètre de Nîmes, comprenant l'hypercentre et s'étendant jusqu'au secteur du Kilomètre Delta et de sa zone commerciale.
La préfète justifie cette décision par l'absence de garanties suffisantes concernant le service d'ordre des organisateurs. « Aujourd'hui, je n'ai pas eu un service d'ordre qui permet de garantir cette manifestation sur la ville de Nîmes », a-t-elle précisé.
Même décision à Alès, où les rassemblements seront interdits dans le centre-ville. Cette fois, les autorités expliquent ne pas avoir pu établir de dialogue avec un organisateur identifié.
Autre mesure applicable dans le département : l'interdiction de vente et de transport d'objets pyrotechniques.
Un couvre-feu pour les mineurs à Nîmes
La préfète a également décidé d'instaurer un couvre-feu dans l'hypercentre de Nîmes pour les mineurs non accompagnés, de samedi 22 heures à dimanche 5 heures du matin. Les mineurs accompagnés de leurs parents ou de leurs représentants légaux ne sont pas concernés. Des exceptions sont également prévues, notamment pour des raisons de santé.
Cette décision intervient après les interpellations du week-end dernier, au cours desquelles plusieurs mineurs ont été mis en cause.
Près de 200 policiers et gendarmes mobilisés
Sur le terrain, les moyens seront importants. Plus de 80 policiers et environ 100 gendarmes seront mobilisés samedi dans le Gard. Des contrôles d'identité et des fouilles de véhicules pourront être réalisés sur réquisitions judiciaires. Un drone sera par ailleurs utilisé pour surveiller les éventuelles dégradations et faciliter les constatations d'infractions.
Les forces de l'ordre seront particulièrement présentes dans le centre-ville de Nîmes, aux abords des centres commerciaux et des bâtiments publics.
La gendarmerie renforcera aussi les contrôles aux péages autoroutiers, aux sorties d'autoroute et dans les gares TER et TGV afin de surveiller les déplacements vers Nîmes et Alès et de rechercher d'éventuels objets dangereux.
Les polices municipales participeront enfin au dispositif, notamment pour sécuriser les accès et accompagner les forces de l'État.
Pour la préfète, l'objectif est désormais d'éviter que les scènes du samedi 17 octobre ne se reproduisent. Elle souhaite que les commerçants puissent travailler et que les habitants puissent circuler normalement. « Nous souhaitons tous que samedi se passe dans les meilleures conditions et que nous ne revoyions plus les images que nous avons pu déplorer samedi dernier. »
Reste désormais à savoir si ces interdictions et cet important déploiement des forces de l'ordre permettront d'éviter de nouveaux débordements.