Les briques des années 1960 ont laissé place à des façades neuves. Pour mesurer le changement de la résidence La Grave, il faut pousser la porte des appartements. Une salle de bains réaménagée, une douche plus accessible, des fenêtres remplacées, un chauffage que l’on peut régler selon ses besoins… Chemin de la Grave, à Aramon, les travaux ont touché à tout ce qui fait le confort d’un logement. Construits en 1962, les deux bâtiments gérés par le bailleur Un Toit pour tous ont bénéficié d’un an de chantier, commencé en janvier 2025 et réceptionné le 22 janvier 2026.
Jeudi 22 octobre, l’inauguration de cette réhabilitation avait une saveur particulière pour Pascale Prat. Avant d’être maire d’Aramon, l’élue a été locataire ici, de 1988 à 1997. « J’ai vécu ici, j’ai fondé une famille », a-t-elle rappelé. Ces fenêtres et ces portes lui parlent donc autrement. La Grave, « c’est aussi un morceau de ma vie », confie-t-elle.
Des travaux réalisés pour « avoir moins froid l’hiver, moins chaud l’été »
Lorsqu’on pousse la porte des logements, les changements sont visibles. Les salles de bains disposent d’un meuble vasque et d’une douche adaptée aux personnes à mobilité réduite. Les cuisines et les WC ont bénéficié de travaux, et les sols ont été refaits dans l’ensemble des pièces d’eau. L’électricité a été mise en sécurité, tandis que les portes palières ont été remplacées pour mieux isoler les appartements du bruit. Autre priorité : le confort thermique. Façades, combles, planchers et toitures ont été isolés, les fenêtres remplacées, les volets roulants installés et la ventilation revue. L’objectif, résumé par Pascale Prat : « Avoir moins froid l’hiver, moins chaud l’été. »
La chaufferie collective et les anciens chauffe-bains ont cédé la place à des chaudières individuelles à condensation, qui assurent désormais le chauffage et l’eau chaude. Les réseaux et les radiateurs ont aussi été remplacés. Chaque locataire peut ainsi régler la température et programmer son chauffage selon ses besoins. À la demande des habitants, les poubelles ont quitté le dessous des bâtiments pour rejoindre deux locaux extérieurs, aménagés après l’acquisition d’une parcelle.
Un an de chantier chez les habitants, 3,1 millions d’euros investis
Pour les résidents, cette inauguration vient clore une longue attente. Le projet avait été envisagé dès 2015, avant de reprendre corps en 2023. Le montant atteint 3,1 millions d’euros, soit près de 60 000 euros par logement. Environ 75 % de l’opération ont été financés par des emprunts, avec le soutien de la Banque des Territoires. Une subvention du Feder (Fonds européen mobilisé pour la rénovation énergétique) portée par la Région, ainsi qu’une contribution d’EDF au titre des certificats d’économies d’énergie ont complété le financement. Un Toit pour tous a apporté 11 % de fonds propres.
Pour Un Toit pour tous, la résidence La Grave s’inscrit dans un programme plus large. Son directeur général, Jean-Marie Garabedian, annonce une enveloppe moyenne de 20 millions d’euros par an sur les dix prochaines années pour l’entretien du patrimoine, du courant aux réhabilitations. Malgré un contexte économique contraint, il défend le cap : « Il faut qu’on continue à bâtir, il faut qu’on continue à loger, il faut qu’on continue à réhabiliter. »