Publié il y a 46 min - Mise à jour le 23.10.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 72 fois

EXPRESSO Les gendarmes du Vigan resteront longtemps dans leur caserne vétuste

Les gendarmes du Vigan lors de la sécurisation de la manifestation lycéenne du 6 octobre, devant la cité scolaire André-Chamson

- François Desmeures

Alors qu'une nouvelle étude municipale a tenté de faire valoir le terrain choisi pour implanter une nouvelle gendarmerie, terrain soumis aux ruissellements, la nouvelle caserne ne se fera pas où la commune le souhaitait. La gendarmerie évoque d'autres problèmes que le ruissellement, comme l'absence de maître d'ouvrage au projet. La mairie du Vigan y voit aussi un problème pour financer l'infrastructure. Le projet est repoussé... sans qu'aucun délai ne soit retenu. 

La visite à l'Élysée n'aura rien changé. Après une nouvelle étude fournie par la commune, et bien que la maire ait plaidé la cause de sa ville, en avril, lors d'une invitation du président de la République, la nouvelle caserne de gendarmerie du Vigan est remise aux calendes grecques. Au point que la maire, Sylvie Arnal, n'y croit plus.

Les gendarmes du Vigan lors de la sécurisation de la manifestation lycéenne du 6 octobre, devant la cité scolaire André-Chamson • François Desmeures

"On a demandé un rendez-vous avec Emmanuel Casso (le colonel Casso commande le groupement de gendarmerie du Gard, NDLR), explique Sylvie Arnal, maire du Vigan, et on a bien compris que la caserne de gendarmerie était foutue, lâche-t-elle, désabusée. Il y a l'histoire de ruissellement, mais on comprend aussi que cela ne fait pas partie des projets immédiats."

"J'ai rencontré la nouvelle préfète du Gard, Fabienne Decottignies, après avoir vu M. Casso. Elle m'a dit de ne pas compter sur la caserne." Des sites à Avèze ou Molières-Cavaillac, qui avaient candidaté comme éventuelle solution de repli, pourraient-ils revenir dans la discussion ? "Non, tranche Sylvie Arnal, ni au Vigan, ni à Avèze, ni à Molières. Ils ont un plan de déploiement de 200 brigades au niveau national (lire encadré). Je pense qu'ils n'ont surtout pas l'argent pour tout faire."

"La caserne actuelle est dans un état de vétusté assez avancé"

"Le dossier est effectivement compliqué compte tenu des contraintes du terrain, notamment hydriques, reconnaît le colonel Emmanuel Casso, commandant du groupement de gendarmerie départementale du Gard. L'éventualité est notamment rendue complexe par le fait qu'on ne puisse pas utiliser toute la surface." La municipalité avait d'ailleurs proposé, il y a un an, de réserver le terrain choisi pour les logements des gendarmes, et de bâtir la caserne à un autre endroit (relire ici). "Le projet est un peu biscornu et, en l'état, il ne nous satisfait pas", tranche le colonel Casso.

La maire du Vigan, Sylvie Arnal (à gauche), avec la sous-préfète du Vigan, Christine Portero Espert, et la préfète du Gard, Fabienne Decottignies • François Desmeures

D'autant qu'en matière de processus administratif, l'autorisation de Paris d'entrer en discussion avec des architectes est arrivée à échéance au 31 décembre dernier. "Et on a eu de la difficulté à trouver un potentiel maître d'ouvrage, reconnaît le commandant du groupement de gendarmerie du Gard. Le projet n'est pas mort et enterré, mais il est complexe." Quand on évoque un éventuel autre site, Emmanuel Casso souligne la volonté de "conserver une emprise sur le secteur du Vigan. Je n'exclus rien, mais ce n'est pas comme si j'avais un terrain ailleurs !" Et celui de la commune avait l'avantage d'être cédé pour un euro symbolique. 

À Saint-Hippolyte-du-Fort, la brigade s'installe

Depuis quelques semaines, des véhicules de gendarmerie étaient régulièrement garés devant le 14 boulevard des Remparts, certains militaires transportant parfois du matériel dans les anciens locaux du Trésor public. Annoncée en septembre 2025 (relire ici), confirmée en mai dernier (relire ici), la brigade est en effet en cours d'installation. 

"Deux gendarmes y sont déjà affectés, confirme le colonel Emmanuel Casso. On est dans la phase finale de construction physique des lieux. Elle est créée dans le cadre du programme des 239 brigades de terrain. Une a déjà ouvert à Aimargues et la prochaine sera implantée à Saint-Jean-du-Gard."

En revanche, le commandant du groupement de gendarmerie du Gard ne fait pas le lien entre l'implantation des brigades et la difficulté à construire une nouvelle caserne au Vigan. "La construction de casernes, c'est un sujet permanent qui n'entre pas dans la même assiette financière."

"Peut-être qu'on en reparlera dans 5 ou 10 ans. Mais pour l'instant, on a bien compris qu'il n'y aurait rien", se désole Sylvie Arnal. "Le projet reste toujours à l'étude, nuance tout de même le colonel Casso, car la caserne actuelle est dans un état de vétusté assez avancé." En attendant, "on va sûrement diviser le terrain en parcelles", pense Sylvie Arnal. Qui, relancée sur le sujet de la nouvelle caserne de pompiers (relire ici), lève les yeux au ciel, encore plus désabusée : "La balle est dans le camp du SDIS (service départemental d'incendie et de secours, NDLR). Mais il n'y a rien, ça n'avance pas du tout." 

Un panneau que Le Vigan rêve d'afficher depuis longtemps, au bord du terrain des Plos... • François Desmeures

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