Ce jour-là heureusement que des soignants étaient présents près de l'infirmière. Un jeune patient n'accepte pas qu'une infirmière lui dise de se changer car il est couvert d'excréments. Il attrape la soignante à la gorge et essaie de l'étrangler. D'autres salariés du mas Careiron à Uzès interviennent. Une plainte a été déposée. C'est cette affaire de "violence sur un personnel de santé" survenue en août 2025 qui a été jugée jeudi 8 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Nîmes.
"Elle est très consciencieuse, elle a donc pris le courage à ses mains et elle est retournée travailler la peur au ventre, indique le conseil de la plaignante Maître Loubna Hassanaly. "Depuis elle a une angoisse permanente par rapport au comportement de cet homme", poursuit l'avocate nîmoise.
Des violences, des menaces de mort
"Il y a des violences caractérisées. Il y a un étranglement, un acharnement, une dangerosité qui s'est vue dans les yeux de monsieur", poursuit la procureure dans ses réquisitions. "Il n'y a pas d'abolition du discernement mais une simple altération, mais quel serait le sens d'une peine de prison ferme pour ce prévenu", poursuit la représentante du parquet de Nîmes. "Il faut une peine qui veille à la protection de la victime. La victime n'a pas à changer son quotidien. Il faut une interdiction de contact avec la victime et une interdiction de paraître au Mas Careiron", poursuit la procureure.
" La vraie seule question est celle de la responsabilité pénale de ce garçon", estime Maître Julien Dumas-Lairolle pour la défense du prévenu. " C'est un jeune homme malade et il est régulièrement hospitalisé dans cet établissement psychiatrique. Il est suivi de manière continue depuis l'âge de 3 ans, il en a aujourd'hui 22". "Il s'agit de violences dans le cadre de son hospitalisation", poursuit l'avocat nîmois qui met en cause l'expertise du médecin psychiatre à la suite de l'agression. " Un médecin qui est rattaché au mas Careiron, qui expertise un malade du mas Careiron, pour des violences commises au Mas Careiron", dénonce Me Dumas-Lairolle. " Vous pouvez ne pas suivre les conclusions de l'expertise, pour moi on est dans une situation d'abolition du discernement et d'ailleurs madame la procureure dans ses réquisitions se demande s'il va comprendre le sens d'une éventuelle peine", conclut Me Dumas Lairolle.
Le tribunal a rendu sa décision ce jeudi en début d'après-midi. La juridiction a retenu l'altération du discernement et a condamné le vingtenaire à 6 mois de prison avec sursis et à l'interdiction d'approcher le mas Careiron pendant trois ans. Il a l'interdiction de contact avec l'infirmière. Il est reconnu coupable des menaces et des violences.