JUSTICE. Des années d'expérience, plus de deux décennies à faire la classe sans la moindre difficulté, et puis ce dossier qui démarre par le signalement de plusieurs élèves... Sept au total qui dénoncent des violences de la part de cette professeure de l'enseignement catholique qui œuvrait dans un établissement privé nîmois. "Je suis toujours choquée par les proportions prises par cette affaire", affirme à la barre du tribunal l'enseignante, âgée de 54 ans.
Une quinquagénaire qui nie farouchement les violences, elle évoque des "gestes pédagogiques" avec un carnet à plat et des coups sur la tête de ses élèves. Des "gestes légers" qui n'auraient, selon elle, rien à voir avec une infraction de violence. Une attitude qui fait dire à la procureure : "Je suis extrêmement déçue du positionnement de madame à l'audience. Il n'y a aucun droit de correction, cela n'existe pas de la part des parents ou des enseignants", estime le ministère public qui demande condamnation à un stage de citoyenneté, et à quatre mois de prison s'il n'est pas effectué. L'affaire a débuté en octobre 2021 précisément avec deux élèves qui dénoncent des scènes d'humiliation, "des coups sur la tête pour une histoire de devoirs qui ne sont pas terminés". "Une ado choquée se met à pleurer devant la classe", résume la procureure.
Aucune partie civile à l'audience
"Je me tourne vers la salle et je vois qui en partie civile ? Il n'y a personne. Il faut être prudent sur les faits et les témoignages dans ce dossier. On a réussi à renvoyer quelqu'un devant le tribunal correctionnel sans avoir de victimes et on passe de sept plaignants au départ à quatre aujourd'hui", estime maître Mathieu Montfort pour l'enseignante qui a été suspendue et qui a été réintégrée dans l'Hérault en 2023. "C'est une femme avec 20 ans d'expérience sans aucun signalement. On a mis en cause ses capacités. C'est psychologiquement très dur pour elle depuis des années", complète le pénaliste alors que sa cliente pleure en silence sur le banc des prévenus.
"Je n'ai jamais voulu faire de mal à un élève, j'accompagne les jeunes dans la bienveillance et avec cette envie de les faire réussir", insiste la professeure, des trémolos dans la voix.
Le tribunal a condamné la prévenue à 1 000 euros d'amende avec sursis et à l'exclusion de sa peine au casier judiciaire B2 pour ces violences par une personne ayant autorité. Elle pourra continuer à enseigner. L'enseignante a 10 jours pour faire appel.