Il faudra finalement attendre un an et demi, à cinq jours près, pour connaître le fin de mot de l'histoire. Ce mardi 6 octobre, le tribunal d'Alès a décidé de renvoyer au 25 novembre et en audience collégiale l'affaire de la feria 2025, dite du Prolé d'Alès. Ou, plus particulièrement, du stand du Parti Communiste Français, visé spécifiquement par le Bloc Montpéllierain. Trois des membres de l'organisation, dissoute depuis, étaient appelés à se défendre. "Il faut être lucide sur la situation : ce sont des violences de nature politique avec préméditations. Nous défendrons donc une requalification", clame maitre Mazas, avocate des parties civiles, à la sortie de l'audience.
Pour rappel, dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, en pleine feria, le Prolé d'Alès, repaire emblématique des communistes, avait été la cible d’une agression, quarante-huit heures après une première visite du Bloc Montpelliérain. Une vingtaine de personnes avaient été blessées, dont une gravement.
Ainsi compte tenu de sa "complexité", "ce dossier mérite qu'on lui consacre une journée pleine et entière dans un cadre collégial pour l'aborder dans le fond", confirme le président Simon Lanes. Un président et deux assesseurs siègeront donc le 25 novembre et rendront leur jugement à la majorité, après concertation.
Alors qu'il avait "suffisamment d'éléments pour déjà envisager les poursuites" grâce à son travail avec la police judiciaire de l'Hérault, le procureur Abdelkrim Grini "souscrit" à ce renvoi "légitime", étant donné "la sensibilité de ce dossier, complexe et particulier." Néanmoins, il estime que "la préméditation ne coulait pas de source".
Un combat autant juridique que politique
C'est là une "première victoire" pour Cécile Alphon-Layre, secrétaire de la section alésienne du PCF et présente au moment des faits : "Ils voulaient nous faire baisser la tête, mais notre combat s'en est retrouvé renforcé. Notre force collective réside dans notre longue lutte anticapitaliste et contre l'extrême-droite".
Élargissant la cause alésienne à l'Amérique du sud, avec les montées en puissance de Flavio Bolsonaro et Javier Milei, mais aussi à l'Europe avec Nigel Farage au Royaume-Uni, Georgia Meloni en Italie et l'AFD en Allemagne, le sénateur communiste Fabien Gay condamne, en plus d'une "lâche agression", "un mouvement mondial pour réduire le droit des travailleurs" : "Nous devons faire barrage et rouvrir un champ d'espoir. Nous pouvons gagner, comme l'a fait Vincent Bouget à Nîmes", clame le directeur du journal L'Humanité devant la centaine de militants mobilisés devant la juridiction alésienne.
Christian Bastid, secrétaire du PCF gardois, va jusqu'à qualifier l'acte de "raciste" : "Il s'agit de condamner une attaque de l'extrême droite sur notre siège. Ce n'est ni un accident, ni une bousculade, c'est un acte raciste et de l'extrême droite, qui est l'inverse de ce que nous défendons", insiste-t-il.
Sur les trois prévenus, un seul s'est présenté à la barre ce mardi 6 octobre. Malgré tout, la défense est bien "prête". "Il est facile d'avoir le courage de renverser des tables, beaucoup moins de venir dans un tribunal", répond maître Bindauer, représentant le PCF.
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