Publié il y a 1 h - Mise à jour le 08.10.2026 - Amélia Arfi - 4 min  - vu 135 fois

SAINT-LAURENT-DES-ARBRES Invités à "être courageux" et à démissionner, quinze élus refusent de partir

Sylvie Barrieu-Vignal

Dans une vidéo adressée aux habitants, Sylvie Barrieu-Vignal défend sa gestion et appelle les élus qui la contestent à démissionner. Kévin Appy, premier adjoint privé de ses délégations, et les quinze élus en désaccord avec elle opposent une autre lecture de la crise. Le prochain municipal, qui pourrait voir la maire perdre ses délégations, se déroulera le 15 octobre.

À Saint-Laurent-des-Arbres, la maire sort du silence, mais la crise reste entière. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Sylvie Barrieu-Vignal s’adresse aux habitants : « La situation est désormais trop sérieuse pour que je reste silencieuse. »

LIRE AUSSI : FAIT DU JOUR À Saint-Laurent-des-Arbres : "rupture de confiance" entre la maire et sa majorité

Cette prise de parole intervient alors que quinze élus de sa majorité contestent sa gestion. Dans une déclaration commune, ils décrivent un désaccord qui dépasse le seul conflit avec le premier adjoint, Kévin Appy. « Nous sommes 15 à partager le même constat et à avoir éprouvé les mêmes difficultés », écrivent-ils. La crise s’est nouée le 25 août, avec le retrait des délégations aux travaux de Kévin Appy. Celui-ci conserve son titre de premier adjoint, mais se dit « directement visé » depuis qu’il a « questionné certaines décisions prises unilatéralement ». La réponse publique de la maire ouvre ainsi un nouvel épisode du bras de fer municipal.

Un appel à la démission rejeté par la majorité dissidente

Refusant de céder sous ce qu'elle qualifie de « pression très importante qui vise à [la] conduire à la démission », l'édile met en avant la légitimité du mandat confié par les urnes et renvoie la balle dans le camp de ses opposants : « Soyez courageux, démissionnez, ce qui automatiquement ouvrira une nouvelle élection. Et je suis prête à assumer cette procédure. »

Une option catégoriquement écartée par le groupe des quinze. « Nous refusons que la responsabilité de cette situation soit injustement renvoyée sur ceux qui ont justement tenté de la résoudre », répliquent-ils. Ils rappellent d'ailleurs qu'une sortie de crise avait été proposée au printemps : « Le premier adjoint […] avait proposé sa démission fin avril sous une seule condition : qu’elle soit également liée à ton départ, chose que tu as refusée. »

Kévin Appy conteste les accusations de « propos injurieux et agressifs »

Sur le déroulement des réunions, les versions s’opposent également. Sylvie Barrieu-Vignal décrit des échanges marqués par des cris et des interruptions, au cours desquels elle aurait été traitée de « menteuse », « manipulatrice » ou « incompétente ». C’est cette dégradation des relations qui l’aurait conduite à retirer les délégations de son premier adjoint.

Kévin Appy conteste les accusations de « propos injurieux et agressifs » : « Les faits pour lesquels j’ai été entendu ne correspondent en rien aux accusations publiques […] relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux. » Il estime que cette présentation vise à « porter atteinte à [son] image et détourner l’attention des véritables enjeux municipaux ». Après avoir donné sa version des faits à la gendarmerie, mercredi 7 octobre, il dit faire « désormais confiance à la justice » et annonce une réponse « précise et détaillée » de la majorité. Les quinze élus assurent, pour leur part, avoir proposé des solutions pour « apaiser les tensions et […] rétablir un dialogue constructif ». Des démarches que la maire aurait ignorées, selon eux, tandis que des décisions étaient prises « sans concertation préalable ni échange avec l’équipe ».

Des projets municipaux au cœur de la discorde

Le conflit se cristallise également sur plusieurs dossiers financiers et d’aménagement. Pour le projet Baron-le-Roy, Sylvie Barrieu-Vignal avance un reste à charge d’environ « 380 000 euros en 2027 et de 170 000 euros en 2028 », renvoyant aux délibérations et aux demandes de subvention. Kévin Appy conteste ces montants, qui reposeraient sur des aides encore « fictives » : « Elle a fait un tableau de financement en espérant des aides. » Les quinze élus rappellent qu’un amendement a été « voté à l’unanimité » pour « protéger les finances communales ». 

Dans une déclaration commune, les quinze élus décrivent un désaccord qui dépasse le seul conflit avec le premier adjoint, Kévin Appy. • DR

La requalification du rond-point à l’entrée de la commune suscite elle aussi des interrogations. Selon Sylvie Barrieu-Vignal, le projet, préparé avec les services de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer), avait reçu un avis favorable sous réserve d’une dernière validation administrative. L’autorisation définitive n’ayant pas été accordée, les matériaux livrés auraient été réutilisés au Jardin du Sein et les éléments décoratifs conservés sous forme d’avoirs pour de futurs aménagements. La maire assure ainsi qu’« aucun centime [n’a été] perdu ». « À ce jour, il n’y a pas d’avoir, c’est un mystère », réplique Kévin Appy, qui conteste cette présentation et questionne la réaffectation des dépenses à d’autres projets. Il affirme également que des factures ont été validées et réglées « trois mois avant la date de délibération ».

« On ne veut pas bloquer le budget »

Le désaccord s’étend désormais au budget 2027. Sylvie Barrieu-Vignal s’inquiète d’un possible rejet avant même sa présentation et rappelle les enjeux pour les écoles, les associations et les services municipaux : « Un budget, ce n’est pas le budget du maire, c’est le budget de la commune. » Kévin Appy récuse toute volonté de blocage, mais maintient leur position : « On ne veut pas bloquer le budget », assure-t-il, estimant que « c’est elle qui, par sa présence, bloque le fonctionnement de la municipalité ».

Au terme de sa vidéo, la maire confie « de la fatigue » et « beaucoup de tristesse », tout en promettant de poursuivre les projets et de protéger les agents municipaux. Les quinze élus défendent, eux, leur démarche collective : « Nous ne sommes pas 15 élus attaquants, nous sommes une équipe de 15 personnes que tu as essayé de diviser pour mieux régner. »

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Sud, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifsud.fr
Amélia Arfi

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio