Publié il y a 50 min - Mise à jour le 21.10.2026 - Tony Duret - 2 min  - vu 116 fois

ÉDITORIAL Après les violences contre les policiers, la réalité judiciaire…

Ce lundi, à Nîmes, un an de prison ferme a été requis contre un professeur stagiaire qui a blessé un policier. Il pourrait finalement retrouver ses élèves dès aujourd’hui…

Dimanche soir, dans son allocution aux Français, Emmanuel Macron réclamait « la plus grande fermeté » à l’encontre des casseurs. « Nos juges rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez », ajoutait le président de la République. Dès le lendemain, le tribunal correctionnel de Nîmes avait l’occasion de mettre en application le discours présidentiel. Il jugeait en comparution immédiate un homme de 24 ans au profil pour le moins inattendu. Loin du cliché du casseur désœuvré, le prévenu est titulaire d’un bac+5 et il est actuellement enseignant stagiaire dans un collège public de Nîmes. Samedi dernier, ce prof en devenir s’est retrouvé au milieu de 300 jeunes qui voulaient clairement en découdre avec les policiers. Et visiblement, comme chez Total, le futur enseignant n’était pas là par hasard. Il avait pris soin de s’équiper d’un casque de vélo, d’un masque chirurgical et de lunettes de natation… « L’attirail de ceux qui venaient pour en découdre », résumera la procureure. Comment en douter ? Qui se rend à une manifestation avec un tel équipement ? Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le jeune homme lance ensuite une pierre de près de 400 grammes et de 10 centimètres de long, blessant un policier. « J’ai tiré dans leur direction, mais je ne voulais pas les toucher », se défend-il maladroitement devant la juridiction nîmoise. Il précise également avoir récemment rempli un dossier pour devenir… policier réserviste. Un comble ! Appliquant à la lettre la fermeté réclamée la veille par le chef de l’État, la procureure requiert une peine plutôt exemplaire à l’encontre de ce jeune homme au casier judiciaire vierge : 18 mois de prison, dont un an ferme, ainsi qu’une interdiction de fonction publique pendant cinq ans. Une sanction qui aurait pu en refroidir d’autres, et qui aurait aussi eu des conséquences immédiates sur sa vie : a minima un aménagement de peine avec le port d'un bracelet électronique par exemple et cinq années d’interdiction d’exercer dans le service public. Mais le tribunal choisit une autre voie. Il condamne finalement le prévenu à 18 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans et écarte l’interdiction d’exercer une fonction publique. Il ressort donc libre et peut poursuivre son métier. Chacun en pensera ce qu’il veut. La justice est indépendante et tant mieux. Mais quel message cette décision envoie-t-elle au policier blessé ? Et comment ne pas s’interroger sur le décalage entre la fermeté demandée au sommet de l’État le dimanche et la sanction prononcée le lundi ? Quant au jeune homme, il peut donc potentiellement retrouver ses élèves dès aujourd’hui à Nîmes...

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