Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.10.2026 - Romain Fiore - 3 min  - vu 30 fois

ALÈS Le dispositif Angela renforce son réseau pour protéger les victimes de harcèlement

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Une cinquantaine de commerçants présents ce jeudi matin au capitole. 

- Romain Fiore

Mis en place à Alès en 2023, le dispositif Angela poursuit son déploiement dans l’agglomération. Ce jeudi matin, commerçants et représentants de plusieurs communes ont participé à une formation destinée à mieux accueillir et orienter les personnes victimes de harcèlement ou de violences dans l’espace public.

Un lieu refuge pour les personnes qui se sentent en danger. C’est le principe du dispositif Angela, lancé à Alès en 2023. Trois ans après sa mise en place, le réseau poursuit son développement sur le territoire avec un objectif : permettre à toute personne confrontée à une situation de harcèlement ou de menace de trouver rapidement un endroit où se mettre à l’abri.

Ce jeudi matin, une nouvelle session de formation était organisée à destination des commerçants et des représentants des communes partenaires. Des participants venus notamment de Saint-Jean-du-Gard, de La Grand'Combe et de Cruviers-Lascours ont pu découvrir ou approfondir le fonctionnement du dispositif. « L’idée, c’est de créer un maillage le plus serré possible sur le bassin de vie », a expliqué Alexandra Lagulhon, conseillère municipale à Alès, impliquée dans la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants et les égalités entre les femmes et les hommes.

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Anne Reilhan, Alexandra Lagulhon et Pierre Mandillon ont animé la formation du dispositif.  • Romain Fiore

Inspiré d'un dispositif né en Angleterre en 2017, Angela repose sur un principe simple : une personne qui se sent menacée peut entrer dans un commerce ou un établissement partenaire et demander « Angela ». Cette phrase permet de signaler discrètement qu’elle a besoin d’aide, sans avoir à expliquer immédiatement sa situation devant tout le monde. Le personnel formé peut alors la conduire dans un endroit plus discret, l’accueillir et l’aider à trouver une solution adaptée.

123 partenaires dans 14 communes

Le dispositif compte aujourd’hui 123 partenaires répartis dans 14 communes de l’agglomération d’Alès. Commerces, équipements publics, médiathèques ou accueils de mairie peuvent ainsi constituer des points de refuge pour les personnes qui se sentent en danger. L’enjeu est désormais de consolider ce réseau et de s’assurer que les agents et les salariés concernés connaissent les bons réflexes.

« Le dispositif Angela fonctionne bien. C’est un effet qui se diffuse et c’est tout l’intérêt », a souligné Pierre Mandillon, coordinateur des politiques de sécurité et de prévention de la délinquance pour les 71 communes de l’agglomération. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de prévention des violences et d’accompagnement des personnes vulnérables. En parallèle, environ 125 agents communaux ont déjà été formés à l’accueil des victimes, tandis que plus de 12 000 flyers d’information ont été diffusés.

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Comment réagir au dispositif et aux gens dans la demande.  • Romain Fiore

Pour les communes et les commerces, la formation de ce jeudi matin devait notamment permettre de mieux comprendre la conduite à tenir lorsqu’une personne se présente en urgence. Car accueillir une victime ne s’improvise pas toujours. Plusieurs commerçantes ont ainsi raconté des situations auxquelles elles avaient été confrontées, parfois sans savoir comment réagir, notamment lorsque la personne ne souhaitait pas prévenir la police ou minimisait les violences subies.

« Votre rôle, c’est d’accueillir, d’écouter et de passer le relais »

Anne Reilhan, intervenante sociale au commissariat d’Alès, a rappelé que la mission des partenaires Angela n’est pas de mener une enquête ni de se substituer aux forces de l’ordre. Il s’agit d’abord d’offrir un espace sécurisé, de faire preuve d’écoute et de bienveillance, puis d’orienter la personne vers les professionnels compétents.

« Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? C’est tout », a résumé Pierre Mandillon. Une question simple, qui permet de laisser la victime exprimer ses besoins sans la brusquer ni lui imposer une démarche. Les participants ont notamment été sensibilisés à l’importance de ne pas culpabiliser la personne, de ne pas minimiser les faits et d’éviter les questions intrusives.

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Les missions du dispositif.  • Romain Fiore

La mise à l’abri doit également se faire sans exposer le commerçant ou les agents à un danger. En cas de danger immédiat, le réflexe reste d’appeler le 17. Les partenaires peuvent ensuite s’appuyer sur les intervenants sociaux, la police municipale et les structures spécialisées pour orienter les victimes.

Au-delà de l’accueil, cette formation vise aussi à faire des participants des relais au sein de leurs propres établissements. Dans un commerce où plusieurs salariés se succèdent ou dans une mairie accueillant différents publics, chacun doit connaître la procédure et savoir où mettre une personne à l’abri.

Pour les responsables du dispositif, l’enjeu est désormais de poursuivre son extension et de renforcer la communication autour de ce réseau. Car son efficacité dépend autant du nombre de lieux partenaires que de la capacité de chacun à réagir face à une situation de détresse.

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