Publié il y a 47 min - Mise à jour le 29.10.2026 - Sacha Virga - 2 min  - vu 21 fois

CAMARGUE Le Parc naturel régional à l'heure du pré-bilan

Le Parc Naturel Régional de Camargue s'étend sur 100 000 ha.

- Olivier Lemierre

Dans un pré-bilan publié récemment, le Parc naturel régional de Camargue estime que le territoire a relativement bien résisté à la canicule, à la sécheresse et aux incendies qui ont marqué l’été en France.

Canicule, sécheresse ou encore feux de forêt : l’été 2026 a mis la France à rude épreuve. La Camargue, site Ramsar depuis 1986 et réserve de biosphère depuis 1977, n’a pas été épargnée par la chaleur, mais elle s’en sort mieux que bien d’autres territoires. C’est le constat du Parc naturel régional, qui vient de publier une note de synthèse sur le sujet.

Les relevés de la station Météo-France de la Tour du Valat, au Sambuc, parlent d’eux-mêmes. Entre mai et août, 76 jours sur 120 ont dépassé les 30°C, soit 63 % de la période, dont 19 jours au-delà de 35°C. La température moyenne de 2026 dépasse de 1,5°C celle de 2021-2025, et de 1,9°C en juillet et août.

Côté précipitations, le tableau est plus nuancé. Le début d’année a été très pluvieux, ce qui a compliqué la préparation des sols. De mai à août, le cumul atteint 106,1 mm, avec 50,4 mm en mai et 33,8 mm en août, contre seulement 13 mm en juin et 8,9 mm en juillet.

De l'eau encore en réserve

Malgré la sécheresse, l’impact sur la ressource en eau reste relativement limité en octobre. Les nappes, bien rechargées par les pluies de l’hiver, sont restées proches de leurs niveaux habituels. La Camargue le doit en grande partie à son système hydraulique. Endiguée, coupée des crues naturelles du Rhône, elle est alimentée par des pompages réalisés pour l’agriculture irriguée. Mais ce système a ses limites. Les débits du Rhône à Tarascon ont été inférieurs à la moyenne 2016-2025 pendant l’été. Les projections évoquent une baisse des débits d’étiage de 20 à 40 % d’ici 2050.

Selon les données du SDIS 13, 47 incendies ont été recensés de juin à août sur les trois communes du périmètre du parc, pour 249 hectares brûlés. Six feux ont dépassé 10 hectares, tous à Arles. Le parc juge la situation peu préoccupante et souligne la faible vulnérabilité du territoire au risque d’incendie, tout en précisant que cela ne durera pas forcément.

Sur l'agriculture, le bilan reste provisoire car les données restent manquantes. Les riziculteurs signalent des besoins en eau accrus, mais des cultures en bon état. Le blé dur affiche des rendements très hétérogènes, mais globalement faibles, selon l’ABDD, en raison des pluies hivernales et de la sécheresse du début d’année. Pour le foin, la première coupe, réalisée avant les fortes chaleurs, est décevante. Les parcelles irrigables ont mieux tenu. Les faibles rendements en basse montagne ont tendu l’approvisionnement et fait grimper le prix du foin de Crau. Pour le parc, les baisses de production tiennent davantage aux fortes pluies qu’à la chaleur estivale.

Côté tourisme, la fréquentation des sites gérés par le parc recule. Au musée de la Camargue, le total de juillet-août passe de 5 237 à 4 817 entrées (–420). À la Palissade, les entrées payantes baissent de 733 à 499, et les visites guidées individuelles tombent de 100 à 13. Seul le kayak progresse (505 contre 549). Le parc reste prudent : certains acteurs observent une érosion de la fréquentation depuis plusieurs années, et seules les fermetures liées aux vigilances orange et rouge canicule peuvent être directement reliées au climat.

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