Des habitants touchés, des rues sous l’eau, des inquiétudes pour les logements : le courrier d'Anthony Belin s’ouvre sur les conséquences des dernières pluies, qui "appellent davantage que des messages de circonstance". Anthony Belin y interroge la capacité de Lunel à absorber les fortes précipitations alors que les projets immobiliers se multiplient avenue d’Occitanie, rue de la Camargue et chemin de Sainte-Catherine.
Le chemin de Sainte-Catherine en ligne de mire
C’est ce dernier projet qui concentre l’essentiel des questions de l’élu d’opposition. D’après les éléments qui lui ont été communiqués, il prévoit trois bâtiments, plus de 80 appartements et environ 140 places de stationnement en sous-sol, sur un terrain d’environ 10 000 m².
Avant toute transformation "irréversible" de la parcelle, Anthony Belin demande des réponses précises : quelle surface restera en pleine terre, quelle part sera imperméabilisée (bâtiments, accès et emprise des sous-sols compris), quels volumes d’eau pourront être infiltrés ou retenus sur place, et que se passera-t-il quand les dispositifs de rétention seront pleins et les réseaux saturés ?
"Chaque opération peut avoir son propre dispositif de gestion des eaux", reconnaît l’élu, mais il s’interroge sur la prise en compte de leurs effets cumulés à l’échelle d’un quartier et de la ville. "Un terrain libre n’est pas un terrain inutile", écrit-il, estimant que sa capacité à laisser pénétrer l’eau et à ralentir les écoulements constitue un service rendu aux habitants. Il ajoute que la ville a besoin de logements, mais aussi de quartiers habitables et de sols perméables.
Cinq demandes
Au nom de son groupe, Anthony Belin formule cinq demandes :
- Un moratoire immédiat sur la politique d’urbanisation, avec le gel des projets en cours en mobilisant, pour chacun, les leviers légalement disponibles. Pour les opérations déjà autorisées, il demande un examen de leur situation et l’ouverture de discussions avec les porteurs de projets afin d’obtenir une pause et une réévaluation.
- Une évaluation hydraulique indépendante et publique, portant sur les projets pris séparément et sur leurs effets cumulés : ruissellement, infiltration, rétention, capacité des réseaux, conséquences pour les voisins. Elle devrait tirer les enseignements des dernières pluies et examiner le fonctionnement des ouvrages en cas de dépassement de leur capacité.
- L’engagement d’une évolution du PLU, par modification ou révision, avec l’autorité compétente. Elle viserait à renforcer la protection des sols perméables, préserver les espaces nécessaires à la gestion de l’eau et réexaminer la densification dans les secteurs sensibles.
- Une véritable consultation des riverains, qui doivent pouvoir accéder aux dossiers et discuter d’alternatives avant que les décisions deviennent irréversibles. Une réunion d’information présentant un projet déjà "ficelé" ne suffit pas, estime l’élu.
- Le maintien de l’éclairage public lors des épisodes cévenols, via un protocole activé dès l’annonce d’un épisode susceptible de toucher Lunel et valable toute la nuit. Selon lui, cette mesure faciliterait le travail des services municipaux, les interventions des secours et les déplacements indispensables, dans le respect des consignes de sécurité.