Publié il y a 35 min - Mise à jour le 29.10.2026 - O.L. - 3 min  - vu 26 fois

ARLES L’Arlésienne a besoin de pépettes pour mener et publier des enquêtes

Journée portes ouvertes samedi au local de l'Arlésienne, 1 rue Augustin Tardieu.

- Léa Cuissard

L’Arlésienne, titre de presse d'enquêtes locales, se donne un mois pour trouver les moyens de perdurer en 2027. "Nos ventes sont bonnes, nos abonnements augmentent, mais il faut plus", indique l’équipe de journalistes indépendants. Une campagne est lancée pour trouver des fonds tout ce mois de novembre 2026. Elle débute par une journée portes ouvertes au local samedi de 14h à 18h, 1 rue Augustin Tardieu.

"Plus de pépettes pour plus d'enquêtes !". L'Arlésienne, magazine indépendant d'enquête sur le territoire du Pays d'Arles, lance un appel au soutien de son travail d'enquête tout le mois de novembre. "On démarre ce sprint avec une journée portes ouvertes qui se tiendra ce samedi 31 octobre de 12h à 18h au local, 1 rue Augustin Tardieu. Au programme : tombola, distribution d'anciens exemplaires, exposition de nos unes, etc. Si vous ne nous connaissez pas, vous pouvez lire ce papier du Monde ou de La Provence qui parle de notre procès gagné en première instance contre le RN. Les enjeux sont nombreux : faire vivre une presse engagée à enquêter sur son petit pays, faire face à un procès en appel contre le RN beaucairois, être vigilant sur les décisions politiques locales (ligne THT, l'agriculture et les travailleurs détachés, le RN aux manettes des mairies, etc.) et sonner l'alerte quand se montrent les inégalités et les injustices. Il faut aussi organiser des concours de pétanque et le loto au printemps. Rien que ça", explique Éric Besatti, le fondateur du journal.

Toujours plus d'enquêtes

Parmi les nombreux sujets fouillés, on peut citer l'affaire des Napoléons. "Alors qu'ils promettaient de transformer une ancienne école de la ville en tiers-lieux, ils ont déposé un permis de construire d'un hôtel-restaurant... Ces révélations se sont invitées dans le débat public en conseil municipal, ont été reprises par Le Monde. Depuis, la société a renoncé à s’installer puis a été liquidée. Dans les dossiers en cours, il y a celui d'un protocole financier entre la mairie et un promoteur très avantageux pour ce dernier… Qui est aussi un soutien politique du maire".

Les enquêtes sur les travailleurs détachés et les conditions inhumaines de travail et d'hébergement dans l'agriculture se poursuivent… "Nous continuons toujours notre travail sur ce sujet, notamment en suivant l'actualité judiciaire de Didier Cornille, plus grand producteur de salades d’Europe. L'Arlésienne a révélé de la plainte pour corruption contre Patrick De Carolis, maire d'Arles. Un article toujours très consulté sur notre site internet concerne l'arnaque des Tisseuses de rêve, une pyramide de Ponzi qui ne dit pas son nom, dont l'Arlésienne est une des rares rédactions dans toute la francophonie à y avoir consacré un article. Notre article fait aujourd'hui référence."

Après presque dix ans d'existence et à l'aube de publier son trentième numéro papier, l'Arlésienne travaille toujours à chercher un modèle économique pérenne, c'est-à-dire qui ne repose plus sur la précarité de ses journalistes. "On progresse, mais la quête est longue. Pour démarrer cette campagne, nous nous sommes entourés de précieux conseils des collègues du milieu et avons multiplié les réunions à l'apéro-marché entre bénévoles. On a mis tout notre jus de cerveau ! Mais nos moyens restent limités."

Pérenniser et numériser le titre

L'Arlésienne a plusieurs facettes. Comme le veut son sous-titre, elle est "enquête", mais aussi "gazette" et "anisette". "Nos articles de ces rubriques, pour la plupart uniquement publiés dans la version papier trimestrielle du journal, mettent en lumière collectifs, associations, clubs ou commerçants. Des angles de vue qui permettent de voir la beauté de la vie en société. Notre ligne éditoriale ? Mélanger les origines et les réalités sociales dans nos colonnes, comme nous essayons de le faire lors de nos événements, tournois de pétanque ou lotos. L'Arlésienne a déjà une belle originalité et un tempérament combatif. Mais cela ne suffit pas encore. Nous partons en campagne de dons par nécessité, mais la petite équipe de l'Arlésienne doit très vite retourner à son cœur de métier : aller sur le terrain, enquêter et écrire des articles. Au plus vite cette campagne aura donné ses fruits, au plus vite on pourra redevenir journalistes à 110 %", espère Éric Bessati.

Pour la pérennité du titre, la nouvelle génération de journalistes arrive et il faut lui proposer des conditions de travail acceptables. "Depuis dix ans, le titre vit grâce à la précarité de ses fondateurs. Aujourd'hui, l'Arlésienne veut se développer. L'objectif à court et moyen terme est de rendre accessibles tous nos articles sur écran via un abonnement, de faire plus de contenu vidéo sur les réseaux sociaux pour démocratiser nos enquêtes et gagner des abonnés, et ainsi moins dépendre des dons. Nous visons 80 000 € d'ici fin novembre pour enfin rentrer dans le cadre légal de rémunération des journalistes et développer le journal. Nous sommes reconnus d'intérêt général et les dons faits sont défiscalisables à 66 %. Une équipe de journalistes dédiée à enquêter est un luxe pour un territoire. Un luxe nécessaire qui a besoin de vous !".

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