Le 19 septembre dernier, 2 500 personnes, dont 140 élus, étaient rassemblées dans le théâtre antique d'Arles, pour dire non au projet de ligne aérienne à très haute tension. Une démonstration de force démocratique qui, en toute logique, aurait pu faire bouger les lignes. Dans la foulée de ce rendez-vous historique, le préfet de région avait donné rendez-vous aux opposants de ce projet.
La rencontre a finalement été avancée... de 12 jours. "Le préfet nous a reçus mardi 13 octobre pour nous faire savoir qu'il autorisait l’ouverture de l’enquête publique préalable à la DUP (déclaration d'utilité publique), indique Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif. On est en octobre, c'était dans le schéma de RTE. On espérait que le rassemblement du 19 septembre change la donne. Mais non. On est dans la raison d'État avec des arguments qui ne tiennent pas la route."
Cette nouvelle étape dans la procédure est un coup dur pour les opposants qui, depuis trois ans, ont "discuté, échangé, rencontré, proposé une solution alternative". "Le Collectif THT13/30 prend acte de cette décision avec colère, mais aussi avec une profonde tristesse. Nous avons proposé. Nous avons construit. Nous avons cherché. Nous avons tendu la main. Mais l’État, RTE et les industriels de Fos-sur-Mer ont choisi la violence ! Alors qu’un accord historique de consensus territorial leur était offert, ils ont préféré imposer."
"Très déçus", mais loin d'être abattus, les opposants à ces 180 pylônes géants l'affirment : "On ne lâchera rien. Cette ligne ne se fera jamais ! On sera tous perdants. Ils ont choisi le rapport de force, ils le paieront. Ce n'est pas ce qu'on voulait. On a été très cool jusqu'à présent, on le sera un peu moins. Oui, on va commencer à changer de ton", lâche le porte-parole du collectif.
L'enquête publique débutera le 9 novembre prochain pour une durée d'un mois, avec une prolongation potentielle de 15 jours. Cinq commissaires-enquêteurs (le maximum) seront désignés. C'est dire l'affluence attendue.