Publié il y a 3 h - Mise à jour le 01.11.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 119 fois

FAIT DU SOIR La châtaigne dignement fêtée à Lasalle, mais le fruit souffre

Maïa a récemment repris l'exploitation de ses parents à Lasalle

- François Desmeures

Tous les saints de la châtaigne se donnent rendez-vous à Lasalle, chaque 1er novembre, pour l'une des plus grosses fêtes de l'emblématique fruit cévenol. Sous un soleil radieux, la manifestation a une nouvelle fois réuni des milliers de personnes pour la châtaigne, mais aussi pour une foule de produits du terroir, entre Gard et Lozère. L'occasion de prendre le pouls de la production et des vergers, avec les castanéiculteurs, après une année au climat violent.

Avec le soleil, le public est venu en nombre ce dimanche 1er novembre • François Desmeures

Un immense moment convivial avant la torpeur hivernale, autour du fruit emblématique qui sauva des générations de Cévenols de la famine. N'étant plus un moyen de subsistance indispensable, la châtaigne des Cévennes est désormais une appellation d'origine protégée et donne lieu à des fêtes, chaque week-end d'automne, entre Gard et Lozère. Celle de Lasalle est une des plus imposantes, sur un 1er novembre dont la météo peut se révéler capricieuse. Mais quand il fait beau, comme en ce premier dimanche du mois, la réussite est totale.

La châtaigne et ses produits dérivés • François Desmeures

Entre deux ventes, les castanéiculteurs présents se laissent volontiers interrompre pour échanger sur leur production. L'occasion de les interroger sur leur récolte annuelle et de la santé des vergers, alors qu'on sait le châtaignier menacé dans les Cévennes, à terme, par le réchauffement climatique. Et que l'année 2026 a sans doute livré un avant-goût du climat violent des prochaines décennies. Si, globalement, les producteurs qui témoignent ont noté une baisse de leur volume, parfois importante (notamment en Lozère), quelques pluies localisées de fin d'été ont sauvé certaines productions. Mais tous notent une souffrance des arbres. 

Le stand de châtaignes grillées de l'association des parents d'élèves est toujours en bonne place dans la fête lasalloise • François Desmeures

"La canicule et la sécheresse ont été très importantes cette année, relève immédiatement Maïa, castanéicultrice à Lasalle, justement. Mais les orages de début septembre ont sauvé la mise, heureusement qu'on les a eus." Si les arbres étaient "chargés en bogues" et que les pluies salvatrices ont permis de les faire grossir, le calibre est tout de même plus petit que les autres années. 

"En versant sud, toutes les dauphines sont en train de mourir"

Positive, Maïa se satisfait d'une chose, c'est que la chaleur et la sécheresse ont permis de "ne pas avoir beaucoup d'insectes, et pas beaucoup de pourriture. Mais chaque année est différente, a fortiori en agriculture biologique où on utilise aucun traitement". La productrice est toutefois consciente que le surplus de précipitations, l'hiver dernier, "a sauvé les arbres. Les nappes ont pu remonter et ont pu donner aux arbres ce dont ils avaient besoin cet été". Quant à savoir si elle craint de voir les châtaigniers affaiblis l'année prochaine, "on verra...", lâche-t-elle. 

Maïa a récemment repris l'exploitation de ses parents à Lasalle • François Desmeures

Colognac n'est pas bien éloigné de Lasalle. Mais les microclimats des versants ont dû jouer, car pour Adrien Vézinet, de la ferme Brin de Castagne, l'année est "catastrophique. Enfin, ça dépend de la variété... Mais, globalement, on a divisé la production par trois, voire plus. Je pensais que les 130 mm de pluie en septembre avaient sauvé la saison, mais non. Même si on sait qu'en temps normal, la Dauphine est déjà capricieuse, poursuit-il en évoquant les variétés de châtaignes. Mais, en versant sud, toutes les dauphines sont en train de mourir." 

Adrien Vézinet, de Brin de Castagne à Colognac • François Desmeures

"C'est une souffrance des arbres qui va forcément se répercuter sur l'année prochaine et les suivantes", est convaincu Adrien Vézinet. Qui s'est mis à "ouvrir des zones de variétés de dauphines à changer, que je regreffe en Pellegrine". Plus tardive, la variété a plus de chance de bénéficier d'éventuelles pluies de septembre...

Sous le préau, la foule au moment du repas • François Desmeures

À Saint-Étienne-Vallée-Française, Nadia évoque aussi le manque d'eau qui donne "des calibres plus petits. On n'a même pas encore fini de ramasser !", s'étonne-t-elle. Camille Fages vit la même chose au Collet-de-Dèze, avec "des châtaigniers encore verts, qui ne lâchent pas leurs bogues". 

Camille Fages, castanéicultrice au Collet-de-Dèze • François Desmeures

Pour elle aussi, l'année 2026 est "une catastrophe, avec une perte d'environ 50% de la production. On a eu la canicule et pas de pluie au dernier moment, regrette-t-elle. Les fruits s'épluchent mal et les calibres sont petits, voire minuscules. On ne peut les valoriser qu'en farine."

Les pommes reinette du Vigan, autre star de la saison • François Desmeures

"On a espéré des pluies utiles pour la Pellegrine, en fin de saison, poursuit Camille Fages. Mais elle les a juste fendues et fait tomber." Quant aux arbres, "pour l'instant, ils n'ont pas souffert. Mais c'est difficile de se prononcer pour le futur. J'ai peur qu'ils aient pris cher. On a des craintes mais pas de certitudes. En tout cas, ils ont puisé dans leurs réserves pour faire des fruits", ne doute pas Camille Fages. Qui constate avec tristesse : "On ne pensait pas ressentir le dérèglement climatique aussi vite." 

Le parc des Glycines, autre point névralgique de la fête • François Desmeures

Le dragon du forgeron Géraud Barier, qui fascine toujours autant • François Desmeures

Le groupe folklorique lasallois des Fanfarons, fidèle au rendez-vous • François Desmeures

"La Vieille Gisèle", bières brassées à Lasalle • François Desmeures

Christophe et Pascale Maurin dans leur étal Au vrai de vrai, qui arpente toute l'année les marchés de Saint-Hippolyte-du-Fort à Saint-Jean-du-Gard, en passant par Lasalle et Anduze • François Desmeures

Un amateur exposant ses derniers champignons prélevés dans les sous-bois alentours • François Desmeures

Lise Houin, de l'élevage du Val d'Émeraude à Lasalle, prodigue ses derniers conseils aux enfants avant un tour en poney • François Desmeures

La distillerie B&G a fat le voyage de Bez-et-Esparon • François Desmeures

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Sud, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifsud.fr
François Desmeures

Economie

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio