Les commerçants ont désormais une interlocutrice à temps plein en mairie. Depuis deux mois, Léna Acosta, manager de commerce, prend ses marques à Pont-Saint-Esprit, pousse les portes des boutiques et recueille les demandes. Une démarche administrative, une question sur une façade, un projet à développer : les sujets arrivent vite. « Ils sont très contents d’avoir un interlocuteur à la mairie, de savoir vraiment à qui ils peuvent s’adresser », rapporte-t-elle. La veille, une commerçante lui avait signalé un problème. Le lendemain matin, il était réglé.
Ce poste correspond aussi à un choix personnel. Léna Acosta a grandi à Bagnols-sur-Cèze avant de partir étudier la communication à Cannes, puis à Lyon pour son master. Les cours de communication territoriale lui donnent une direction. Ses expériences professionnelles la confortent dans cette voie. Devenir manager de commerce lui permet aujourd’hui de retrouver son territoire et un métier qu’elle avait appris à connaître en travaillant avec celles et ceux qui l’exercent.
De Cannes aux commerces spiripontains
À la mairie de Cannes, au sein du service développement territorial, Léna Acosta a travaillé sur les animations commerciales et l’accompagnement quotidien des commerçants. Elle a ensuite passé deux ans chez Proxity, une entreprise qui intervient auprès de plus de cinquante communes françaises. Auprès d'eux, la jeune femme a mené des actions adaptées aux besoins des commerçants et aux habitudes d’achat locales.
C’est cette diversité d’expériences qui a retenu l’attention de la municipalité. Patrice Gourret, adjoint à l’économie et à l’attractivité, met en avant sa polyvalence et sa complémentarité avec l’équipe. Le recrutement a bénéficié de financements obtenus dans le cadre de Petites Villes de demain. Pour l’élu, il faut aussi aider des professionnels souvent absorbés par leur propre activité à travailler ensemble : « Ce sont des métiers solitaires, il faut les rendre solidaires. »
Noël pour lancer une première opération commune
Le premier rendez-vous est fixé du 7 au 28 décembre, avec une tombola de Noël. Le principe est simple : un achat chez un commerçant participant donne une chance de gagner. Les lots seront eux-mêmes achetés dans les commerces de Pont-Saint-Esprit. La municipalité promet des cadeaux attractifs pour inciter les habitants à faire leurs achats sur place.
L’opération sera présentée aux commerçants lors d’une rencontre le 16 novembre. Pour Léna Acosta, ces animations répondent à une attente exprimée lors des premiers échanges : donner aux habitants des raisons de franchir la porte des boutiques et créer des occasions de travailler ensemble. Un logo commun a également été créé pour identifier les commerces spiripontains et encourager l’achat local.
Des boutiques à rouvrir, des rues à faire vivre
Au-delà des fêtes, la Ville veut s’attaquer aux locaux commerciaux vacants. La mission de Léna Acosta consiste aussi à rechercher des porteurs de projets, à faciliter leurs contacts avec les propriétaires et à accompagner les créations ou les reprises. Une maison du commerce est annoncée pour accueillir les professionnels, les futurs commerçants et les échanges autour de leurs projets. Le lancement d’états généraux doit également permettre de recueillir les besoins des acteurs économiques, des habitants et des usagers.
La municipalité entend travailler à la fois dans le centre et en périphérie. Patrice Gourret insiste sur la géographie d’une ville qui s’étire en longueur : les animations devront aussi trouver leur place au-delà du Champ-de-Mars et de la place de la République, notamment du côté de Jean-Jaurès et de Gambetta. Pour 2027, plusieurs temps forts sont envisagés autour du printemps, de la fête des Mères, d’Octobre rose, d’Halloween et de Noël. De quoi bien remplir l’agenda de Léna Acosta, la nouvelle manager de commerce, pour les mois à venir.