Le 23 octobre dernier, un attentat raciste a été perpétré à Trappes et à La Verrière, coûtant la vie à un jeune homme de 26 ans et faisant plusieurs blessés grave dont une enfant de 12 ans.
Ali Rabeh, maire de Trappes, appelait à un grand rassemblement devant l’hôtel de ville de sa commune ce vendredi à 18h. Vincent Bouget, premier édile de Nîmes, appelait lui aussi à se rassembler devant la Mairie afin de porter un message fort d’unité et de détermination face à la haine et la violence raciste.
« L’auteur de l’attentat visait explicitement des personnes racisées et musulmanes, dans un contexte de banalisation des propos racistes et anti-musulmans. Ce crime suscite effroi et colère dans tout le pays » rappelait Vincent Bouget.
Près d’un millier de personnes. Toutes venues pour un but, être ici et maintenant pour jauger de la valeur de la société. D’autres venaient sans doute pour « communier » dans un pays encore laïque, où la pensée est libre et où la liberté de culte est totale. « Nous sommes venus parce que c'était important, pour nous, d'être là, de revenir et d'être ensemble pour penser à ce qui s’est passé. Je ne m’intéresse pas à l’actualité mais je sens que les choses se tendent, que les esprits s’échauffent » notent des Nîmois.
Nîmes ne connaît que trop bien les guerres de religion… Même si les siècles passent, les peurs se réveillent, se révèlent. Quand on pose la question d’une histoire qui se répète, on n’ose y croire. Pourtant, l’instant est fragile.
Autre moment fragile, celui de l'hymne national repris avec ferveur et émotion par les Nîmois présents devant l'Hôtel de Ville. Une Marseillaise vibrante.
Marie-Pierre en est sûre, « Ce genre de rassemblement ne peut pas nous faire de mal. Nous nous éloignons de nos semblables, nous ne voyons plus la diversité, nous ne voulons plus l’affronter car nous en avons peur. Nous n’acceptons pas l’Autre alors que c’est ce qu’il y a de plus beau dans notre monde. »
La Planète est belle, le soleil se lèvera encore et l’Humain demeurera. On ne connaît pas l’avenir mais on peut consigner le passé. Le racisme ? Il est bien réel mais faut-il y croire ? N’est-ce pas une dérive de notre espèce qui standardise tout, qui normalise tout. Racontons-nous une belle et nouvelle histoire, tous ensemble. En tout cas un espoir demeure !
À Bagnols, une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel de VISA 30
« À bas le racisme ! » Devant le monument aux Morts de Bagnols-sur-Cèze, le slogan retentit. Le chant italien Siamo tutti antifascisti qui signifie « Nous sommes tous antifascistes » suit. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel de VISA 30 (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes ), en soutien aux victimes de l’attaque de Trappes.
Le collectif qualifie l’attaque de « terroriste, raciste et islamophobe ». VISA 30 dénonce « la diffusion croissante des idées d’extrême droite et la libération de la parole raciste ». Le collectif encourage à combattre ces idéologies « sans relâche et sans aucune complaisance ». Cet appel rassemble la CGT Éducation, la CGT Territoriaux, la FSU 30, le SNES-FSU, la FSU-SNUipp, Solidaires 30, Solidaires étudiant·es, SUD CT, SUD Éducation, SUD Santé Sociaux et la CNT 30.