Publié il y a 37 min - Mise à jour le 30.10.2026 - Romain Fiore - 4 min  - vu 26 fois

SALINDRES Un espoir de reprise pour l'usine de Bios Développement et ses salariés

Bios développemment

Les salariés de Bios Développement ce vendredi matin après avoir la volonté de fermer le site par la direction. On peut lire sur le portail derrière "Ouvriers pas contents".

- Romain Fiore

Bios Développement, entreprise d'engrais bio, est menacée depuis la semaine dernière d'une fermeture de son site à Salindres. Une fermeture que les dix salariés veulent repousser. Mais après l'annonce de la direction ce jeudi à la suite d'un CSE extraordinaire, les salariés espèrent encore la reprise par un repreneur qui devrait visiter les locaux la semaine prochaine. 

« On sait que dans quarante et un jours, c'est fini. » C'est le visage triste et dans une ambiance morose que les salariés de Bios Développement, entreprise d'engrais bio basée à Salindres, ont appris la nouvelle. Hier soir, deux des dix employés de l'entreprise sont montés dans le Maine-et-Loire, à Bellevigne-les-Châteaux (anciennement Chacé), pour participer à un comité social et économique (CSE) extraordinaire, dans les locaux de l'entreprise Éléphant Vert, qui détient Bios Développement et sa maison mère, Bio 3G.

Une fermeture confirmée par la direction

À cette occasion, Mikael Pelatan, qui y travaille depuis vingt ans, accompagné de son collègue, avait demandé des explications sur la volonté de fermer l'entreprise, annoncée le 16 octobre dernier lors d'une visioconférence. « Nous, on a appris ça un matin en visioconférence, sachant qu'ils ne se sont jamais déplacés sur le site pour dire quoi que ce soit. Donc, on avait demandé à être conviés à ce CSE », confie Yoann Moyeux, employé depuis six ans.

Sur place, les dirigeants, dont le directeur, qui participait également en visioconférence, ont tenté de justifier cette décision par plusieurs facteurs, selon les salariés. « Ils nous ont confirmé la poursuite du projet de fermeture du site en essayant de se dédouaner au maximum. Pour eux, c'est un peu la faute de tout le monde, un peu à cause de la guerre en Ukraine, de la hausse de l'énergie et des baisses de commandes. Selon eux, ils ont tout essayé pour sauver l'usine, mais n'y sont pas arrivés », raconte Mikael Pelatan.

Bios Développement
Un repreneur pourrait venir secourir l'entreprise.  • Romain Fiore

Mais l'autre point marquant de cette réunion concerne la mise en demeure prononcée en juin par la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), qui imposait une mise aux normes de l'entreprise. Le délai pour se mettre en conformité a expiré fin septembre. Selon les salariés, la direction rejetterait la faute sur la mairie, qui aurait « balancé » à la DREAL le manque de mise aux normes.

Contacté, le maire de Salindres, Étienne Malachanne, ne partage pas cette version des faits. « On n'a balancé absolument personne. C'est peut-être la direction qui a trouvé cette porte de sortie plus facile et qu'ils n'ont pas aimé les articles dans la presse, mais on n'a balancé absolument personne. De toute façon, l'arrêté vient de la DREAL. Au contraire, si on peut les aider pour que cet arrêté ne soit pas un frein à la reprise, évidemment, on le fera. »

Un espoir de reprise malgré les refus de primes

Si les salariés avaient formulé des demandes de primes de licenciement, notamment supralégales, celles-ci ont été refusées. Un espoir subsiste néanmoins avec un potentiel repreneur. « Il y a la possibilité qu'il y ait un repreneur. Il doit venir sur le site la semaine prochaine. Il y a désormais des espoirs fondés. Nous le connaissons. Donc, il faut vraiment espérer qu'on aille au bout », espèrent les salariés.

En attendant, l'entreprise avait suggéré une autre possibilité de reprise avec la société IRIS, située à quelques mètres des locaux de Bios Développement. Là encore, il ne s'agirait pas d'une reprise intégrale, mais d'une démarche individuelle : les salariés devraient candidater au cas par cas pour espérer être intégrés dans cette entreprise.

Une production en baisse depuis trois ans

Pour la dizaine d'employés, le moment est désormais à l'attente de cette potentielle reprise. Certains travaillent dans l'entreprise depuis vingt, quinze, treize ou encore six ans. Ils ont commencé à voir le vent tourner il y a trois ans. À l'époque, la production atteignait encore 15 000 tonnes, mais elle a commencé à diminuer avec la hausse des matières premières. Désormais, l'entreprise ne fabrique plus que 9 000 tonnes et a cessé sa production de produits liquides, qui représentait une part importante de son activité. Celle-ci a été transférée depuis trois ans à Bellevigne-les-Châteaux, dans le Maine-et-Loire.

Les salariés de Bios Développement espèrent une reprise dans les jours qui suivent. • Romain Fiore

Les employés attendent désormais que les démarches politiques se mettent en place et espèrent obtenir le soutien des élus locaux pour favoriser cette reprise. Ils ont notamment tenté de contacter la sous-préfète, Lucie Roesch, ainsi que le président de l'Agglomération d'Alès, Christophe Rivenq, mais n'ont obtenu aucun retour. Une différence avec Jean-Luc Gibelin, vice-président chargé des mobilités à la Région Occitanie et conseiller municipal délégué à la vie économique de Salindres, qui s'est déplacé à l'usine dans la semaine.

La mairie veut accompagner les salariés

De son côté, la mairie assure avoir informé la sous-préfecture et le président de l'agglomération de l'évolution de la situation.

Après la fermeture de Solvay, qui avait fait grand bruit dans la presse nationale, la commune pourrait à nouveau perdre une usine de son bassin économique. « Ça ferait beaucoup si elle fermait également. D'autant plus qu'on a été très surpris par cette fermeture, alors que des journées portes ouvertes ont été organisées il n'y a pas longtemps. Il faut désormais les soutenir, évidemment, et on fera le maximum. On va faire en sorte que cette mise en demeure ne soit pas un frein et travailler main dans la main avec la DREAL pour aider la prochaine entreprise, s'il y a une reprise. Ce serait un moindre mal », conclut le maire.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Sud, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifsud.fr
Romain Fiore

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio