L’Espace Cazot à Alès s’est transformé, ce vendredi en fin de matinée, en véritable rendez-vous politique. Face à Gérard Larcher, président du Sénat, les élus locaux et grands électeurs du Gard étaient nombreux à avoir fait le déplacement. Au premier rang, Laurent Burgoa, sénateur sortant et tête de liste de « Pour le Gard, tout le Gard ! », accompagné notamment de Valérie Meunier, numéro 2 de la liste.
Une présence qui n’est pas anodine à quelques semaines des élections sénatoriales. En ouvrant la réunion, Valérie Meunier a insisté sur l’enjeu de ce scrutin et sur sa volonté de porter la voix des communes gardoises au Palais du Luxembourg. « C’est avec une grande émotion et une responsabilité que je vous accueille ce matin. Pour ensemble préparer l’avenir de notre territoire du Gard et de notre République », a-t-elle lancé devant les élus.
À ses côtés, Laurent Burgoa veut jouer la carte de l’union. Sa liste se revendique comme une « liste d’union de la droite et du centre », réunissant plusieurs sensibilités politiques autour d’un même objectif : conserver une représentation forte du Gard au Sénat, eux qui ont actuellement deux des trois sièges gardois.
Larcher : « Les collectivités locales sont les grands oubliés »
Après Christophe Rivenq, maire d'Alès, qui a accueilli la session et a également affiché son soutien à la liste, Gérard Larcher a pris la parole devant les élus. Le président du Sénat a rapidement placé son intervention sur le terrain de la défense des collectivités locales.
« Les collectivités locales sont depuis quelques années les grands oubliés des décisions nationales », a-t-il estimé, évoquant notamment les contraintes financières et réglementaires qui pèsent sur les communes, les intercommunalités, les départements et les régions.
Pour Gérard Larcher, le Sénat doit précisément jouer ce rôle de relais entre les territoires et le pouvoir national. « Le Sénat, c’est le représentant des collectivités territoriales », a-t-il rappelé.
La sécurité et le narcotrafic au cœur des échanges
Impossible également pour Gérard Larcher de venir à Alès sans revenir sur les difficultés rencontrées récemment par le territoire en matière de sécurité. Le président du Sénat a notamment évoqué les événements survenus au mois de juillet et les menaces qui peuvent peser sur les élus, notamment sur Christophe Rivenq.
« Je ne peux pas commencer Alès sans parler de sécurité avec ce que vous avez vécu au mois de juillet », a-t-il déclaré au maire d'Alès, avant de rappeler que le narcotrafic ne concerne désormais plus seulement les grandes villes. « Cette réalité, je la vis aussi », a-t-il poursuivi, citant l'implantation du narcotrafic jusque dans des territoires ruraux.
Gérard Larcher a également défendu le travail réalisé au Sénat sur la lutte contre la criminalité organisée et le blanchiment d’argent. Un sujet particulièrement sensible dans le Gard et sur lequel il entend faire de la sécurité des élus une priorité.
« J’aimerais tant avoir enfin une sénatrice alésienne »
Mais derrière les grands enjeux nationaux, la venue de Gérard Larcher avait surtout une portée électorale. Le président du Sénat a clairement affiché son soutien à Laurent Burgoa et à sa liste. Christophe Rivenq l’avait lui-même annoncé quelques minutes auparavant : « Le petit maire d’Alès que je suis est aujourd’hui un grand défenseur de votre institution et un grand soutien de la liste que mène mon ami Laurent Burgoa. »
Le maire d’Alès a surtout mis en avant Valérie Meunier, qu’il a choisi de placer en deuxième position sur la liste. Une position stratégique qui pourrait permettre à l’élue alésienne de faire son entrée au Sénat si la liste obtient suffisamment de sièges. Gérard Larcher a, lui aussi, appuyé cette candidature. « Je serai heureux qu’Alès ait une sénatrice », a-t-il lancé devant les grands électeurs.
Une phrase qui fait directement écho au souhait formulé par Christophe Rivenq quelques instants plus tôt : « J’aimerais tant avoir enfin une sénatrice alésienne ». Valérie Meunier pourrait ainsi prendre la succession de Vivette Lopez, sénatrice du Gard qui a choisi de ne pas briguer un nouveau mandat.
Burgoa, « un vrai relais du Gard à Paris »
Dans son intervention, Gérard Larcher a également directement valorisé le travail de Laurent Burgoa. Le président du Sénat a insisté sur son ancrage local et sur les échanges réguliers entre le sénateur et les élus du département. « C’est un sénateur en quelque sorte qui rencontre en permanence [...] les préoccupations des communes du Gard », a-t-il souligné.
Le président du Sénat a notamment évoqué les comptes rendus réguliers adressés par Laurent Burgoa après ses visites dans les communes gardoises. Pour Gérard Larcher, cette présence sur le terrain fait du sénateur sortant « un vrai relais du Gard à Paris ».
« J’ai besoin d’une équipe d’une majorité sénatoriale qui soit forte »
En conclusion de son intervention, Gérard Larcher a assumé le caractère politique de sa venue à Alès. « J’ai besoin d’une équipe, d’une majorité sénatoriale qui soit forte », a-t-il déclaré.
Face aux élus et grands électeurs, le président du Sénat a donc appelé à poursuivre le travail collectif autour de la liste « Pour le Gard, tout le Gard ! ».
Après Alès, le président du Sénat a ensuite poursuivi sa journée gardoise à Codognan, où une seconde rencontre était prévue.
À Codognan, Larcher a défendu les identités locales
Philippe Gras, maire de Codognan, a accueilli Gérard Larcher sur le parvis de la mairie, devant la tour de l’horloge dont il avait inauguré la restauration en 2024. La délégation a ensuite rejoint le premier étage de la mairie, où un point presse a précédé une réunion publique à la Maison du Peuple.
Laurent Burgoa y a rappelé son travail mené « commune par commune » et son ambition de faire entrer Valérie Meunier au Sénat. Gérard Larcher a décrit un pays « divisé » et « fracturé », estimant que « c’est dans la commune que se situe le ciment de la République ».
Pour défendre les traditions locales, il a choisi une comparaison pour le moins inattendue. Revenant sur une proposition de loi visant à interdire aux moins de 16 ans d’assister aux corridas et aux combats de coqs, rejetée par le Sénat en novembre 2024, il a rappelé s’être « mis en travers ». « Je pense qu’il ne faut pas toucher aux identités », a-t-il affirmé, avant de comparer cette mesure à une interdiction de la pêche à pied aux moins de 16 ans dans les îles du Ponant.