Publié il y a 5 h - Mise à jour le 04.09.2026 - Olivier Lemierre - 2 min  - vu 139 fois

ARLES La CGT organise la résistance pour rester à la Bourse du travail

L'Union locale CGT refuse d'abandonner son espace à la bourse du travail.

- Olivier Lemierre

Sommée par le maire d'Arles Patrick de Carolis de quitter les locaux occupés depuis 1900 à la Bourse du travail, la CGT organise l'occupation des lieux. Pas question pour le syndicat de se retrouver dans un espace 20 fois moins grand. Le combat juridique se poursuit et un appel à un soutien financier de la lutte est lancé.

Ce matin, dès 6h, les adhérents de l'Union locale CGT d'Arles se sont retrouvés à la Bourse du travail pour préparer l'éventuelle riposte à une expulsion des lieux par la force publique. En effet, le 2 septembre dernier, le syndicat a reçu un commandement à quitter les lieux à partir du 3 septembre.

La mairie a décidé, voilà près de 3 ans, de récupérer la Bourse du travail, dans sa plus grande partie, pour y aménager l'office de tourisme situé pour l'instant à quelques mètres de là, boulevard des Lices. Un équipement ne correspondant plus aux besoins, notamment en termes de place pour l'accueil du public.

Mais la CGT refuse d'abandonner un espace historique pour les travailleurs et les organisations syndicales, et d'être relogée dans deux bureaux sur 20 m² dans le fond du bâtiment, dans l'aile sud, contre neuf bureaux et une grande salle actuellement, soit 400 m² d'espace. "Ce lieu que nous occupons depuis la création de l'union locale en 1900 n'est pas que symbolique. Nous bénéficions d'une salle de réunion et d'exposition qui est ouverte à tous. Cet été, dans le cadre des Rencontres photos, nous avons accueilli quatre expos. En moyenne, dans la grande salle, nous avons six initiatives par an. Il faut aussi le prendre en compte", arguent les représentants de l'union locale de la CGT, déterminés à ne rien lâcher.

"Cette décision dépend du préfet"

"Hier, nous étions plus de quarante à une assemblée générale. Nous avons besoin de cet espace, utile à tous : aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, aux précaires", assure Nicolas Bourcy, secrétaire général de l'Union locale CGT. Le syndicat mobilise ses troupes avec le soutien de l'union départementale pour faire face à une expulsion manu militari par les forces de l'ordre.

"Cette décision ne peut pas être prise seule par la municipalité. Elle dépend du préfet qui peut mobiliser la police nationale ou les gendarmes. Nous avons décidé d'un calendrier pour occuper les lieux car nous avons bon espoir d'une avancée sur le plan judiciaire. Même si le tribunal administratif a jugé en juillet que nous étions expulsables avec une astreinte de 50 € par jour, nous avons fait appel et nous avons aussi en cours une requête de sursis à exécution. La décision pourrait prendre trois mois."

Le syndicat regrette que la mairie n'ait pas accepté la médiation qui a été proposée. Il compte sur un mouvement plus général en France en faveur de la défense des Bourses du travail qui sont menacées dans de nombreuses villes, une soixantaine environ. "Un sénateur socialiste de l'Aude a demandé une mission gouvernementale sur le sujet après la décision de la mairie RN de Carcassonne de chasser les organisations syndicales de la Bourse du travail. Nous demandons un moratoire en attendant les résultats de cette mission. Nous avons les soutiens, localement, des unions locales CFDT et FO notamment, et nous lançons un appel au public pour nous aider, y compris financièrement, dans ce combat."

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