Objectif Sud : Que représentent ces vingt ans pour Da Storm ?
Ghislain Nouguier : Pour nous, ce n’est pas rien d’arriver à une vingtième édition. Cela fait vingt ans que la structure Da Storm existe. C’est évidemment en partie dû à nous, mais aussi beaucoup aux partenaires politiques et privés qui ont continué à nous soutenir. Beaucoup d’associations qui nous ont inspirés, à Lyon et à Nantes, n’existent malheureusement plus. Et nous, on a encore la chance d’exister aujourd’hui.
Quelle place occupait le hip-hop à Nîmes lors de la création de Da Storm ?
On a monté cette association à l’époque pour représenter la culture hip-hop. Il n’y avait pas d’événement à Nîmes. Il n’y avait pas Paloma, on parle carrément d’un autre temps. Il y avait le Rakan, un festival à Valdegour qui proposait du rap, et quelques soirées dans des bars. Nous, on est arrivés en 2006 avec l’envie de créer un événement un peu fort et marquant à Nîmes.
Comment s’est déroulée la première édition ?
Le concert, c’était Médine au cabaret Mistinguett, en face de Paloma pour la petite histoire. C’était un cabaret de thé dansant, tout en lambris de bois. Nous sommes arrivés là-bas avec un rap brutal, pas de déclaration Sacem. C’était complètement à l’arrache. On avait fait un battle de break, une exposition de graffiti et des soirées avec Kheops.
Kheops de retour cette année. Vous ne connaissiez pas encore le fonctionnement des subventions…
Tout ça s’est fait sans subvention à l’époque, parce qu’on ne savait pas du tout ce qu’était une subvention. On est arrivés avec nos maigres économies. C’était vraiment une énorme prise de risque. On était complètement inconscients de la légalité de l’organisation d’événements et de ce que cela pouvait donner par la suite. Dès la première édition, deux personnes, une du Département et une de la Ville de Nîmes, sont venues vers nous pour nous expliquer que les subventions existaient, qu’elles avaient vu notre travail et pouvaient nous aider. On va dire que l’aventure s’est déclenchée comme ça. Aujourd’hui, cela fait vingt ans et on a appris à fonctionner avec le modèle associatif et institutionnel.
La transmission était-elle présente dès le départ ?
Avant de faire de l’événementiel, on a commencé par des ateliers auprès des jeunes et des moins jeunes. Des ateliers rap, danse et graffiti. On vient aussi beaucoup de la pratique et de la volonté de transmettre. Au début, on pouvait nous demander de travailler bénévolement parce que c’était pour les enfants. L’objectif était de faire en sorte que les artistes issus de notre milieu puissent enfin être rémunérés pour leur travail d’artiste. Ce sont des artistes comme les autres.
Vous imaginez déjà les trente ans du festival ?
On espère peut-être être encore là pour les trente ou les quarante ans. Peut-être que nous, on sera partis avant. Mais vingt ans, pour nous, c’est beau et c’est important.
Les temps fort
Mardi 29 septembre, le vernissage de l’exposition 20 ans, tout simplement se tient à midi à l’Office de tourisme. Le soir, la soirée Raje part en live débute à 20 h à l’Annaba, suivie du showcase de la Sétoise Najwa.
Le Sémaphore programme trois projections à 20 h 30 dont Wu Tang Experience mardi 6 en présence de son réalisateur Olivier N’Guessan.
DJ Djel de la Fonky Family joue vendredi 2 octobre à partir de 19 h à Mauvais Quartier. DJ Kheops d’IAM lui succède samedi 3 octobre. Les deux soirées sont gratuites.
En partenariat avec Nîmes Basket les 3 et 4 octobre sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Samedi à partir de 13 h 30, Break the Rim réunit un battle individuel de hip-hop new style et un tournoi féminin de basket 3 contre 3. Dimanche, une initiation au basket, à la danse et au graffiti est proposée de 10 h 30 à midi.
Jeudi 8 et vendredi 9 octobre, les rencontres du RHOCC et PanoraMA, organisé par la FEMAG, débutent à 10 h à Paloma. Elles sont accessibles sur inscription, dans la limite des places disponibles. Vendredi soir, l’Open Mic et la finale française d’End of the Weak commencent à 20 h.
Samedi 10 octobre à 16 h, le Théâtre de Nîmes accueille The Imperial, une table ronde consacrée à Busta Rhymes et au Flipmode Squad. Raphaël Da Cruz l’anime en présence de Busta Flex et Sameer Ahmad. À 20 h 30, Le Rat Luciano et Rah Digga se produisent à Paloma.
Infos pratiques
Tout simplement hip-hop, du 29 septembre au 11 octobre à Nîmes. De nombreux rendez-vous sont gratuits. Programme complet, inscriptions et billetterie ici.