C'était une des premières mesures qu'il voulait mettre en place s'il accédait à la mairie de Vauvert. Nicolas Meizonnet a réalisé un audit financier de l'état des comptes de la commune. "Blanc, blême, cadavéreux, cadavérique, cireux, livide, pâle, plombé... voilà l'état des finances au début du mandat. Mais qu'en est-il aujourd'hui après presque six mois de mandat et sur la situation 2026 ?", lance violemment l'adjoint aux Finances, Daniel Santamatilde.
Et même si les conclusions ne sont pas encore définitives, puisqu'il faudra attendre encore quelques jours pour les avoir, les premières orientations ont déjà été dévoilées. "On n'a pas fait appel à McKinsey, ça a été fait par un cabinet privé et sérieux qui n'a pas d'intérêt particulier. Et on aura le loisir de le présenter aux Vauverdois pour faire la lumière et la transparence sur l'état réel des finances", annonce Nicolas Meizonnet.
En parallèle de ça, suite aux demandes qui ont été faites en préfecture, la Direction générale des Finances a remis à la commune une analyse financière synthétique. "Elle met en évidence une situation financière très préoccupante et une dégradation importante de plusieurs indicateurs", prévient le premier édile. Il évoque d'abord les dépenses de fonctionnement, "sur l'ensemble des chapitres, elle se trouve largement au-dessus des moyennes des collectivités comparables au niveau régional, avec un écart global de +24 %. Nous dépensons plus de 24 % supplémentaire par rapport aux autres".
Sur les charges de personnel, la DGFIP montre une forte progression en 2024, avec une hausse de 15,8 %, et en 2025 une nouvelle hausse de 6,8 %. "La capacité d'autofinancement brute est par ailleurs trois à quatre fois inférieure aux moyennes des collectivités comparables. Plus préoccupant encore, en 2025, l'épargne nette devient négative, avec -597 000 euros". La DGFIP souligne qu'une capacité d'autofinancement net négative constitue l'indicateur d'une insuffisance récurrente à générer des ressources internes et à couvrir les besoins de financement de la commune. "Autrement dit, l'autofinancement dégagé par la commune ne permet plus à lui seul de couvrir le remboursement du capital de la dette", ajoute le maire.
Au total, la commune est endettée à hauteur de 19 187 000 euros en 2025, représentant 1493 euros de dette par habitant, contre une moyenne nationale de 812 euros (+75 % au-dessus). La capacité de désendettement est également très largement au-dessus de la zone d'alerte. Le seuil est fixé à 12 années, la commune atteint 26 années en 2025 (moyenne nationale : 4 ans). "Ces chiffres et les mots ne sont pas une appréciation politique, ils sont issus d'une analyse financière réalisée par la DGFIP elle-même. La situation est encore pire que ce que nous avions imaginé".
Pour remédier à la situation, la DGFIP recommande d'effectuer des actions permettant de maîtriser les charges. "Elle préconise également des recettes sur le fonctionnement de la culture. Comme quoi parfois il faut faire payer les événements", lance Nicolas Meizonnet à l'opposition. "2026 ne peut pas effacer à elle seule les conséquences d'une tendance financière lourde qui s'est installée au cours des années précédentes". La majorité a annoncé que des mesures de redressement ont été prises, "qui n'auront un effet que sur une fraction d'une partie de l'exercice 2026". "L'objectif sera de garantir la pérennité dans le temps des services rendus à la population", conclut le maire, avant de lever la séance.