Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, et Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique à Marseille étaient en visite dans la cité phocéenne pour le lancement de la campagne nationale de prévention des risques liés aux épisodes méditerranéens.
Les inondations constituent le premier risque naturel en France par le nombre de personnes exposées. Sur le pourtour méditerranéen, plus de neuf millions de personnes sont concernées.
Face à la récurrence et à l'intensité des épisodes méditerranéens, aggravées par le changement climatique, l'État approfondit sa politique de prévention. En 2026, le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Transition écologique renouvellent pour la onzième année leur campagne de sensibilisation destinée au grand public et centrée sur les bons réflexes qui sauvent des vies.
Déployée de septembre à fin novembre dans 15 départements méditerranéens particulièrement exposés (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Ardèche, Aveyron, Aude, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Drôme, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales, Var et Vaucluse), cette campagne sera déclinée par plusieurs canaux (numériques, radiophoniques, télévisuels) et sa promotion sera assurée par les services locaux de l'État ainsi que par les collectivités territoriales.
Cela représente 9,1 millions d’habitants, sans compter les touristes. Les collectivités territoriales et les entreprises seront incitées à diffuser la campagne.
La campagne vise la mobilisation de tous : citoyens, collectivités et services de l’État, associations, entreprises. Le développement de la culture du risque auprès de toutes les parties prenantes participe en effet de l’efficacité de la politique publique de prévention.
Un premier objectif est de sensibilisation massive aux bons réflexes à adopter en cas d’intempéries. Un second objectif incite à l’action et facilitant l’accès à des ressources utiles tels que les bons réflexes à adopter en cas de pluies méditerranéennes intenses.
Les phénomènes hydrométéorologiques méditerranéens sont liés à des remontées d’air chaud, humide et instable en provenance de la Méditerranée. Ces remontées d’air peuvent générer des orages violents et parfois stationnaires. Ils se produisent le plus fréquemment en automne, lorsque la mer est chaude, ce qui induit une forte évaporation.
Plus de 100 mm de pluie peuvent ainsi s’abattre en une heure ou deux. C’est environ 15 % du total des pluies sur une année dans le Gard ! Avant que l’eau ne parvienne aux cours d’eau, des phénomènes brutaux de ruissellement peuvent survenir.
Rappelez-vous l’épisode méditerranéen du 31 août au 1er septembre 2025, caractérisé par des cumuls de précipitations localement très élevés sur 24 h, 162 mm à Uzès et des intensités horaires de précipitations remarquables (80 à 100 mm en une heure dans le Gard).
Le Gard, l’Ardèche, l’Hérault et la Lozère figurent en tête des départements où l’on observe le plus souvent des épisodes apportant plus de 200 mm de pluie en 24 heures.
Les phénomènes méditerranéens peuvent être dangereux et destructeurs sur le littoral, en territoires montagneux et également à l’intérieur des terres. En milieu rural comme en zone périurbaine, des vallons secs peuvent alors se transformer en véritables torrents. En ville, les ruissellements peuvent dévaler des rues en pente et s’accumuler dans les zones basses, notamment dans les passages inférieurs routiers ou piétonniers.
La prévention des risques naturels joue un rôle majeur pour préserver les vies humaines, limiter les coûts des dommages et réduire la vulnérabilité des territoires. Plus la prévention sera efficace, moins les dépenses seront importantes pour réparer les dégâts causés par une catastrophe.
Plusieurs leviers contribuent à cette politique publique dont la combinaison tend vers une efficacité d’ensemble. L’État s’appuie sur Vigicrues et un large réseau d’opérateurs scientifiques et techniques, en particulier Météo-France, pour améliorer la connaissance des risques naturels et des phénomènes générateurs et permettre la prévision des phénomènes extrêmes (pluies intenses, crues rapides).
Dans les départements, les préfets élaborent des plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) pour éviter l’installation de nouvelles constructions dans des zones exposées. Sur le pourtour méditerranéen, environ 50 % des communes sont dotées d’un PPRI en vigueur.
Pour réduire les risques, comme il est impossible d’empêcher les phénomènes naturels qui en sont la cause principale, il est primordial que l’ensemble des parties prenantes se mobilisent et se coordonnent.
Chaque citoyen peut être acteur de sa propre sécurité et de la sécurité collective. La prévention passe par l’information de tous et par l’adoption de bons réflexes tout au long de l’année. Il est important de noter les numéros utiles, d’appliquer les 10 bons réflexes de la campagne, de se tenir informé et de connaître le risque près de chez soi : chacun peut prendre connaissance du risque auquel est exposé son bassin de vie grâce au site georisques.gouv.fr.
Les meilleurs prépareront un kit permettant de vivre de manière autonome durant trois jours en cas de phénomène méditerranéen intense. Il est recommandé de le préparer à l’avance et de le placer dans un endroit facile d’accès pour pouvoir l’utiliser le plus rapidement possible en cas d’alerte. Le kit comporte certains objets essentiels pour être autonome dans l’attente des secours.
La Vigilance de Météo-France permet d’anticiper le niveau de danger maximal attendu pour la journée en cours et le lendemain. La Vigilance vise à susciter l’attention de tous sur les dangers potentiels d’une situation météorologique, à faire connaître les conseils pour se protéger. Elle permet également aux autorités de prendre des mesures de sécurité civile, comme le prépositionnement des secours.
La Vigilance constitue une première information qui peut conduire à l’activation d’une procédure d’alerte des populations accompagnée de consignes comme l’ordre d’évacuation ou de mise à l’abri. L’alerte est du ressort des autorités de gestion de crise.