Publié il y a 55 min - Mise à jour le 22.10.2026 - Anthony Maurin - 6 min  - vu 24 fois

OCCITANIE 300 000 seniors en perte d’autonomie en 2050

La silver économie est un sujet à aborder (Photo d'illustration Anthony Maurin).

L’Observatoire de la sécurité des foyers sort son édition 2026 avec 76 % des Français de 50 ans et plus qui jugent que la chute est l’accident de la vie courante le plus meurtrier.

Photo d'illustration

Acteurs majeurs et reconnus de la protection de la famille et des biens, le groupe Covéa (MAAF, MMA, GMF), Verisure et Saretec ont créé en 2018 l’Observatoire de la sécurité des foyers (OSF). Sa vocation est de contribuer à une meilleure connaissance des risques et à leur prévention auprès du grand public. L’Observatoire réalise et publie des études et des guides sur des thématiques spécifiques en matière de sécurité domestique avec des données inédites en lien avec les modes de vie des Français et des conseils afin de mieux prévenir les risques.

Pour Laurent Pigelet, directeur marketing, Covéa : « La prévention fait partie intégrante de notre métier d’assureur et le grand public reconnait notre légitimité à communiquer sur cet enjeu. Avec l’OSF, nous souhaitons apporter des conseils pratiques et accompagner les Français dans une mise en action pour mieux se protéger. Des causes possibles de la chute, en passant par l’aide au diagnostic, la délivrance de conseils santé, une information sur les dispositifs d'accompagnement financiers ou bien sur les solutions concrètes en matière d’équipement du domicile, notre objectif reste inchangé : réduire le risque de chute, en particulier pour nos aînés. »

Photo d'illustration • DR

La prévention est donc un enjeu majeur, alors même que la société peine à accepter le vieillissement, et qu’il existe différents profils de seniors pour qui l’adaptation de la prévention est nécessaire.

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, les plus de 65 ans seront deux fois plus nombreux que les moins de 20 ans en France en 2070. Cette accélération du vieillissement de la population accroît l’enjeu du bien vieillir chez soi alors que la chute est déjà une préoccupation majeure des pouvoirs publics (+20 000 décès et plus de 174 000 hospitalisations, deux milliards d’euros par an) qui s’amplifie.

Photo d'illustration (photo pixabay)

Le témoignage de Valérie, 57 ans, aidante, est clair : « Je m’occupe de ma maman, chaque jour, c’est difficile. C’est une grosse charge mentale. Par contre, par rapport à mes enfants plus tard, je veux prévoir les choses différemment, je ne veux pas avoir besoin de leur présence, je prendrai des aides à domicile ou j’irai en maison de retraite. De toute façon, ce n’est pas une génération qui fera cela, qui s’occupera de nous. C’est une génération plus indépendante, ils n’ont pas le sens du sacrifice de la même façon. »

Comment la chute survient-elle, quelles sont ses causes et ses conséquences, quelles mesures de prévention concrètes et abordables peuvent être prises par chacun ? L’Observatoire de la sécurité des foyers, grâce à une étude exclusive, consacre sa nouvelle édition à ce phénomène de société qui touche non seulement les seniors, mais aussi leurs proches aidants pour favoriser la compréhension et le passage à l’action.

Et ce risque augmente avec l’âge : ils sont près d’un sur trois chez les 75 ans et plus. Les Français ont bien conscience que les chutes à domicile peuvent être lourdes de conséquences : trois sur quatre les identifient comme l’accident de la vie courante le plus meurtrier.

La silver économie est un sujet à aborder (Photo d'illustration Anthony Maurin).

Pourtant, si une chute est perçue comme un signal d’alarme par 71 % des sondés, sa gravité reste minorée et ne génère que peu de préoccupation au quotidien, et encore moins de crainte. Si au global les sondés sont préoccupés par la chute (près d’un sondé sur deux en fait une préoccupation importante au quotidien), seulement un sur quatre s’en inquiète régulièrement. On constate une évolution avec l’avancée dans l'âge, mais qui reste modérée : pour les 75 ans et plus, 64 % en font une préoccupation importante et 34 % une crainte régulière.

Autre chiffre surprenant, seuls 54% des sondés estiment qu'il est tout à fait important de consulter un médecin après une chute. Pour Jean-Vincent Raymondis, CEO, Saretec : « Devant un risque, nous ne sommes jamais que rationnels : il y a aussi beaucoup d'émotion, et c'est pour ça que se projeter dans une chute reste difficile. Un message bien fait ne suffit pas. C'est en revenant régulièrement sur le sujet que nous finissons par trouver le bon angle, et surtout le bon moment pour agir. Et ce moment, nous sommes bien placés pour le saisir : nous passons la porte des foyers tous les jours, à travers 350 000 interventions d'expertise par an. La chute concerne le senior, mais aussi ses proches, qui risquent eux-mêmes de basculer dans l'aidance. »

Le handicap, une question qui ne demande qu'à être prise à bras-le-corps. • (Photo Archives Anthony Maurin)

La chute est un mécanisme complexe en raison de son caractère multifactoriel. En effet, il existe des facteurs intrinsèques, qui favorisent la chute, et des facteurs exogènes, dits facteurs précipitants. Tous ces facteurs augmentent le risque de chute, souvent vécu comme une fatalité. Ainsi, 44 % des sondés pensent que la chute est liée à l'âge de la personne : perte de force musculaire, difficultés à se déplacer, moins d'activités. Moins d’un tiers estime qu'elle est liée à des aménagements peu adaptés dans le logement (encombrement, présence de tapis, d’escaliers, de sols glissants...) et seulement 29 % attribuent la chute à des raisons de santé physique (maladie, douleurs...).

Ces chutes pourraient pourtant être évitées grâce à des mesures de prévention simples : bilan santé, activité physique, aménagement du domicile… mais le déni du risque rend le passage à l’action faible.

Parmi les facteurs aggravants du risque de chute, on retrouve au premier rang la pratique d’activité à risque. Ainsi, huit sondés sur dix de 50 ans et plus réalisent au moins une activité à risque fréquemment. Un score qui atteint même les 87 % pour ceux qui ont déjà chuté deux fois ou plus.

Photo d'illustration • Archives Élodie Bochet

Les actions de prévention liées à sa santé en général sont évidemment très importantes (pratique d’une activité, nutrition, suivi médical préventif...), et peuvent commencer par un simple autodiagnostic.

Le domicile présente lui aussi un certain nombre de risques ou de facteurs aggravants : le tapis, la luminosité dans les pièces, l’absence de barre d’appui dans les zones glissantes ou nécessitant un effort pour se mettre debout ou s’asseoir sont autant de points à vérifier pour limiter les risques.

Réaliser un « audit de sécurité » de son domicile est donc essentiel pour limiter les risques. S’équiper est l’étape suivante, d’autant que cela ne nécessite pas obligatoirement des budgets importants. Ces investissements restent, dans tous les cas, bien inférieurs aux coûts engendrés après une chute nécessitant des aménagements conséquents, parfois même amplifiés par une perte d’autonomie.

Guide autonomie Nîmes (Photo Anthony Maurin)IMG_8153
Guide autonomie Nîmes (Photo Anthony Maurin)

La chute est souvent minorée dans ses conséquences immédiates, pourtant elle n’est pas qu’un accident : elle est souvent un tournant avec des conséquences en cascade sur le plan physique, psychique et social. C’est un point de bascule dans la vie des personnes âgées, qui peut créer un repli sur soi et entraîner une perte d’autonomie progressive.

« Alors que la société vieillit, il est important de pouvoir adapter les logements face aux risques du domicile, dont la chute. Nous constatons souvent des équipements tardifs parmi les personnes âgées, souvent par les enfants, après une chute. Il existe des solutions qui permettent de réagir au plus vite, de faciliter l'intervention des secours dans les meilleures conditions pour limiter l'impact et la gravité. Les seniors peuvent aujourd'hui donner l'alerte plus facilement et plus efficacement », conclut Mohamed Marchich, directeur des partenariats et des alliances chez Verisure.

En effet, une chute même bénigne peut entrainer la peur de retomber, un syndrome post-chute. Le senior va alors réduire ses activités physiques et sociales, ce qui entrainera une perte musculaire, d’équilibre et de confiance en soi. Le senior a alors tendance à s’isoler, à se replier sur soi, ce qui peut engendrer une dépression. Un risque supplémentaire de chute.

Photo d'illustration (Photo Nîmes métropole).

Les aidants, souvent le conjoint ou les enfants, sont eux aussi des acteurs essentiels de la prévention. Premiers témoins du quotidien, ils sont également les premiers à pouvoir agir. Ils jouent souvent un rôle clé dans la mise en place d’aménagements et d’aides techniques.

Cependant, ils peuvent se heurter à une résistance de la personne concernée, tandis que la charge mentale, organisationnelle et émotionnelle qui leur incombe peut être lourde. Les petits-enfants peuvent également jouer un rôle précieux. Par ailleurs, la chute de leurs parents les renvoie à leur propre avenir, ce qui peut les amener à mieux anticiper et préparer leur propre vieillissement.

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