Publié il y a 4 h - Mise à jour le 13.10.2026 - Baptiste Petit, Romain Fiore, François Desmeures, Olivier Lemierre - 5 min  - vu 77 fois

FAIT DU SOIR Une mobilisation lycéenne qui s'essouffle malgré des revendications toujours présentes

Le cortège à Nîmes

- BP

De Nîmes à Alès, en passant par Le Vigan et Arles, les mobilisations et les marques de soutien aux revendications lycéennes se sont poursuivies. Si les syndicats affirment vouloir rester aux côtés des jeunes, mobilisés depuis plusieurs semaines contre leurs conditions d’études, le mouvement semble toutefois s’essouffler, avec une participation en baisse dans tout le territoire. 

À Nîmes 

Environ 450 personnes ont répondu à l’appel de l’intersyndicale ce mardi matin. Le rendez-vous était fixé à 10h30 devant la Maison Carrée, à l’appel des nombreux syndicats. Après un premier temps de rassemblement, les manifestants se sont élancés en cortège pour faire le tour du centre-ville, avant de rejoindre la préfecture.

Le cortège part vers la préfecture • BP

Les syndicats disent vouloir rester aux côtés des lycéens, mobilisés depuis plusieurs semaines contre leurs conditions d’études, tout en portant leurs propres revendications. Ils réclament notamment l’annulation des suppressions de postes prévues au budget 2027, une augmentation des salaires, de meilleures conditions de travail, la titularisation des personnels contractuels, une grille de rémunération nationale pour les assistants d’éducation, un statut pour les AESH et un plan de rénovation des bâtiments scolaires.

Son chat !? • BP

Le mot "Solidaire" important dans cette mobilisation • BP

Les pancartes sont encore une fois au rendez-vous • BP

À Alès 

Ils étaient près de 300 ce matin dans la capitale des Cévennes. D'abord réunis devant le lycée Jean-Baptiste Dumas, symbole de la mobilisation lycéenne depuis le début sur Alès, les différents syndicats, et notamment les représentants des enseignants en grève ont pris la parole ce matin. Ils ont notamment dénoncé les conditions d’étude et de travail, le manque de moyens et les suppressions de postes.

JBD
Les lycéens et les grévistes avant le départ du cortège. • R.F.

Martine Sagit, représentante de la CGT, a rappelé les revendications des jeunes, qui réclament une école publique fidèle aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Elle a notamment dénoncé le recours aux forces de l’ordre pour répondre à leur mobilisation, estimant que les lycéens devaient avant tout être écoutés et protégés. Elle a également appelé à davantage de moyens humains et financiers pour l’éducation, ainsi qu’à une amélioration des conditions de vie et de travail.

FSU
Les représentantes de l'Éducation nationale prennent la parole.  • R.F.

Une représentante des enseignants a, elle aussi, apporté son soutien au mouvement lycéen. Elle a évoqué l’état des bâtiments scolaires, les inégalités, la sélection dans l’accès aux études supérieures, le manque de personnel et les remplacements non assurés. Elle a également dénoncé la répression des mobilisations, appelant à des réponses concrètes pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels.

Le PCF était représenté dans le cortège.  • R.F.

Les syndicats ont par ailleurs porté leurs propres revendications : annulation des suppressions de postes, créations d’emplois nécessaires, augmentation des salaires, titularisation des contractuels et rénovation du bâti scolaire. Un représentant syndical a également rappelé la nécessité de défendre l’école publique et laïque, évoquant la mémoire de Samuel Paty et de Dominique Bernard, tous deux assassinés lors d’attaques terroristes. Le cortège s’est ensuite élancé depuis JBD en direction de la sous-préfecture du Gard, avant d’effectuer une boucle dans le centre-ville. Les manifestants ont poursuivi leur parcours par la rue Albert-Iᵉʳ, puis ont rejoint le quai Boissier-de-Sauvages et ont terminé en fin de matinée, là où tout avait commencé, devant le lycée.

Nomis, rappeur indépendant, réalise un freestyle sur les revendications lycéennes. • R.F.

Au Vigan

Beaucoup moins de monde, ce mardi matin, devant les grilles de la cité scolaire André-Chamson, qu'il y a une semaine. Mais il est vrai que la journée n'était pas dévolue aux seuls lycéens mais surtout aux professeurs grévistes et que différentes évaluations se tenaient dans l'établissement. Pourtant Lily et Estelle sont encore devant les grilles quand approchent 9 heures. "On a fait une tentative de blocage à 8h, en se tenant entre nous et en ne laissant passer que les collégiens. Mais on s'est fait pousser par les gendarmes", expliquent-elles.

Beaucoup moins de monde qu'il y a une semaine, ce mardi, devant la cité scolaire • François Desmeures

Si elles ont assisté aux annonces du ministre de l'Éducation nationale durant la semaine, elles n'en ont "rien" pensé. "On a eu droit à une heure de démocratie interne au lycée. Mais cela ne sert à rien de parler aux responsables du lycée pour dire ce que l'on veut." Pour elles, les doléances ne remonteront pas. "Il y a déjà le conseil de vie lycéenne pendant l'année, mais on ne peut rien dire si on n'est pas élue."

• François Desmeures

La discussion aura néanmoins permis une avancée au niveau local. "On a notamment demandé à ne plus avoir cours le mercredi après-midi. Le proviseur nous a dit que ce serait supprimé l'an prochain. On a aussi dit qu'on a parfois des options qui se chevauchent, et pas forcément le temps de manger". 

Côté professeurs, on ne croit pas aux 3 000 remplaçants attendus. "Et des contractuels, ce n'est pas une solution. Cela n'a ni queue ni tête", juge une professeure de français. "Et puis, avec le Pacte enseignant, on a vu une fausse bonne idée, reprend Pedro, professeur d'espagnol : ils ont essayé de payer un peu plus les gens qui acceptent une obligation. Mais il n'y a pas d'argent de plus." 

• François Desmeures

"D'où sortent les 3 000 postes ?, poursuit Pedro. On comble des trous, mais dans le budget de l'État, on prévoit 3 000 postes de moins l'an prochain. La mécanique de l'Éducation nationale, c'est de sortir des idées 'flashy' pour dire 'on fait quelque chose'. On sait très bien, par exemple, que les groupes de niveaux ne marchent pas." Mais Pedro insiste : les professeurs grévistes ne sont pour rien dans le comportement des lycéens. "Je n'ai pas envie qu'on puisse penser qu'on manipule les enfants", insiste le professeur d'espagnol.

Arles

C’est un constat amer que dressent les représentants des lycéens en lutte à Arles. Les cours ont repris, les établissements ne sont plus bloqués. Au total ils étaient moins d’une centaine de Pasquet, Privat et Montmajour à défiler de 11h à 12h30 pour réclamer de meilleures conditions d’études, des profs et la fin de Parcoursup. Rejoints par environ 200 adultes mobilisés pour la défense des services publics (les syndicats d’enseignants FSU et CGT avaient appelé à la grève) par des étudiants de l’École nationale supérieure de photographie solidaires de leur colère, ils ont pris la parole avant que la manif ne démarre. «Même si le mouvement semble s’essouffler, même si c’est bientôt les vacances, on ne doit rien lâcher. Le combat n’est pas terminé, on ne s’arrêtera pas tant qu’on n'obtiendra pas ce que l’on veut », scande une lycéenne déterminée.

Un responsable de l’intersyndicale a enchaîné au micro pour rappeler que les revendications lycéennes sur les moyens notamment rejoignent celles des profs. « Or dans le prochain budget, 1 600 postes doivent être supprimés. Il y a une infirmière pour 1 500 élèves alors qu’existe un réel problème de santé mentale. Il faut aussi revoir la réforme des lycées et Parcoursup. La France a les classes les plus surchargées d’Europe et les profs les moins bien payés. Aujourd’hui on n'a rien obtenu. La mobilisation doit se poursuivre malgré les vacances ».

Malgré une nette baisse de la mobilisation, les lycéens ont manifesté pour réclamer plus de moyens et de meilleures conditions d'étude. • O.L.

Le cortège a pris la direction de la place de la République avant de rejoindre dans le calme la sous-préfecture, puis vers 12h le commissariat pour un sit-in. Les manifestants ont réclamé, sans succès, la libération de deux lycéens arrêtés dans le cadre d’une tentative de blocus du lycée Pasquet. Vers 8h15 ,un feu de cartons devant le lycée avait nécessité l’intervention des pompiers et la police est intervenue.

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