C’est l’une des premières mesures de la municipalité de gauche, rendue effective lors du conseil municipal de juillet. Une décision saluée même par l’ancienne majorité, en la personne de Franck Proust : « Je l’avais aussi dans mon programme. Cette mesure ne risque pas de dégrader les finances de la Ville puisque le coût de la collecte était supérieur aux recettes engendrées. » Des recettes autour de 73 000 € selon le nouveau maire, Vincent Bouget.
Gratuité universelle
« Le coût de l’inscription dépendait du quotient familial », relève l’adjoint à la culture, Denis Lanoy, « ça pouvait monter jusqu’à 42 €. Pour une famille avec plusieurs enfants, cela pouvait vite représenter une dépense non négligeable à intégrer au budget. » Lors de la restitution des conclusions de la concertation citoyenne « Bonjour Nîmes ! », la semaine dernière au Parnasse, le maire Vincent Bouget avait annoncé « trois fois plus d’inscriptions à la bibliothèque qu’à la rentrée 2025, soit 1 000 inscriptions. »
Un nouveau comptage sera opéré ce mardi. En attendant, Denis Lanoy ajoute : « Il y a neuf fois plus d’inscriptions qu’en 2024 ! Nous n’avons pas encore retrouvé les niveaux d’avant Covid. En termes de fréquentation ou de retrait de documents, la crise sanitaire a brisé beaucoup de choses. » Qui sont les nouveaux inscrits à la bibliothèque ? Il y a d’abord l’ensemble des élèves de CP grâce à la démarche « ma première carte ». Cette gratuité étant universelle, « n’importe qui peut venir s’inscrire à la bibliothèque, qu’il habite à Nîmes ou qu’il soit simplement en vacances. »
Recrutement de bibliothécaires
Les inscrits peuvent donc emprunter des documents, des livres, des CD, des bandes dessinées… D’après « des témoignages de bibliothécaires », Denis Lanoy avance que la gratuité « a permis à des gens de mettre les pieds dans la bibliothèque pour la première fois… Dans les idées reçues, certaines pensaient que pousser simplement la porte était payant… »
Reste à savoir si cette gratuité, en raison de la nouvelle affluence, engendrera des coûts supplémentaires ? « En arrivant aux affaires, j’ai découvert qu’il y avait 26 postes à la bibliothèque non pourvus. Au total, les bibliothèques comptent 130 agents, des titulaires et, à un niveau très minime, des contractuels. On est en train de résoudre ce problème de manque d’effectif », répond Denis Lanoy.
Le « boycott » passé de Denis Lanoy
La gratuité des bibliothèques n’est pas nouvelle à Nîmes : « Elle existait sous la municipalité d’Alain Clary (1995-2001). Seulement, pour des raisons idéologiques, la droite au pouvoir avait remis en place la tarification. » D’ailleurs, ce sont pour ces raisons « qu’à l’époque je n’avais plus repris ma carte. Je ne cautionnais pas cette décision », se souvient Denis Lanoy, « ce qui ne voulait pas dire que je ne fréquentais pas la bibliothèque… Seulement, je n’empruntais pas de document. »